Violences à Bastia et Mantes-la-Jolie: Un effet «de mimétisme» après Viry-Châtillon?

SECURITE En l’espace d’une semaine, les policiers ont été la cible d’attaques à trois endroits différents…

Florence Floux

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Des CRS lors des heurts avec des manifestants à Bastia (Haute-Corse), le 15 octobre 2016.
Des CRS lors des heurts avec des manifestants à Bastia (Haute-Corse), le 15 octobre 2016. — PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Après Viry, Bastia et Mantes-la-Jolie ? Les violences qui ont eu lieu en Haute-Corse samedi puis dans les Yvelines dans la nuit de samedi à dimanche avaient toutes pour cible les fonctionnaires de police. Tout comme l’attaque de quatre policiers à Viry-Châtillon (Essonne), près de la cité de la Grande-Borne, la semaine précédente. Le syndicat Unsa-Police a d’ailleurs diffusé un communiqué dès samedi dénonçant « les émules » de Viry-Châtillon et « l’effet de mimétisme durant les violences urbaines à Bastia ».

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« En matière de violences urbaines, il peut tout à fait y avoir un effet de mimétisme entre quartiers avec une logique de surenchère, estime Christophe Soullez, de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). Pour autant, à Viry, les policiers semblaient gêner l’économie souterraine. Et entre la banlieue parisienne et ce qu’il s’est passé à Bastia, il n’y a aucun rapport si ce n’est l’usage du cocktail Molotov, qui est une des armes les plus répandues. »

Des émeutiers et des revendications politiques

Les heurts qui se sont déroulés à Bastia samedi avaient pour décor une manifestation de soutien à de jeunes nationalistes qui a réuni plusieurs milliers de personnes. Ce rassemblement a été suivi par des incidents qui n’ont pas fait de blessé, ni entraîné d’interpellation, entre plusieurs dizaines d’hommes cagoulés lançant des cocktails Molotov et les forces de l’ordre qui protégeaient la préfecture de Haute-Corse et dont la présence avait été renforcée. D’après Unsa-Police, des « boules de pétanque remplies de poudre explosive » ont été retrouvées sur les lieux.

De sources policières, on estime pour le moment de pas avoir assez d’éléments sur les raisons des heurts intervenus au Val-Fourré, à Mantes-la-Jolie, pour tirer des conclusions. Après une fausse alerte à la voiture incendiée samedi soir, les policiers de la brigade anti-criminalité (Bac) se sont retrouvés face à face avec une centaine d’émeutiers armés de cocktails Molotov et d’autres projectiles. Côté policier on indique qu’il est difficile de savoir à l’heure actuelle s’il s’agit du même type d’affaire qu’à Viry.

« Les policiers représentent l’Etat et l’organisation sociale »

« Les violences urbaines sont récurrentes, mais à Viry-Châtillon, on a quand même essayé de crâmer des flics, constate un policier. Le seul élément commun, c’est l’attaque gratuite de policiers. Mais les contextes de ces trois foyers de violences semblent différents. » Une analyse que partage également Laurent Mucchielli, sociologue directeur de recherches au CNRS : « Dans toutes ces histoires, on se précipite beaucoup trop pour interpréter, alors que pour le faire, il faut connaître les raisons d’agir des gens. A Mantes, on est sur un processus de type émeutier. En Corse, il s’agit d’un contexte très particulier. Qu’il y ait un ou deux éléments communs ne suffit pas pour parler de mimétisme ou faire des comparaisons. »

Pour Christophe Sollez de l’ONDRP, la cible policière de ces trois affaires prend ses sources ailleurs que dans le mimétisme : « Dans tous les cas, il s’agit d’agressions des forces de l’ordre qui représentent l’Etat et l’organisation sociale. Elles constituent le service public le plus accessible. »