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Crash d'avion: Quand le foot français a frôlé le drame dans les airs

Crash d'avion: De Rodez aux Iles Féroé, le football français a connu de grosses frayeurs aériennes

FOOTBALLEn France, la sécurité des vols des équipes de football n'est pas non plus infaillible...
W.P.

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C’est endeuillé que le monde du football s’est réveillé mardi. L’avion qui transportait l’équipe brésilienne de Chapecoense s’est crashé près de la ville de Medellin, causant la mort de 75 personnes, parmi lesquelles l’on retrouve des joueurs, des membres du staff ainsi que des journalistes.

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Ce sombre épisode vient s’ajouter à des désastres comme ceux du Torino, en 1949, de Manchester United en 1958 ou de la Zambie en 1993, qui ont tous trois décimé des équipes entières. Si ces catastrophes restent rares dans le milieu du football, les frayeurs aériennes restent en revanche très nombreuses. Rien qu’en France, plusieurs incidents auraient pu être lourds de conséquences.

L’équipe de Rodez termine un vol vers Bastia avec une porte arrachée

La scène se déroule en 2004. L’équipe de Rodez part défier Bastia en Coupe de France dans un avion privé. Trop petit pour embarquer tout l’effectif, il est alors prévu qu’il effectue deux allers-retours entre le Midi et la Corse. C’était sans compter un événement inattendu. Capitaine de l’équipe à l’époque, Florent Rech raconte.

« « On survolait la mer Méditerranée, au moment de la descente, il y a dépressurisation dans l’avion et d’un coup la porte explose. » »

Et de poursuivre. « Sur le coup, tout a été aspiré. On ne nous l’a dit que plus tard, mais la porte n’est pas complètement partie à ce moment-là. Elle était suspendue, elle menaçait de toucher une hélice et de l’endommager. Le pilote a dû gérer ça pendant une demi-heure, tout en nous rassurant. »

« Ça permet de relativiser »

Car derrière, tout le monde panique. « J’ai cru que mon coéquipier Patrick Videira avait été aspiré », précise le désormais entraîneur de la réserve de Rodez avant d’expliquer que les joueurs ont vite tâché de se regrouper à l’avant de l’avion.

« « On s’est mis en mille-feuilles, les uns sur les autres, pour se tenir et pour résister au coup de froid. Il faisait bien moins de zéro degré là-haut. » »

Certains pleurent, d’autres rient ou chantent nerveusement jusqu’à l’atterrissage. Après la défaite bastiaise, ils sont plusieurs à demander à rentrer en bateau. Finalement, c’est dans un autre avion privé que toute la formation de Rodez rentrera.

« On a refait les mêmes groupes. On était les huit mêmes sur ce vol retour. Au bout du compte, ça nous a soudés. C’est le genre d’expérience qui permet de relativiser les bobos du quotidien, de se sentir en vie », conclut Florent Rech.

L’interminable angoisse de l’équipe de France sur la route des Iles Feroe

L’équipe de France qui s’est déplacée jusqu’aux Iles Féroé en 2007 n’a pas eu à traverser une situation aussi extrême. Mais les Bleus, alors entraînés par Raymond Domenech, ont connu un vol très peu confortable. Dans des propos recueillis pour Star Experience, Mickaël Landreau s’y était (un peu) préparé.

« « On était déjà allés là-bas [en 2004, ndlr], on savait que peu d’avions pouvaient atterrir, que peu de pilotes étaient diplômés pour le faire. » »

Car si la durée totale du voyage (près de 24 heures), les nombreuses escales et l’arrivée tardive de l’équipe de France (trois heures avant le match) préoccupent les médias à l’extérieur, c’est surtout l’atterrissage qui inquiète à bord. William Gallas s’en souvient bien et en a même reparlé récemment.

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Un atterrissage perpendiculaire au sol

Idem pour le sélectionneur, pas forcément serein à l’approche de la terre ferme. « Quand par le hublot j’ai vu la montagne se rapprocher, j’ai poussé dans l’autre sens », confiait ce dernier au Monde à l’époque. Un poil chambreur, Mickaël Landreau, qui ne manque pas d’évoquer un atterrissage « à la perpendiculaire », se souvient de la peur de « certains joueurs » sans les citer. L’ancien portier du PSG préfère se souvenir d’un voyage qui a « lié l’équipe ». Ce jour-là, les Bleus ont battu les hôtes 6-0.

Pour ce qui est de l’unité du groupe, l’Euro et le mondial qui suivront démontreront que les effets bienfaisants de ce vol angoissant ont rapidement trouvé leurs limites.