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Quels sont les bienfaits des champignons ?
plaisir de saison

Quels sont les bienfaits des champignons ?

À l’automne, les forêts regorgent de champignons. Un plaisir de saison qui cache de nombreux bienfaits… et quelques précautions à connaître
Fostine  Carracillo pour 20 Minutes

Fostine Carracillo pour 20 Minutes

L'essentiel

  • Les champignons sont de véritables concentrés de nutriments, riches en vitamines, minéraux et fibres, tout en restant très peu caloriques.
  • Ils soutiennent le métabolisme, renforcent l’immunité et auraient même un effet protecteur sur les fonctions cognitives.
  • Fragiles, ils doivent être consommés rapidement après la cueillette et toujours bien identifiés pour éviter tout risque d’intoxication.

Avec l’automne et son humidité, les sous-bois se remplissent de cèpes, girolles, chanterelles, pieds-de-mouton et trompettes-de-la-mort. Ces incontournables de la saison se retrouvent sur les marchés et dans les cuisines, où ils apportent saveur et diversité. Source naturelle de vitamines, minéraux et fibres, ils s’intègrent facilement aux repas d’automne et contribuent à garder forme et énergie lorsque les journées raccourcissent.

L’atout bien-être de l’automne

Riches en vitamines du groupe B, les champignons sont de précieux alliés pour l’organisme. Cent grammes de girolles apportent plus de 5 mg de vitamine B3, indispensable au métabolisme de l’énergie. Les champignons de Paris, disponibles toute l’année, couvrent à eux seuls un quart des besoins quotidiens en vitamines B2 et B5. Particularité notable, ces végétaux d’un genre à part produisent aussi de la vitamine D, essentielle à la santé osseuse, même si leur teneur reste modeste.

Côté fibres, les champignons ne sont pas en reste : une portion de chanterelles en contient plus de 4 g pour 100 g. Leur richesse en polysaccharides pourrait même jouer un rôle prébiotique en favorisant l’équilibre de la flore intestinale. Peu caloriques grâce à leur forte teneur en eau, ils fournissent en prime 2 à 3 % de protéines, ce qui en fait un ingrédient intéressant dans une alimentation légère mais rassasiante.

Les chercheurs s’intéressent aussi à leurs effets sur le cerveau. Une étude menée à Singapour sur des personnes âgées a montré qu’une consommation régulière de champignons, à hauteur de 300 g cuits par semaine, était associée à un risque réduit de troubles cognitifs légers. Les scientifiques attribuent cet effet protecteur à l’ergothionéine, un antioxydant naturellement présent dans ces aliments.

Les champignons, un concentré de minéraux

Composés à plus de 90 % d’eau, les champignons sont pourtant de véritables mines de nutriments. Potassium, phosphore et zinc figurent parmi les minéraux qu’ils renferment en quantité, le zinc jouant notamment un rôle clé dans le bon fonctionnement du système immunitaire, particulièrement précieux à l’arrivée de l’automne. Leur teneur en fer en fait également un atout intéressant : cet oligo-élément, indispensable au transport de l’oxygène dans le corps, manque encore à plus d’1,5 milliard de personnes dans le monde, selon l’Assurance maladie.

Les champignons apportent aussi du sélénium, reconnu pour son action antioxydante et anti-inflammatoire. Cet oligo-élément contribue à neutraliser les radicaux libres, souvent associés au vieillissement cellulaire et à certaines maladies cardiovasculaires. Les champignons asiatiques comme le maitake ou le shiitake sont d’ailleurs utilisés depuis longtemps en médecine traditionnelle chinoise pour leurs effets dits adaptogènes, bénéfiques pour les défenses immunitaires et les fonctions neurologiques.

Ces qualités nutritionnelles ont été confirmées par une étude publiée en 2021 dans Food Science and Nutrition, montrant qu’ajouter un seul champignon à son alimentation augmentait significativement l’apport en fibres, minéraux et vitamines B2 et B3. Peu caloriques et rassasiants, ils constituent des alliés idéaux pour des repas équilibrés, à condition de bien les mastiquer pour profiter pleinement de leurs fibres.

Des bienfaits à consommer avec mesure

Si les champignons sont de précieux alliés nutritionnels, ils présentent aussi une particularité qui invite à la prudence. Leur mycélium a la capacité d’absorber les métaux lourds présents dans le sol, comme le mercure, ce qui peut poser problème lorsqu’ils sont consommés en grande quantité. Certains chercheurs vont même jusqu’à souligner leur rôle de véritables « nettoyeurs » de l’environnement, capables de capter les composés toxiques.

Mieux vaut donc les apprécier sans excès : une portion hebdomadaire de 200 à 300 g suffit pour profiter de leurs bienfaits tout en limitant l’exposition aux polluants qu’ils pourraient contenir. Crus en salade, poêlés ou glissés dans une soupe, ils trouvent facilement leur place dans des repas équilibrés, à condition de rester une gourmandise de saison et non un excès quotidien.

Des alliés pour la peau et les cheveux

Grâce à leur richesse en vitamines B2, B3, B5 et B9, les champignons participent à la régénération cellulaire et contribuent à garder une peau saine et des cheveux en bonne santé. Une portion de 100 g peut couvrir jusqu’à la moitié des besoins quotidiens en ces vitamines essentielles.

Ils apportent aussi du cuivre, du manganèse et du sélénium, des antioxydants qui aident à protéger les cellules et à retarder le vieillissement cutané. Consommés régulièrement, les champignons soutiennent ainsi la beauté de la peau et la force des cheveux.

Nettoyage, cuisson, conservation : le mode d’emploi

Les champignons demandent un nettoyage rapide pour préserver leur fraîcheur. Inutile de les plonger dans l’eau, ils s’en gorgeraient aussitôt : un simple brossage ou un passage de chiffon humide suffit pour enlever la terre. S’ils sont très sales, un rinçage rapide est possible, à condition de bien les sécher tout de suite avec du papier absorbant pour éviter qu’ils ne ramollissent.

Fragiles par nature, les champignons frais doivent être consommés sans attendre, le jour même ou au plus tard le lendemain. Conservez-les dans le bac à légumes, mais pas plus longtemps, car ils se dégradent rapidement et peuvent devenir toxiques sans que cela soit visible. Mieux vaut ne pas prendre de risques et privilégier la fraîcheur.

En cuisine, les possibilités sont multiples : en poêlée, en omelette ou même mixés pour remplacer partiellement la viande dans des boulettes. Pour prolonger leur saison, ils se congèlent très bien après cuisson, se conservent en bocaux dans l’huile ou le vinaigre selon les espèces, ou encore séchés pour être réhydratés au moment de les cuisiner.

Un pilier pour les écosystèmes

Au-delà de leur intérêt dans nos assiettes, les champignons sont indispensables au fonctionnement du vivant. Ils protègent les plantes du sel, des métaux lourds et des maladies, tout en jouant un rôle clé dans leur survie. « Sans les champignons, les plantes n'existeraient pas. Nous avons besoin des plantes pour l'oxygène. Donc le monde comme nous le connaissons n'existerait pas », explique à l’AFP Amy Honan, professeure de mycologie et de biodiversité fongique à l’université de l’Oregon. En parallèle, ils décomposent les matières organiques mortes et recyclent le carbone et les nutriments, permettant aux plantes de poursuivre leur cycle de vie.

Malgré leur importance, la majorité de ces organismes reste méconnue. À peine 6 % des espèces sont répertoriées, ce qui complique leur protection. Selon l’Office français de la biodiversité, 3,8 % des champignons sont déjà considérés comme menacés, un chiffre qui pourrait encore grimper à mesure que les connaissances progressent et que leur état de conservation est mieux évalué.

Bien cueillir et consommer les champignons

Avec l’automne revient l’envie d’arpenter les sous-bois à la recherche de cèpes, girolles ou pieds-de-mouton. Mais pour en profiter sans danger, mieux vaut respecter quelques règles simples. Les champignons doivent être cueillis entiers, pied compris, afin de pouvoir les identifier correctement, car les signes distinctifs des espèces toxiques se trouvent souvent à leur base. Évitez le plastique qui les ferait fermenter et privilégiez un panier rigide pour les transporter sans les abîmer. Et surtout, ne consommez jamais un champignon dont vous n’êtes pas absolument certain de la comestibilité : en 2023, plus de 1.400 intoxications ont été signalées aux Centres antipoison entre juillet et décembre. En cas de doute, demandez l’avis d’un pharmacien ou d’une association de mycologie avant toute dégustation.

Même si les applications de reconnaissance se multiplient, elles ne remplacent pas l’œil d’un spécialiste. Les ressemblances entre espèces sont nombreuses et une erreur peut avoir de graves conséquences. L’Anses rappelle d’ailleurs de ne jamais consommer un champignon identifié uniquement via une application mobile. Enfin, un champignon doit être frais et bien cuit pour être sans danger. Au moindre signe d’intoxication, comme des nausées ou des vomissements, il est indispensable de consulter rapidement un médecin.