VIDEO. Policiers: Cazeneuve et Urvoas reçoivent les syndicats qui appellent à une manifestation silencieuse

MOBILISATION Une réunion est prévue au ministère de l'Intérieur ce mercredi à 16h30, et au ministère de la Justice à 19h…

20 Minutes avec AFP

— 

Une centaine de policiers réunis au Vieux-Port de Marseille, le 19 octobre 2016.
Une centaine de policiers réunis au Vieux-Port de Marseille, le 19 octobre 2016. — BORIS HORVAT / AFP

Bernard Cazeneuve recevra ce mercredi à 16h30 les syndicats qui réclamaient une réunion « en urgence » pour faire part du ras-le-bol des policiers, appelés à une « marche silencieuse » le 26 octobre. Le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas recevra également les syndicats de policiers ce mercredi à 19h, a indiqué la Chancellerie.

Deux syndicats de gardiens de la paix, Alliance et l’Unsa-Police, auxquels s’est joint Synergie (second syndicat d’officiers), ont demandé mercredi matin une réunion « en urgence » avec les ministres de l’Intérieur et de la Justice, a dit le secrétaire général d’Alliance, Jean-Claude Delage. « Les policiers veulent une réponse pénale aux agressions et à la violence dont ils sont victimes ». 

De son côté, François Hollande a réaffirmé ce mercredi son «soutien» aux forces de l'ordre et appelé au «dialogue» avec les syndicats de policiers, ouvrant le Conseil des ministres par un rappel de l'agression de Viry-Châtillon.

« Une marche de la colère policière et citoyenne »

Un autre syndicat, Unité-Police SGP-FO, a pour sa part appelé mercredi à une manifestation silencieuse, « une marche de la colère policière et citoyenne », le mercredi 26 octobre à laquelle il invite les autres syndicats et la population à se joindre. « Ce sera à Paris et en province et sans banderoles ni prises de parole », a déclaré Nicolas Comte, le porte-parole du deuxième syndicat de gardiens de la paix. « Nous y appelons la population pour soutenir leur police ».

Malgré le rappel à l’ordre de leur hiérarchie, les policiers ont continué à manifester leur exaspération. Vingt-quatre heures après un important rassemblement sur les Champs-Elysées, de nombreux policiers sont restés mobilisés dans la nuit de mardi à mercredi à Paris, dans l’Essonne, à Nice ou à Marseille. Les policiers sont revenus notamment devant l’hôpital Saint-Louis à Paris où est hospitalisé un de leurs collègues.

Falcone appelle à l’apaisement

Le directeur général de la police nationale (DGPN), Jean-Marc Falcone, a déclaré mercredi « comprendre l’exaspération » des policiers, appelant à nouveau à « l’apaisement » mais critiquant les modalités d’action des policiers qui manifestent spontanément depuis lundi. « Je peux comprendre l’exaspération, les craintes et les angoisses » des policiers et « je comprends leur émotion », a dit sur RTL Jean-Marc Falcone, reparti mardi soir sous les huées de quelque 400 fonctionnaires rassemblés pour soutenir leurs collègues menacés de sanctions après avoir rencontré des chefs de brigade à Evry (Essonne).

« Nous avons eu quand même deux fonctionnaires de police gravement blessés voire qui sont passés à deux doigts de la mort », a-t-il ajouté. Un adjoint de sécurité de 28 ans a été très grièvement brûlé aux mains et au visage après l’attaque au cocktail Molotov de son véhicule à Viry-Châtillon dans l’Essonne. Son état est « en voie d’amélioration », a indiqué sur RTL le DGPN. Il a néanmoins critiqué le fait que lundi des policiers de l’Essonne aient « utilisé des véhicules » et des « moyens » de la police « pendant leurs heures de service » et quitté leur département pour exprimer leur ras-le-bol à Paris, notamment en manifestant sur les Champs-Élysées.

Il a rappelé à cet égard qu’une enquête avait été confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN, la « police des polices »). Des manifestations ont eu lieu à nouveau dans la nuit de mardi à mercredi, les policiers revenant notamment devant l’hôpital Saint-Louis à Paris où est hospitalisé leur collègue gravement brûlé.