Pourquoi les chiens séduisent de plus en plus les entreprises ?
Nos amies les bêtes•En France, la tendance fait son chemin, portée par des arguments sérieux, parmi lesquels une baisse du stress et un retour au bureauYoussef Zein
Les canidés ont la cote dans le monde du travail. Selon une étude d’Actinéo, un observatoire sur la qualité de vie au travail, plus d’un Français sur cinq serait favorable à l’idée de les accueillir au bureau. Leur présence encouragerait même les salariés à revenir au bureau. Un détail loin d’être anodin, à une époque où les employeurs cherchent à freiner le télétravail.
Elodia Doncel Perez, psychologue du travail, voit la tendance émerger : « C’est quelque chose que l’on rencontre de plus en plus souvent. De nombreux salariés témoignent des bienfaits du contact avec le chien dans le milieu pro. »
Un « effet doudou »
Le Code du travail n’interdit pas la présence d’animaux sur le lieu de travail. En 2012, une étude publiée par l’Université du Commonwealth de Virginie révélait que les salariés qui venaient accompagnés de leur compagnon à quatre pattes étaient moins stressés et plus productifs que les autres. Rien de magique ici, mais un schéma bien connu : « L’ocytocine, c’est l’hormone qui crée le lien amoureux, un lien affectif et sécurisant », explique Elodia Doncel Perez. « Quand on caresse un animal, on active cette hormone. Pour beaucoup, leur chien ou leur chat est un repère affectif, une forme de sécurité. Il y a un vrai effet doudou, qui n’est pas juste placebo. »
Pour autant, tous les canidés ne sont pas des compagnons idéaux. « Ce n’est pas parce que cette pratique est vertueuse que l’on doit l’instaurer n’importe comment », rappelle la psychologue du travail. Tout d’abord, tous les types de chiens ne se prêtent pas au cadre de l’entreprise. Un gros animal, comme un doberman, aura beaucoup plus de mal à tenir en place dans l’open space qu’un caniche.
Aussi, les sensibilités de chacun doivent être prises en compte : allergies, phobies… Ou simples inconforts. « Il faut de la pédagogie et du cadre », insiste Elodia Doncel Perez. « L’objectif n’est pas de transformer le lieu de travail en animalerie. » Des chiens au bureau, oui, mais toujours avec un commun accord.



















