La tendance « multi-masking », qui consiste à appliquer plusieurs masques sur le visage, est-elle vraiment utile ?
Cette technique consiste à appliquer plusieurs masques pour adapter le soin en fonction des différentes problématiques qu’on a sur la peauDora Christian
L'essentiel
- Le multi-masking est une tendance skincare qui consiste à appliquer différents masques sur des zones distinctes du visage, selon les besoins spécifiques de chaque zone (par exemple un masque matifiant sur la zone T grasse et un masque hydratant sur les joues sèches).
- Selon la dermatologue Martine Baspeyras, cette technique « n’est pas dangereuse » et peut présenter un intérêt pour les peaux mixtes, notamment avec des lotions appliquées au coton, mais elle est « inutile » pour les textures liquides comme les sérums et crèmes qui finissent par se mélanger.
- Le multi-masking est comparable aux « routines coréennes à 10 à 12 étapes, il faut aimer et avoir le temps pour ce genre de routine », selon la dermatologue, ce qui en fait une pratique pas forcément pratique pour tout le monde.
La peau n’est pas exactement la même à chaque moment de l’année, ni d’ailleurs au cours de la journée. Tantôt plus grasse sur la zone T, tantôt plus sèche sur les joues. Parfois aussi capricieuse, avec l’apparition de comédons sur les pommettes tandis que le reste du visage est nickel… Quand on a tous ces symptômes en même temps, quelle routine adopter ? Le masque matifiant ? Oui, mais les joues sèches vont en pâtir. Et l’inverse ne fait pas rêver non plus pour stopper les brillances. TikTok propose une technique : le multi-masking. Mais n’est-ce pas trop s’embêter pour rien ? 20 Minutes a interrogé une dermatologue pour le savoir !
Qu’est-ce que le « multi-masking » ?
Le terme « multi-masking » fait référence à la tendance skincare qui consiste à appliquer différents masques sur son visage, au même moment. Il ne s’agit pas de les superposer (ce qui n’aurait vraiment aucun intérêt), mais plutôt d’utiliser chaque masque en fonction de ses vertus sur des zones distinctes du visage afin de créer un soin personnalisé selon les besoins de sa peau.
Dans une vidéo TikTok, Dr Koh, dermatologue, réalise cette technique de soin qui « change la donne » pour la peau. On la voit appliquer, sur sa peau mixte, un masque rafraîchissant aux haricots rouges pour réguler l’excès de sébum sur la zone T. Et sur le reste de son visage, un masque au riz et au miel pour hydrater. La professionnelle utilise deux masques, mais certains tiktokeurs n’hésitent pas à pousser la technique plus loin en utilisant jusqu’à trois à quatre masques sur leur peau, avant de rincer au bout d’une vingtaine de minutes.
Au vu du succès de cette tendance, certaines marques ont même sorti des produits plus adaptés aux peaux à plusieurs problématiques. C’est le cas par exemple de Current Body avec son masque LED multicouleurs, qui délivre 5 couleurs d’ondes aux propriétés différentes en même temps sur des zones distinctes de la peau. La tendance s’étend même au maquillage avec par exemple la poudre « prisme libre » chez Givenchy composée de 4 teintes dont 2 correctrices et 2 autres illuminatrices pour poudrer chaque zone du visage en fonction de l’effet recherché.
Est-ce que le « multi masking » marche vraiment ?
Est-ce vraiment utile d’acheter trois masques différents pour le même visage ou est-ce s’embêter pour rien ? Première bonne nouvelle : « ça n’est pas dangereux », répond à 20 Minutes la dermatologue Martine Baspeyras, présidente de la Société Française d’Esthétique en Dermatologie. Il y a un intérêt, oui, si l’on a la peau mixte par exemple. À ce moment-là, la professionnelle préconise d’appliquer une lotion adaptée à l’aide d’un coton, si l’on est sujet à un excès de sébum, à de l’acné, ou rougeurs sur certaines zones par exemple. Car, effectivement, on n’aura pas besoin de mettre un actif pour l’hyperpigmentation là où on n’en a pas.
En revanche, pour toutes les matières liquides, qui auront tendance à s’étendre, comme les sérums et les crèmes, « c’est inutile car les produits finiront par se mélanger, au moment de l’application ou durant la journée », prévient le médecin. Mais si on en a le temps, pourquoi pas. « C’est la même chose que les routines coréennes à 10 à 12 étapes, il faut aimer et avoir le temps pour ce genre de routine », avoue la dermatologue. Ce n’est pas mauvais en soi, mais juste pas toujours applicable dans sa vie quotidienne.



















