XV de France: Jacques Brunel veut «gagner le tournoi cet hiver» (on la lui souhaite bien bonne)

RUGBY Le nouveau manager des Bleus fait preuve d’un optimisme remarquable au vu des dernières prestations tricolores…

J.L. avec AFP

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Jacques Brunel cherche l'espoir là-haut dans le ciel.

Jacques Brunel cherche l'espoir là-haut dans le ciel. — INSABATO/OLYMPIA/SIPA

Sa nomination était attendue depuis plusieurs jours, après que l’idée de remaniement de Bernard Laporte a fuité dans les grandes largeurs dans la presse. Jacques Brunel, co-architecte des Grands Chelems de 2002 et de 2004 remplace Guy Novès pour essayer de sortir le XV de France du marasme dans lequel il est englué. Et le bonhomme se colle déjà une pression du diable en affirmant vouloir gagner le Tournoi dès cet hiver. Le nouveau sélectionneur s’est exprimé ce mercredi auprès de l’AFP.

Le XV de France vient de subir six défaites de suite, dont cinq en test-matches, et de concéder un match nul face au Japon. Avez-vous hésité à accepter le poste ?

« Bien sûr. Cela a été une surprise. Jamais de la vie je ne m’attendais à ce qu’on m’appelle. D’une part parce que je ne pouvais imaginer qu’il allait se passer ça (mise à l’écart de Guy Novès, NDLR), même si je sais qu’en tant qu’entraîneur nous sommes soumis à ces aléas. D’autre part, parce que je suis engagé (avec Bordeaux-Bègles, NDLR), il a donc déjà fallu savoir si je pouvais me dégager. Après, l’équipe de France… J’ai fait trois Coupes du monde (comme adjoint du XV de France et sélectionneur de l’Italie, NDLR), préparé environ 130 matches internationaux, donc je ne cherche pas à battre des records, je n’attends pas une nomination ou un titre de plus, je n’ai pas besoin de soigner mon image, ni de notoriété. Je n’attends rien ! Mais c’est difficile de ne pas y aller. »

>> A lire aussi: On a compté le nombre de fois où Bernard Laporte a dit que Guy Novès resterait (attention spoiler: il y en a beaucoup)

Comment redonner confiance à un groupe moralement touché ?

« Le changement va peut-être pouvoir apporter un peu de confiance, perdue. Après, on a l’ambition de gagner le premier match (du Tournoi des six nations 2018, le 3 février contre l’Irlande, NDLR). A partir du moment où il y a la victoire, tout va s’enchaîner. Donc mon premier objectif ne va pas plus loin que l’Irlande. »

Faut-il réduire la voilure au plan du jeu ?

« De toute façon, de par le temps imparti, les bases du jeu devront être simples et assimilées par les joueurs. Il faut partir de choses assez simples. Mais le rugby international suppose de travailler sur l’intensité, la vitesse et le mouvement, c’est évident. Il faut jouer de façon équilibrée, avoir une assise défensive forte. Ce sont des basiques. »

Guy Novès a testé 74 joueurs. A moins de deux ans de la Coupe du monde, faut-il restreindre le groupe ?

« Il reste encore deux ans avant la Coupe du monde. Il ne faut pas se baser dessus. Peut-être, au-delà de ce mandat, qu’on s’est trop focalisé sur l’objectif Coupe du monde et qu’on n’est pas assez resté sur l’instant présent. Et c’est le Tournoi : tous les ans, la France se doit d’être compétitive pour la victoire finale. Donc pour ce Tournoi, il faut prendre les meilleurs joueurs, les plus en forme. Il n’y a pas à se projeter sur dans deux ans. Dans une équipe, il faut un mélange de joueurs jeunes et plus expérimentés. Il y a des jeunes de qualité, mais il faut trouver cet équilibre. »

Estimez-vous que cette génération a les qualités pour rivaliser avec les meilleures nations mondiales ?

« De l’intérieur, je vois de la qualité dans les joueurs français, tous les week-ends. Par rapport au potentiel de l’Italie, il y a un monde de différence. Ici, il y a vraiment le potentiel pour gagner le Tournoi. cela doit être notre objectif. »

Dès 2018 ?

« Bien sûr. L’Irlande sera déterminante pour la suite. Mais l’objectif de la France doit être de gagner le Tournoi. Parce qu’elle l’a prouvé par le passé et en a le potentiel. On le voit lors des confrontations de Coupe d’Europe, où les Français ont leur mot à dire. Au moins au niveau du Vieux continent, on est capable de lutter pour la victoire. »

Pouvez-vous nous donner des noms de techniciens du Top 14 déjà sondés pour vous accompagner ponctuellement ?

« Je viens juste d’être nommé. Et toute la liste des entraîneurs du Top 14 est passée (dans la presse, NDLR). Mais il est évident que j’ai plus d’affinités avec certains entraîneurs, puisque je les ai entraînés (Bruno, Galthié, Bonnaire), ou j’ai entraîné à leurs côtés (Azéma). Je vais sonder dès demain (jeudi) les entraîneurs, voir dans quelle mesure ils ont envie de venir, dans quelle mesure ils sont disponibles, et si oui quand. Cela suppose leur aval, mais aussi des présidents. Cela ne se fait pas comme ça. Mais on va y arriver. Il faut qu’à la fin de la semaine prochaine on ait constitué un staff pour le Tournoi. Et peut-être que d’autres arriveront plus tard. »