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Pourquoi le cinéma ne réussit pas à « Street Fighter » (et vice versa)

Pourquoi le cinéma ne réussit pas à « Street Fighter » (et vice versa)

baston•Cette nouvelle version cinématographique de la saga peine à retrouver l’énergie d’une franchise qui va fêter ces 40 ans
Caroline Vié

Caroline Vié

L'essentiel

  • Kitao Sakurai livre une version en prises de vues réelles de la saga vidéo ludique créée en 1987, Street Fighter.
  • Un scénario mollasson fait que le temps est long entre les combats.
  • Cette nouvelle adaptation souffre de la malédiction de nombreux films tirés de jeux vidéo : on s’y ennuie parce qu’on ne joue pas.

Au commencement était Street Fighter, un jeu de baston créé en 1987 dans les salles d’arcades japonaises. Cette franchise mythique, dont même celles et ceux qui n’ont jamais approché une console ou une manette ont entendu parler, est devenue un phénomène de la culture populaire avec plus de soixante millions d’exemplaires du jeu vendu dans le monde entier. Qui dit « succès vidéoludique colossal » implique souvent le cinéma comme matière obligatoire.

Après de nombreuses séries animées et deux longs métrages en prises de vues réelles en 1994 (avec Jean Claude Van Damme, Raul Julia, Kylie Minogue et Ming-Na) et en 2009, Kitao Sakurai remet le couvert pour faire se taper dessus un casting composé de stars (50 Cent, Jason Momoa…) et de vedettes de la MMA. Callina Liang mène la danse dans le rôle de Chun-Li et Noah Centineo et Andew Koji campent respectivement les mythiques Ken Masters et Ruy, prêts à en découdre sur grand écran.

Mou du genou

Tout ce petit monde passe à l’action avec un entrain évident et ça tombe bien parce que c’est pour profiter de leurs combats qu’on est venu voir le film au cinéma ! Il est tout de même conseillé de déposer son cerveau à l’entrée de la salle car le scénario est beaucoup moins épais que les muscles des protagonistes. Les deux héros sont contraints de s’affronter au World Warrior Tournament après avoir été engagés par Chun-Li. Et voilà.

On ne va pas voir ce genre de films pour faire faire de la gymnastique à ses cellules grises mais là, on aurait pu faire un petit effort. On s’ennuie un peu quand les héros parlent avec autre chose que leurs pieds et leurs poings. C’est bien souvent le problème dans les films inspirés de jeux vidéo : l’histoire est laissée de côté au profit de l’action et les interprètes ne sont pas toujours très à l’aise dès qu’il s’agit de jouer la comédie. Surtout quand on leur donne des dialogues peu inspirés voire carrément grotesques à restituer.

Pas assez ludique

Le principal problème de Street Fighter au cinéma prend des allures de « lapalissade » inversée : c’est un jeu auquel on ne joue pas ! Et c’est là que le bât blesse pour cette version comme pour les précédentes. Le grand intérêt de la franchise vient des décharges d’adrénaline que provoquent les combats quand on y participe (presque) physiquement. On prend alors fait et cause pour le personnage qu’on a choisi en oubliant sa psychologie sommaire et son côté archétypal. On attend un peu plus sur grand écran où un fan service constant et des blagues au-dessous de la ceinture ne suffisent pas à combler les trous d’une intrigue mollasse sur fond de conspiration.

Pour en savoir plus sur les jeux vidéo

L’animation réussissait mieux à la franchise en permettant de rester proche des graphismes originaux notamment pour les « hadokens ». Des exemples comme les films Super Mario démontrent que ce médium est souvent plus approprié pour faire vivre au cinéma des univers vidéoludiques mythiques. Comme ses prédécesseurs en prises de vues réelles, Street Fighter de Kitao Sakurai manque de punch, un comble pour un film basé sur des combats.