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« Trop cher, trop sale et pas pratique »… La pratique du vrac souffre encore des (mêmes) préjugés
votre vie, votre avis•A l’occasion du Mois du Vrac, « 20 Minutes » a demandé à ses internautes si faire leurs courses en vrac était entré dans leur pratique quotidienneBenjamin Chapon
L'essentiel
- Le Mois du Vrac se tient jusqu’au 31 mars.
- 20 Minutes a interrogé ses internautes sur cette pratique, qui vise à réduire les déchets mais aussi le gaspillage alimentaire.
- Hygiène, prix, organisation… Il existe encore de nombreuses barrières et idées reçues sur la consommation en vrac.
«Je ne vois pas l’intérêt de payer plus cher »… « Quand on voit le manque d’hygiène des manipulations, ça fait passer l’envie »… « C’est vraiment trop pénible d’amener ses contenants et ensuite de tout ranger chez soi, j’ai pas le temps pour ça »…. Voilà « en vrac », un panel de réponses à la question que 20 Minutes a posé à ses internautes : Vous êtes-vous (vraiment) mis au vrac pour vos courses ?
Alors que se tient le Mois du Vrac, l’association Réseau Vrac et réemploi déploie des outils de communication variés pour inciter les citoyens à adopter un panel de gestes pour éviter le gaspillage.
Gaspillage d’emballage, bien sûr, mais aussi d’aliments. « Quand on achète en vrac, on prend la dose dont on a besoin, explique Sylvie, gérante d’une Maison de la Bio dans les Yvelines. Nos clients adeptes du vrac réfléchissent à leurs besoins, établissent mieux leurs menus, et varient leur repas. Entrer dans cette habitude a des répercussions sur plein de domaines… »
Le mythe de la mite
Au Réseau Vrac, bien sûr, tout le monde est archi convaincu des bienfaits de faire ses courses en vrac. Mais chez les internautes de 20 Minutes, c’est pas gagné. « Les gens sont sales, ils tripotent les aliments, laissent leurs sachets semi-remplis sur les étagères quand ils s’aperçoivent que le prix ne leur convient pas, témoigne Dana, qui a été tentée de se mettre au vrac. J’ai aussi vu des gamins se servir en libre-service au rayon bonbons, et venir lécher le bec verseur… » Laure, une jeune maman qui a elle aussi essayé de passer au vrac, en est revenu : « Il y a trop de nourriture périmée, sans parler des bestioles, je n’ai pas confiance. » Dans un même ordre d’idée, Iris déplore d’avoir mis « des semaines pour me débarrasser de mites alimentaires qui avaient colonisé ma cuisine à cause de lentilles achetées en vrac… »
A ces problèmes d’hygiène, les réseaux de magasins spécialisés en vrac répliquent que les nouvelles normes permettent de rendre ces désagréments de plus en plus rares. Pour résumer la communication du Réseau Vrac, qui vante par ailleurs le dynamisme français en la matière avec « 950 épiceries spécialisées dans la vente en vrac et le réemploi, et plus de 10.000 points de vente disposant de rayons vrac », le mythe de la mite a vécu. Virginie, qui « fait ses réserves une fois par mois avec des bocaux » et ce « depuis des années » témoigne qu’elle n’a pas eu de problème depuis longtemps. « En gros, depuis le confinement, l’hygiène est irréprochable dans les boutiques que je fréquente ».
Des prix pas emballants
Autre argument souvent avancé par nos internautes pour dire non au vrac : le prix. « A mes yeux le vrac devrait pouvoir être moins coûteux qu’un produit identique avec emballage, explique Eric. J’ai testé, dans un hyper où j’ai mes habitudes. 100 grammes de pâtes. Pour le même poids, c’était plus cher en vrac qu’en paquet…. De ce fait, au vu de mon maigre budget, le choix était vite fait. Je me mettrais au vrac lorsque le produit sans emballage sera moins cher que celui avec. »
« Quand on achète en vrac, on achète la juste quantité, donc on gaspille moins, répond Sébastien Gonfroy, directeur de la communication de Réseau Vrac et Réemploi. Ainsi, acheter au plus juste, c’est aussi faire des économies. »
De l’or-ga-ni-sa-tion
Dernière idée reçue anti-vrac à battre en brèche : c’est compliqué. La plupart des consommateurs exposent cette raison pour expliquer qu’ils ne passent pas au vrac. Et c’est sur ce point que la campagne du Mois du Vrac insiste tout particulièrement. « Comme ce sont des gestes un peu ennuyeux, contraignants au quotidien, on fait cette campagne pour montrer qu’on a presque tous déjà plus ou moins attesté, ou assimilé, certains gestes, explique Sébastien Gonfroy. On essaye de mettre en lumière ce mode de vie et on laisse après tout le monde se l’approprier. »
« Je reconnais que je pourrais aisément acheter des pâtes en vrac par exemple, je n’y ai juste jamais vraiment pensé, explique Florian, un internaute de 20 Minutes. Ce genre d’initiative et de mouvement va me faire changer sur certains points. » Stephen aussi aimerait faire preuve de bonne volonté : « Nous essayons un maximum, en étant en ville, c’est plus simple, quasiment toutes les enseignes autour de chez nous le proposent. Le vrac demande un poil plus d’organisation logistique : achat de bocaux et contenants pour pouvoir stocker les denrées chez nous… Venir avec les contenants en boutique on n’y pense pas forcément, c’est un pli à prendre de notre côté. On achète bien nos fruits et légumes en vracs, donc le reste c’est faisable aussi ! »
D’ici 2040, date à laquelle les emballages plastiques à usage unique auront été interdits par la loi antigaspillage, il faudra avoir pris le pli.


















