• Le XV de France a de nouveau été battu lors de sa tournée d'automne, contre l'Afrique du Sud cette fois-ci. 
  • Malgré la série de défaites, Guy Novès voit des motifs d'espoir pour la suite. 
  • Bernard Laporte a affirmé que l'ancien coach du Stade Toulousain allait rester en poste chez les Bleus. 

En psychologie, on appelle ça du déni. En politique, on appelle ça de la flûte à bec. Et en rugby ? Ben en rugby on va finir par appeler ça une Guy Novès. Quelques minutes après la nouvelle défaite du XV de France, contre l’Afrique du Sud au Stade de France, la troisième en autant de matchs durant la tournée d’automne, et la cinquième d’affilée en test-matchs (un record depuis 1982), le sélectionneur français affichait un visage qui ne collait pas, mais alors pas du tout, à la réalité de ce que vit sa sélection actuellement. Un peu comme quand on regarde un film en streaming et que les paroles ne cadrent pas bien avec les mouvements de bouche des acteurs.

Tout au long de son discours face à la presse, Guy Novès sera resté très souriant et résolument positif. Pourtant, avant le début de la tournée d’automne, Bernard Laporte, le boss du rugby français, avait fixé le cap : le XV de France devait remporter trois de ses quatre matchs. A l’arrivée, même si les Bleus venaient à taper le Japon samedi prochain à la U Arena, le constat d’échec est là.

Pas d’excuses, et pourtant…

Et au-delà des simples résultats, c’est la manière qui inquiète. Car autant contre les Blacks, pour le premier match du mois de novembre au Stade de France, on pouvait se dire que l’équipe de France avait perdu contre la meilleure équipe du monde, autant là, face à une sélection sud-africaine hyper faiblarde, la bande à Guy Novès n’a aucune excuse.

Pourtant, même s’il a tenu à nous prévenir qu’il ne cherchait pas d’excuses, le sélectionneur tricolore n’a fait que ça. On a tout eu. Mis bout à bout, ça donne ça :

« On n’a pas perdu devant une équipe plus forte que nous, on a perdu d’un point (…) Des joueurs sont sortis sur commotion, d’autres ont joué avec des entorses à la cheville (…) Il y a un carton jaune qui arrive au plus mauvais moment (..) On a un essai accordé après arbitrage vidéo sur pas grand-chose (…) On a démarré ce mois de novembre avec, tout d’un coup, 15, 16, 17 joueurs en moins. »

Pour quelqu’un qui disait ne pas vouloir se réfugier derrière des excuses, avouez que c’est pas mal !

Je vais bien, tout va bien

Là où les observateurs analyseront cette défaite en pointant du doigt tout ce qui n’a pas été, Guy Novès préfère retourner le truc et regarder ce que ce match a donné de bon. « Sur le plan du boulot, du comportement et de l’investissement, oui je suis positif, oui je crois en eux, lâche-t-il avec la tête de celui qui croit profondément en ce qu’il dit. On a vu ce soir des jeunes joueurs qui ont joué un ton au-dessus que contre la Nouvelle-Zélande, donc on sent des progrès. » Finalement c’est peut-être nous qui sommes trop défaitistes, allez savoir…

Quand un journaliste lui a demandé ce qui n’allait pas dans le jeu de l’équipe de France, Guy Novès a continué de fredonner la « positive attitude » : « Ce sont des petites choses qui ne sont finalement pas si dures que ça à rectifier, et je me dis qu’au bout d’un moment la roue va finir par tourner. » Mais sur quoi peut-on s’appuyer concrètement pour y croire ? Sur le ressenti du coach et ses expériences passées en tant qu’entraîneur de club. « J’ai déjà vécu ça avec le Stade Toulousain, nous dit-il. Pas souvent, mais tout de même, avec des séries de défaites où on estimait que plus rien n’allait, et au final on était en demie, en finale ou bien on terminait champions. »

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« J’ai le cuir solide »

Toujours est-il qu’à l’heure où vous lisez ces lignes, Novès est toujours le sélectionneur du XV de France. A priori, les choses ne devraient pas changer dans un futur proche, et ce même s’il marche sur une fine pellicule de glace. Avant la rencontre, Bernard Laporte, qu’on était presque prêt - pervers que nous sommes - à imaginer reprendre le flambeau et porter la double casquette président de la fédé-sélectionneur de l’équipe de France, a lui-même affirmé que Novès ne serait pas menacé en cas de nouvelle défaite face aux Bocks.

S’il tient parole, l’ancien coach toulousain devrait donc être de la partie pour le tournoi des Six Nations au début 2018. Mais c’est dans trois mois, et trois mois c’est long. Rien ne nous dit que d’ici là « Bernie le dingue » n’aura pas retourné son veston et lourdé un Guy Novès avec lequel il n’entretient pas franchement les meilleures relations du monde.

En attendant, le sélectionneur du XV affirme qu’il ne se « pose pas la question de [son] avenir ». Et de conclure : « J’ai le cuir solide ». Merde, si on se souvient bien, la dernière personne à avoir sorti cette expression, c’était un certain François Fillon en plein « Pénélope Gate ». On sait tous comment ça s’est terminé…