Christelle Pellissier
L'essentiel
- La 15e édition de la Paris Games Week (PGW) se tiendra du 22 au 25 octobre 2026 au Parc des Expositions de la Porte de Versailles.
- Les nouveautés et avant-premières seront légion à la PGW. L’idée étant de répondre à la demande des visiteurs : jouer et tester des jeux auxquels ils n’ont pas encore accès.
- A moins de dix jours du coup d’envoi de l’événement, Nicolas Vignolles, directeur de la PGW, se confie sur ses ambitions pour les prochaines éditions.
Un anniversaire, ça se fête. Ce sera le mot d’ordre de la Paris Games Week (PGW) qui célèbre ses 15 ans cette année, avec la possibilité de tester une foule de jeux en avant-première ou d’assister à des compétitions d’esport et des soirées thématiques.
Nicolas Vignolles, délégué général du Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL) et directeur de la PGW, nous en dit plus sur les ambitions du salon et sur les temps forts qui rythmeront ce nouveau rendez-vous prévu du 22 au 25 octobre.
Qu’avez-vous prévu pour les 15 ans de la PGW ?
Il y a des nouveautés dans le contenu le plus attendu, à savoir le jeu vidéo, avec pas mal d’avant-premières et révélations cette année. Les visiteurs pourront tester Rayman Legends Retold qui ne sortira que le 3 décembre, mais aussi Call of Duty Modern Warfare 4 et Dragon Ball Xenoverse 3, entre autres. Chaque année, la Paris Games Week tient son rang en offrant la possibilité au public de jouer pour la première fois à des jeux qui ne sont pas encore sortis. Comme l’an dernier, il y aura trois grandes soirées dans le Dôme de Paris, dont un concert philharmonique autour des musiques du jeu vidéo.
La PGW va-t-elle aussi fêter comme il se doit les anniversaires de licences comme Pokémon, Sonic ou Tomb Raider ?
Oui, bien sûr, mais je ne peux pas trop en dire pour l’instant. Il y aura des révélations et autres choses assez fortes autour de Rayman, et d’autres grandes licences de jeu vidéo que vous avez citées. On est dans l’attente des annonces des grands constructeurs et éditeurs. Je peux quand même dire qu’il y aura notamment des animations spécifiques autour de Street Fighter.
La création française sera de nouveau à l’honneur cette année. Est-ce l’effet Clair Obscur ?
Il y a toujours eu un savoir-faire tricolore. La France compte certaines des meilleures écoles en Europe, que ce soit les Gobelins, Isart Digital ou le Cnam-Enjmin. Ce sont des écoles d’exception qui forment aux métiers de développement informatique jusqu’au game designer. Il y a des talents incroyables en France et des éditeurs avec des centaines de salariés, la locomotive étant bien évidemment Ubisoft. La PGW est un super outil pour essayer d’intéresser les politiques au jeu vidéo comme filière industrielle. On pourrait facilement doubler le nombre d’emplois dans le secteur si on regardait un peu plus le jeu vidéo comme un levier de croissance possible pour la France.
Quelle est la place de l’esport à la PGW ?
La PGW, c’est un peu la Fête de l'Huma du jeu vidéo. C’est un festival populaire où tout le monde vient, connaisseurs ou non. On a vraiment une fonction de démocratisation, et notre scène esport est pensée de la même façon. On a de très belles compétitions, et on est même l’équivalent du Stade de France pour celles dont la finale a lieu à la PGW. Je pense notamment à la Coupe de France de League of Legends qui a systématiquement lieu à la PGW. Mais on a aussi des compétitions hors calendrier qu’on présente sous forme de matchs d’exhibition avec pour objectif de faire découvrir l’esport à ceux qui ne s’y connaissent pas forcément.
Cette année, des événements sont prévus dans d’autres lieux de la capitale. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Il y aura un DJ au métro Glacière, sur la ligne 6, avec pas mal d’animations autour de musiques de jeux vidéo. Il y aura également des bars où la PGW sera à l’honneur, ainsi qu’un partenariat avec la Philharmonie qui organise depuis quelques mois l’exposition « Video Games & Music ». Cette année, c’est une première pierre à un édifice qui est appelé à grandir. On veut se développer et être assez singulier dans le monde des salons du jeu vidéo.
L’an dernier, vous disiez déjà vouloir faire de Paris la capitale du gaming. Comment expliquer que ce ne soit pas déjà le cas ?
On est désormais dans un dialogue bien avancé avec Emmanuel Grégoire et ses équipes. Il est plutôt partant pour en faire un festival à hauteur de la ville. On rêve de pavoiser les Champs-Elysées aux couleurs du jeu vidéo et de la PGW en 2027, d’être plus présent dans la ville et, pourquoi pas, de porter des actions de jeu vidéo responsable dans des endroits incontournables de la capitale. On rêve aussi d’avoir un village à La Villette, à l’image du Club France pendant les Jeux olympiques, et plus généralement d’être multisite. On y réfléchit mais il nous faut des partenaires, un appui de la ville et un soutien financier. C’est dur à transformer.
Est-ce que le but est d’attirer un public plus large ?
Oui, clairement. L’idée de le PGW est d’attirer les hardcore gamers qui vont trouver des choses pointues, les 15-25 ans, notre cœur de base, fans de Brawl Stars et Fortnite - les fameux classiques de récré - à qui on essaie de montrer la diversité des jeux vidéo, mais aussi les fans d’esport et de cosplay. Il n’y a pas un mais plusieurs publics à la PGW, et c’est pour ça qu’on assume totalement le côté « le jeu vidéo est une fête ». Le jeu vidéo a 50 ans, et on se rend compte aujourd’hui que tout le monde a un lien, direct ou non, avec le gaming.
Justement, comment a évolué le profil des visiteurs depuis quinze ans ?
Aujourd’hui, les familles représentent entre 35 % et 40 % de notre visitorat. Pour le reste, il s’agit généralement de groupes de jeunes qui ont entre 15 et 18 ans. Depuis trois ans, c’est de moins en moins exclusivement masculin, il y a de plus en plus de filles et de femmes, et ça, c’est une vraie fierté.