Que valent les peptides, considérés comme une alternative « plus douce » au rétinol ?
Beaucoup vantent les qualités de cet actif, parfois présenté comme une alternative anti-âge au rétinol, notamment pour les peaux sensibles, mais qu’en est-il vraiment ?Dora Christian
L'essentiel
- Les peptides sont des actifs « très intéressants » pour stimuler la production de collagène et prévenir l’apparition des rides, mais la croyance selon laquelle ils remplacent le rétinol est « largement exagérée » selon la dermatologue Martine Baspeyras.
- Le rétinol et les rétinoïdes restent « les stimulants numéros 1 de la peau pour agir sur le vieillissement cutané » en correction, tandis que les peptides agissent principalement en prévention pour « freiner le vieillissement » et « améliorer la qualité de la peau ».
- Les peptides comme l’argireline peuvent limiter les micro-contractions musculaires responsables des rides et sont recommandés pour « compenser la diminution naturelle du collagène et de l’élastine dès 25 ans », avant de passer à des actifs plus puissants.
«Un des actifs que je recommande à tout le monde d’utiliser dans sa routine anti-âge, ce sont les peptides », recommande un influenceur skincare dans une vidéo TikTok. Les peptides, tout comme l’acide glycolique contre l’hyperpigmentation ou l’acide hyaluronique pour l’hydratation, ont gagné en popularité pour leurs propriétés anti-âge. Ils sont notamment présentés comme mieux tolérés par les personnes sensibles au rétinol, actif anti-âge dérivé de la vitamine A. Mais alors, que valent-ils vraiment contre les rides ? 20 Minutes a demandé l’avis de la dermatologue Martine Baspeyras, présidente de la Société Française d’Esthétique en Dermatologie.
Un actif « très intéressant », mais mal compris
Les peptides sont des actifs « très intéressants » dans une routine beauté, affirme la dermatologue Martine Baspeyras. Concrètement, ce sont des fragments de protéines qui stimulent la production de collagène dans la peau. Ils peuvent donc être utilisés en entretien ou en prévention, pour les personnes souhaitant retarder l’apparition des rides.
« Mais de là à dire que cela remplace le rétinol, c’est largement exagéré », nuance-t-elle. Si certaines marques ou influenceurs l’affirment, il s’agit surtout d’un argument marketing destiné à séduire le public aux peaux sensibles, notamment les personnes ayant subi les effets secondaires d’un rétinol trop dosé et donc mal toléré.
Mais cela n’enlève en rien les mérites des peptides ! Ceux-ci contiennent des composants très nourrissants pour la peau et sont intéressants pour « freiner le vieillissement » ou encore « améliorer la qualité de la peau », selon leur type et leur concentration dans les cosmétiques, reconnaît la dermatologue.
Oui en prévention, mais il y a mieux en correction
Il n’y a pas de débat : « Le rétinol, et plus largement les dérivés de la vitamine A (rétinoïdes), constitue le stimulant numéros 1 de la peau pour agir sur le vieillissement cutané », insiste le Dr Martine Baspeyras. En revanche, ils n’auront jamais la même action que certains peptides, même si ces derniers peuvent « stimuler la production de collagène pour améliorer l’élasticité de la peau ». Et les marques qui joueront le jeu expliqueront que les peptides seuls, agissent plutôt en prévention et moins en correction. « Notamment l’action de certains peptides biomimétiques sur les micro-contractions musculaires », explique Pauline Morin, ingénieure chimiste et chargée de communication scientifique chez Typology, à propos de leur « crème visage premières rides A42 ».
Cette dernière précise que « l’application topique de peptides inhibiteurs de neurotransmetteurs, comme l’argireline, agit en limitant la libération des signaux chimiques responsables des contractions du visage ». Ces produits, riches en peptides, sont conçus pour « compenser la diminution naturelle du collagène et de l’élastine dès 25 ans », lorsqu’il n’est pas encore nécessaire de passer à des actifs plus puissants par exemple. En correction, la dermatologue recommande d’utiliser le rétinol, mais progressivement. En commençant par de faibles doses, deux fois par semaine, avec beaucoup d’hydratation. Et pourquoi pas associer les deux, en utilisant des peptides le jour, et le rétinol le soir pour un résultat optimal.



















