Attaque de policiers à Viry-Châtillon: Les syndicats de police attendent «une réponse pénale adaptée»

SECURITE La colère des policiers ne retombe pas, quelques jours après l’attaque de quatre d’entre eux au cocktail Molotov à Viry-Châtillon (Essonne)…

Florence Floux

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Quatre agents de police ont été agressé samedi 8 octobre à Viry-Châtillon
Quatre agents de police ont été agressé samedi 8 octobre à Viry-Châtillon — THOMAS SAMSON / AFP

Le rapport de force va-t-il fonctionner ? Les syndicats policiers ont appelé ce mardi à plusieurs manifestations de mécontentement pour peser sur le pouvoir politique. La visite du Premier ministre Manuel Valls et du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve dans des commissariats d’Essonne lundi n’a pas suffi à apaiser les esprits, après l’agression de quatre policiers samedi à Viry-Châtillon. Un adjoint de sécurité, grièvement brûlé par un cocktail Molotov, est toujours sous coma artificiel. Sa collègue également blessée est désormais hors de danger.

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Les syndicats de police dénoncent le manque d’effectifs des commissariats, ainsi que le manque de moyens matériels. Mais également l’intérêt de la mission à laquelle les deux patrouilles de police étaient affectées ce jour-là : la surveillance d’une caméra se trouvant au carrefour du Fournil, près de la cité de la Grande-Borne. Installé en avril 2015, le dispositif de surveillance a dû être plusieurs fois remplacé après des actes de destruction : camion poubelle incendié, meuleuse thermique, voitures avaient déjà été utilisés pour endommager la caméra.

Une mission controversée

« Ces agents de police n’auraient jamais dû être affectés à cette mission. Ils ne sont pas formés pour cela et n’ont pas le matériel adéquat », explique Claude Carillo, d’Alliance. Le syndicat ainsi que Synergie, a appelé tous ses collègues à la grève du zèle, c’est-à-dire à ne plus prendre d’initiatives et à intervenir uniquement en cas d’appel ou de réquisition. Une opération qui semble plutôt suivie, d’après l’organisation majoritaire. Pour Philippe Capon, d’Unsa-Police, la patrouille statique des collègues en uniformes près de quartiers sensibles interroge également.

Sa formation syndicale ainsi que SCSI, Alternative-Police et Unité SGP-Police FO proposaient de se rassembler ce mardi à 12h15 devant tous les services de police de France pour dire stop aux violences contre les policiers. L’initiative a été particulièrement suivie au commissariat d’Evry, à quelques kilomètres de Viry-Châtillon. L’Unsa-Police dénonce pour sa part « un sous-effectif récurrent des services de voie publique, une tenue inadaptée, une réponse pénale encore trop souvent inappropriée ».

Des dispositifs anti-caillassage

Alors que Bernard Cazeneuve doit adresser mercredi son discours aux forces de l’ordre, les syndicats espéraient un geste de la part de l’exécutif. « Nous restons à l’écoute, indique Claude Carillo. Nous attendons des actes, pas des paroles et tant que nous n’aurons pas eu de réponse, nous durcirons le mouvement. »

Manuel Valls, ancien député-maire d’Evry, a annoncé ce mardi après-midi que les voitures de police seraient bientôt dotées de nouveaux équipements. « Concrètement, cela prendra la forme de films anti-caillassage sur les véhicules, voire de blindages dans certains cas. Un travail sur les tenues va être mené rapidement pour veiller à ce qu’elles soient intégralement ignifugées », a déclaré le Premier ministre, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée, en annonçant également une « réflexion » sur l’usage de caméras mobiles en temps réel.

« On verra demain »

Les annonces du Premier ministre ont été accueillies avec satisfaction des syndicats mais restent insuffisantes, selon eux. « Ça répond à une partie du problème, pas à tout. On reste attentif pour demain, il ne pourra pas éluder le problème », constate Philippe Capon d’Unsa-Police. Alliance de son côté a décidé de poursuivre son appel à effectuer uniquement le service minimum : « On attend des gestes forts. Notre problème, ce sont les causes de cette attaque, c’est l’impunité. On veut une réponse pénale adaptée. On verra ce qui est dit demain », affirme Fabien Vanhemelryck.

L’enquête se poursuit pour retrouver les coupables de l’attaque de samedi. Un appel à témoins a été lancé lundi.

L'appel à témoins après l'attaque de Viry-Châtillon.
L'appel à témoins après l'attaque de Viry-Châtillon. - Police nationale