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Pourquoi on a délaissé les bars et les terrasses de café pour les « coffee shops » ?
LATTE MATCHA•Nourriture réconfortante, lieu de travail, esthétique instagrammable… Les « coffee shops » ont trouvé la bonne recette pour se faire remarquerDora Christian
L'essentiel
- Les coffee shops sont devenus très populaires grâce à leur ambiance cosy « comme à la maison ». Comme l’explique Hoëlle Jego, fondatrice des coffee shops Lactem : « c’est un endroit où l’on se sent bien ».
- Ces établissements s’inscrivent dans la tendance du « gourmand » et du « healthy », proposant des produits personnalisables et de qualité supérieure, ce qui justifie des prix souvent plus élevés.
- Les coffee shops deviennent de véritables marques et lieux de rendez-vous, fidélisant leur clientèle grâce à une identité forte et des produits dérivés (mugs, tasses, etc.)
Cela n’aura échappé à personne : il y aura bientôt plus de coffee shops que d’opticien ou de coiffeur dans les centres-villes. Impossible de rater l’un de ces posts « æsthetic » avec un ordinateur et un matcha vanille (option latte art) sur Instagram, ou une story avec le mug de son coffee shop préféré à la main. Ancrés dans l’esprit New-yorkais, ces espaces multifonctionnels ont su voler la vedette aux terrasses de café et aux bars, une tradition pourtant bien de chez nous.
Mais comment ont-ils fait ? Après 7 ans d’activité, et une nouvelle adresse à Palais Royal, Hoëlle Jego, fondatrice des coffee shops Lactem a expliqué à 20 Minutes, comment ces lieux réussissent à capter l’intérêt des anciens adeptes des « happy hours » et à charmer de nouveaux consommateurs.
Le coffee shop répond à la tendance du « gourmand »
L’heure est aux tendances food gourmandes ! Et depuis que le marketing s’y mêle, notre quotidien est marqué par la nourriture, notamment les pâtisseries et viennoiseries qui envahissent les réseaux sociaux et les affiches publicitaires.
On pense à la récente campagne de Rhode, (la marque de soins de Hailey Bieber) pour laquelle elle s’affiche avec un Cinnamon roll. Ou celle de celle de Simon Jacquemus, qui mise sur les célèbres tasses de café. Et le luxe n’est pas en reste. Rappelons l’ouverture des corners de pâtisseries de Nina Ricci ou Louis Vuitton par exemple.
Les coffee shops s’inscrivent donc parfaitement dans ce désir d’alimentation plus réconfortante, plus gourmande. Avec au menu, des donuts, des cookies, des bagels, inspirés des goûters américains.
Symboles de ce style de vie très New-Yorkais, ces QG stylés deviennent à leur tour « des marques » pour perdurer dans ce créneau, raconte Hoëlle Jego, qui cite l’exemple de Starbucks. Ils parviennent depuis des années à fidéliser leurs clients en s’appuyant sur la demande et la tendance de la saison. Constatez que tout bon coffee shop finit par proposer du « pumpkin spice latte » l’automne et vendre son propre mug en vitrine.
Au coffee shop, comme à la maison
Si on est friands de ces espaces, c’est d’abord parce qu’on s’y sent « comme à la maison », confie Hoëlle, « c’est un endroit où l’on se sent bien », où l’on veut rester posé. Banquettes, coussins, playlist apaisante, wifi haut débit à disposition… La décoration style « cosy » et « cocooning » des coffee shops donne l’impression d’être confortablement installé dans son salon. Et à la différence d’un bar ou d’une terrasse de café, il n’y a pas d’heure de rush ou de service. Forcément le client y voit là une adresse idéale pour rester plus longtemps, (tant qu’il consomme).
Outre son charme lié au confort, le coffee shop s’apparente de près à un espace de coworkings. « Depuis le Covid-19, on sort davantage », explique Hoëlle. Les coffee shops deviennent donc le bon compromis pour échapper à son domicile tout en travaillant dans le calme. Il y a même toujours des prises près de chaque fauteuil.
Le sur-mesure et la qualité
La fondatrice de Lactem l’admet : « l’offre dans les coffee shops est beaucoup plus chère ». En moyenne 5,50 euros une boisson contre 3 euros dans un café standard. Cet écart de prix, elle le justifie par « la qualité des ingrédients ». Les coffee shops garantissent généralement le « fait maison », les ingrédients locaux, du lait frais, (non UHT qu’on retrouve en supermarché) et « un café supérieur ». « Chez Lactem, il est torréfié à Paris », insiste Hoëlle.
« Les consommateurs sont prêts à payer plus pour ce service client personnalisé », poursuit l’entrepreneuse. Latte, Latte vanille, Latte matcha vanille supplément collagène, version froide ou chaude ? Les boissons sont personnalisables à souhait et la proposition est large, avec cinq types de laits différents en moyenne : vache, avoine, amande, coco et soja.
C’est aussi ce service « premium » qui attire les consommateurs soucieux de manger « gourmand » mais « healthy ». La propriétaire de Lactem confie même avoir déjà « changé la formule d’un cookie sur demande des clients », en déclinant tout en version végane ou sans gluten. Ils jouent la carte du « sur-mesure » pour attirer de nouveaux publics et surtout fidéliser la clientèle malgré les tarifs élevés. Car si vous dégotez la seule adresse qui vous crée un matcha fraise comme vous l’avez rêvé ou vu sur Pinterest, forcément vous reviendrez.


















