On a compté le nombre de fois où Bernard Laporte a dit que Guy Novès resterait (attention spoiler: il y en a beaucoup)
RUGBY•Pendant presque un an et demi, Bernard Laporte n'a cessé de clamer qu'il ne se séparerait pas de Guy Novès...Aymeric Le Gall
Il aura donc fini par le faire. Ce mercredi midi, Bernard Laporte, le président de la Fédération de rugby, a évincé Guy Novès du poste de sélectionneur de l’équipe de France et l’a remplacé par Jacques Brunel.
« J’aurais aimé que cela dure jusqu’au Japon (Coupe du monde 2019) avec Guy et son staff mais à un moment il faut faire quelque chose, on ne pouvait plus rester comme ça et nous avons pris notre responsabilité », a-t-il déclaré à l’occasion de la conférence de presse organisée par le XV de France au Hilton Saint-Lazare à Paris, et lors de laquelle cinq médias triés sur le volet étaient invités.
L’éviction de Guy Novès n’était plus une surprise pour personne. Cela faisait déjà plusieurs jours que les médias avaient été mis au parfum, et l’annonce de mercredi est venue officialiser ce que Laporte avait décidé depuis un petit moment déjà.
Pourtant, au moment où l’on a appris la nouvelle, on n’a pas pu s’empêcher de lâcher un petit sourire. Vous savez, le petit sourire de ceux qui ont un peu de mémoire. Car on a eu beau fouiller dans le placard à archives, pas moyen de retrouver la moindre trace d’une déclaration de Laporte disant que Novès était sur la sellette. Et ça fait plus d’un an que ça dure. Petit regard dans le rétroviseur.
Janvier 2016
Alors que cela fait cinq mois qu’il a annoncé officiellement son désir de briguer la présidence de la Fédération française de Rugby, Bernard Laporte est interrogé dans le Super Moscato Show sur les ondes de RMC. « D’abord, j’ai eu Guy longuement au téléphone mardi, je lui ai souhaité bonne chance parce que je souhaite qu’il réussisse », a-t-il commencé par dire.
Et au moment où on lui rappelle qu’il ne s’est encore jamais engagé de manière ferme et définitive au sujet du maintien de Novès, s’il était élu, Laporte se montre clair. « On est des grands garçons. Je lui ai dit : "Je te connais, tu me connais." Le jour où j’ouvrirai les guillemets pour dire "Je ne veux plus de Guy Novès", je ne passerai pas par Pierre ou Tartampion. C’est moi qui le dirai et je ne l’ai jamais dit. Par contre, je suis le premier à dire que je ne comprends pas pourquoi il n’est pas là depuis huit ans. »
Novembre 2016
Un mois avant d’être élu à la tête de la FFR, les bruits de couloirs laissent entendre que le maintien de Novès est loin d’être acquis dans l’esprit de Laporte. Et pourtant, toujours sur RMC, celui-ci ne change pas son discours (même s’il ajoute une petite nuance qui rend son propos un peu plus ambigu) : « Le staff est de qualité. Il n’y a aucune raison que je casse un staff, que je me sépare de Guy Novès ou d’un autre entraîneur. Il y a des contrats, je suis légaliste. Mais c’est vrai qu’un entraîneur est soumis au résultat, comme tous les entraîneurs. On ne doit pas refaire deux fois la même erreur… »
A la fin du mois de novembre, à quelques jours des élections à la présidence de la FFR, le candidat Laporte signe et resigne sur Infosport + : « J’ai du respect pour l’homme et l’entraîneur qu’il est et il est hors de question pour moi de dire "J’arrive, je suis le roi et tout le monde s’en va." » C’est clair, non ?
Décembre 2016
Invité sur le plateau de RTL le 4 décembre 2016, au lendemain de sa victoire aux élections, l’ancien secrétaire d’Etat aux Sports est une nouvelle fois interrogé sur le maintien de Novès. Là encore, la teneur du discours ne varie pas d’un iota. « Je veux le meilleur entraîneur de France. Je crois que le palmarès de Guy montre bien que c’est lui qui doit être à la tête de l’équipe de France. Je ne vois pas pourquoi je changerais. Je veux une équipe de France qui gagne. Je vais mettre les meilleurs à chaque place. »
Janvier-octobre 2017
Après avoir crié sur tous les toits que Guy Novès était la personne qu’il fallait au XV de France pour la conduire jusqu’à la Coupe du monde 2019, Bernard Laporte va laisser le sélectionneur faire son travail et il se fait plus rare dans les médias (sur ce sujet du moins). Il n’y a qu’en juin, alors que l’équipe de France réalise une tournée qui vire au ridicule, que le président revient dans les affaires sportives. Mais ce n’est toujours pas pour allumer Novès, mais les joueurs eux-même. Laporte ira jusqu’à débouler en Afrique du Sud en plein milieu de la tournée pour leur secouer les puces.
Novembre 2017
Invité une nouvelle fois chez Moscato sur RMC pour évoquer l’attribution de la Coupe du monde 2023 à la France, c’est un Bernard Laporte forcément léger et heureux de cette grande victoire qui se présente devant les micros. Et comme à chaque fois, la question « Guy Novès » revient sur le tapis. Et comme à chaque fois, la même réponse : « Je l’ai dit 20 fois, je vais le répéter une 21e fois, Guy Novès sera là jusqu’en 2019. » Il n'y aura jamais de 22e fois.



















