Nouveau tag anti-police: Un phénomène en «recrudescence», selon Alliance

SOCIETE Une semaine après des tags «anti-flics» à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, de nouvelles insciptions ont été découvertes sur le campus de l'université Pierre-et-Marie-Curie...

Romain Lescurieux

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Le tag découvert ce lundi soir à Jussieu
Le tag découvert ce lundi soir à Jussieu — Alliance 75

« Avant, il y avait la petite inscription "mort aux vaches" dans les toilettes. Désormais, ça va plus loin », déplore auprès de 20 Minutes Philippe Lavenu, secrétaire national chargé de l’Ile-de-France au sein du syndicat de police Alliance.

Une semaine après des tags « anti-flics » au sein de l’université Paris I Panthéon-Sorbonne (13e), une enquête a été ouverte après la découverte ce lundi d’un nouveau un tag anti-police, sur le campus cette fois-ci de l’université Paris VI Pierre-et-Marie-Curie, place Jussieu (5e), alors que 500 policiers ont manifesté dans la nuit sur les Champs-Elysées pour exprimer leur « ras-le-bol » après l’attaque de Viry-Châtillon.

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« Un bon flic est un flic mort, Acab »

Sur ce mur universitaire, il est écrit « un bon flic est un flic mort, Acab » (un acronyme de l’anglais "All cops are bastards", tous les flics sont des salauds). Un tag qui fait écho à ceux de Paris 1 : « Frapper vite, frapper fort, un bon flic est un flic mort », ou encore « J’ouvre une bouteille à chaque fois qu’ils ferment le cercueil d’un flic ». Des phrases tirées de chansons de groupes de rap et de punk.

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Ces tags avaient été découverts le jour où plusieurs centaines de policiers se rassemblaient en silence devant les commissariats de France, en solidarité avec leurs collègues attaqués par des jets de cocktails Molotov dans l’Essonne. Le ministre de l’Intérieur et l’université Paris I Panthéon-Sorbonne avaient porté plainte. Des inscriptions « constitutives d’apologie de crimes contre des policiers », d’après le ministre Bernard Cazeneuve dans un communiqué. D’autant que Selon Philippe Lavenu, ce phénomène est en « recrudescence ».

Tag découvert sur les murs des locaux du centre Pierre Mendès France de l'université Panthéon Sorbonne à Paris.
Tag découvert sur les murs des locaux du centre Pierre Mendès France de l'université Panthéon Sorbonne à Paris. - Alliance 75

« Nous avions l’habitude des "nique la police" »

« Ce qui nous interpelle surtout, c’est le lieu : l’université. Nous avions l’habitude des "nique la police" dans certaines cages d’escalier ou des trois points (symbole anti-police) sur un coin de table. Désormais, c’est de plus en plus visible et violent », note Philippe Lavenu. Selon lui, ce phénomène a démarré avec les manifestations contre la loi Travail, où le slogan "tout le monde déteste la police" était régulièrement scandé.

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« Avec le contexte, nous sommes aussi plus sensibles à ce genre de tags. Ça prend aux tripes. Nous comprenons que nous sommes vraiment la cible », lâche celui pour qui l’attaque violente à Viry-Châtillon est encore « vive dans les esprits ».