Japan Expo 2025 : Les onigiris vont-ils détrôner le mythique sandwich jambon beurre ?
Ultra-tendance, la cuisine japonaise séduit le monde entier. On connaissait les ramens et le curry mais depuis peu, les restaurants d’onigiris poussent comme des champignons. De quoi faire de l’ombre à nos boulangeries ?Fiona Bonassin
L'essentiel
- La Japan Expo 2025 se tient jusqu’au 6 juillet, à Paris au Parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte. L’occasion pour 20 Minutes d’une série d’articles sur les liens culturels entre Fra, ce et Japon.
- Aujourd’hui, nous nous penchons sur l’onigiri, triangle de riz fourré qui se mange sur le pouce au Japon, et qui a de plus en plus de succès en France.
- Le sandwich jambon-beurre, emblème de la pause déjeuner française avec 1,2 milliard d’unités vendues par an, pourrait-il être concurrencé ?
A notre gauche, un triangle de riz enveloppé d’une algue nori, farci au thon-mayo ou à l’umeboshi. A notre droite, le roi incontesté des pauses déjeuner françaises, le sandwich jambon beurre. Le combat semble gagné d’avance pour l’en-cas français, pourtant, les onigiris gagnent du terrain dans l’Hexagone. L’onigiri japonais peut-il vraiment détrôner notre cher jambon beurre pour la pause déjeuner ?
Avec ses 1,2 milliard d’unités vendues chaque année en France selon une étude de Gira Conseil, le sandwich jambon beurre est une institution de la pause repas. Pain croustillant, beurre demi-sel, jambon de qualité ou pas, il incarne la simplicité et le réconfort. « C’est rapide, pas cher, et ça cale », résume Camille, 27 ans, croisée dans une boulangerie parisienne. Mais ce classique indémodable commence à sentir la concurrence souffler dans son dos.
« Le sandwich jambon beurre est en baisse en volume cette année, non pas parce qu’il est moins bon mais parce qu’il est attaqué d’année en année par des alternatives telles que le bagel par exemple. »
Un en-cas passe-partout
Par ailleurs, le jambon beurre monte de plus en plus en gamme, à l’image de celui proposé par le Ritz à 15 euros, et celui à 7 euros 90 dans le restaurant d’Éric Fréchon à Paris. Des prix qui augmentent avec le choix de mettre des ingrédients de qualité à l’intérieur. Mais qui peut se permettre de payer huit euros son sandwich tous les jours ? Pas grand monde… C’est là que l’onigiri japonais fait sa petite révolution : pratique à manger et peu cher. Il a tout pour plaire.
Importé du Japon, l’onigiri séduit par son format compact et ses saveurs variées. « Ce produit, c’est plutôt un en-cas que l’on va acheter un peu n’importe quand. A 7 heures du matin des gens qui vont prendre le métro peuvent en manger mais aussi à 18 heures ou même en gueule de bois », explique la journaliste spécialiste du Japon et autrice de Japan Cantina, Clémence Leleu. Une praticité qui a séduit Léa, adepte des pauses déjeuners nippones : « C’est léger, pratique, et ça change du sempiternel sandwich ».
L’onigiri en folie
Thon-mayo, saumon grillé, poulet teriyaki ou même options véganes, l’onigiri s’adapte à tous les goûts. « Les onigiris, pour moi, c’est beaucoup plus que le jambon beurre. C’est vraiment un élément essentiel de la gastronomie japonaise, explique Xavier Marchand, cofondateur de l’épicerie japonaise iRASSHAi. Déjà, le jambon beurre, c’est un type de sandwich. L’onigiri, c’est une catégorie entière. On peut tout mettre à l’intérieur, que ce soit des produits haut de gamme ou des produits plus basiques comme le traditionnel thon mayo. »
Depuis l’ouverture de sa boutique parisienne il y a deux ans, ces petits tas de riz sont proposés à l’achat et le succès est au rendez-vous, constate l’homme d’affaires passioné du Japon.
« « On en fait une centaine par jour. Pas plus car nous sommes limités en matière de production mais nous allons recevoir une deuxième machine pour augmenter le nombre. Tous les jours ils sont tous vendus, sans aucune perte. Le gros point fort comparé aux sandwichs jambon beurre c’est que l’onigiri peut se consommer à midi mais aussi vers 18 heures. » »
Le business fou des produits nippons
Le succès des onigiris va de pair avec l’intérêt incroyable que portent les Français à la culture Japonaise, que ce soit via les films, la littérature et la gastronomie. « La France est une grande consommatrice de culture japonaise et la cuisine ne fait pas exception. Il y a peu d’endroits dans le monde où on accorde autant d’importance à la cuisine dans la vie quotidienne que chez nous ; et le Japon est l’un d’entre eux », explique Lucie Renard, spécialiste du voyage au Japon à Japaventura.
Les experts s’accordent tous pour dire que le pays est très à la mode en France grâce à la variété des plats et le côté sain des recettes. Pour le boss de l’épicerie iRASSHAi, « la cuisine nippone est hyper riche et il y en a pour tous les goûts, cela va du gastronomique aux recettes très populaires. Il y en a pour tous les prix et c’est cela qui fait aussi sa richesse ». Des prix doux mais aussi des produits plus bruts.
Notre rubrique Tendance Food« La cuisine japonaise authentique est saine et s’appuie sur des ingrédients non transformés. On recommence chez nous à faire plus attention à l’aspect nutritionnel de nos repas et un onigiri c’est trois ingrédients naturels, quatre si on compte le sel. »
Seul ombre au tableau, au Japon, le riz se fait de plus en plus rare comme le rappelle Clémence Leleu : « Si chez nous le riz n’est pas cher du tout, là-bas le riz augmente et les paysans ont dû se mobiliser contre le gouvernement. Les récoltes sont utilisées pour le bétail et pour l’exportation. Pour la consommation locale, ils ont été obligés de puiser dans les stocks et d’acheter du riz aux pays étrangers. » Une première depuis plus d’une centaine d’années. Sans oublier que les Nippons « mangent de plus en plus de nouilles et de pain. La consommation de riz a été divisée par deux depuis les années 1960 », note la journaliste. Si les Français raffolent des snacks traditionnels japonais, les locaux eux adoptent des habitudes alimentaires plus occidentales… Un jour, le jambon-beurre sera peut-être plus populaire à Tokyo qu’à Paris.



















