Sur Twitter, le ras-le-bol des policiers divise jusque dans les mots-dièses

WEB Après les manifestations policières de ces deux derniers jours, politiques et internautes se sont divisés sur leur opinion à l'égard des forces de l'ordre...

A.B.
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Plusieurs centaines de policiers ont manifesté de manière exceptionnelle à Paris, dans la nuit de lundi à mardi, sans mot d'ordre syndical, pour exprimer leur ras-le-bol après l'attaque contre leurs collègues dans l'Essonne.
Plusieurs centaines de policiers ont manifesté de manière exceptionnelle à Paris, dans la nuit de lundi à mardi, sans mot d'ordre syndical, pour exprimer leur ras-le-bol après l'attaque contre leurs collègues dans l'Essonne. — BERTRAND LANGLOIS

Après deux nuits de manifestations, un patron de la police hué, une « marche de la colère » à venir et une fronde qui menace de s’étendre, les ministres de l’Intérieur et de la Justice tentent de calmer la colère des policiers, en recevant ce mercredi leurs syndicats. La manifestation de centaines de policiers bravant leur devoir de réserve, dans la nuit de lundi à mardi à Paris, a frappé les esprits. Et sur Twitter, politiques et internautes ont rapidement manifesté leur soutien aux forces de l’ordre sous le hashtag #JeSoutiensLaPolice. Tout aussi rapidement, un autre hashtag, #JamaisAvecLaPolice, a lui aussi émergé sur le réseau social.

Un soutien très droitier

A droite, où les questions de sécurité sont au cœur du débat, nombreux sont ceux qui ont témoigné leur soutien aux policiers. Tous les candidats à la primaire de droite, à l’exception de Nathalie Kosciusko-Morizet, ont tweeté en ce sens.

Les sympathisants et cadres LR, eux aussi, ont tweeté en masse pour soutenir les policiers.

Mais les plus prompts à apporter leur soutien aux policiers sont plutôt situés à l’extrême droite de l’échiquier politique. Au FN, tous les cadres du parti y sont allés de leur tweet, profitant souvent de l’occasion pour tacler le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

Tous comme leurs sympathisants, nombreux à se manifester.

A gauche, du soutien mais pas de hashtag

A gauche, la réserve l’a emporté sur ce sujet et seuls quelques politiques ont adressé un message de soutien aux policiers, sans toutefois s’exprimer au travers du hashtag #JeSoutiensLaPolice.

Au sortir du conseil des ministres, François Hollande a réaffirmé son « soutien » aux policiers, et appelé au « dialogue » avec les syndicats policiers.

Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a quant à lui qualifié les manifestations policières de « hors-la-loi », reconnaissant toutefois que les attaques à leur encontre sont « intolérables et inadmissibles ».

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Des critiques contre la police

Plus critiques et plus violents, de nombreux internautes ont témoigné de leur aversion pour la police dans une série de tweets sous le hashtag #JamaisAvecLaPolice, pointant les amalgames et les bavures dont ils jugent les policiers coupables.

D’autres ont mis en cause la surreprésentation du FN dans les rangs de la police pour afficher leur désapprobation à l’égard de la police.

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La grogne des policiers fait suite à une attaque au cocktail Molotov d’un véhicule de police à Viry-Châtillon (Essonne) le 8 octobre, lors de laquelle un adjoint de sécurité (ADS) de 28 ans a été très grièvement brûlé. Sa collègue, une gardienne de la paix de 39 ans, également grièvement brûlée, a quitté l’hôpital mardi soir, selon le directeur général de la police nationale (DGPN), Jean-Marc Falcone. « Les policiers veulent une réponse pénale aux agressions et à la violence dont ils sont victimes », a expliqué le secrétaire général d’Alliance, Jean-Claude Delage.

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Les policiers sur le terrain exigent des renforts, des moyens, se plaignent d’un surplus de gardes dites statiques ou de « mission indues » et réclament que la justice sanctionne sans failles les auteurs de violences.

Un autre syndicat, Unité-Police SGP-FO, a pour sa part appelé à une manifestation silencieuse, « une marche de la colère policière et citoyenne », le mercredi 26 octobre, encourageant la population à participer.