En manque de touristes, l’Iran sort le grand jeu auprès des pays voisins
tourisme•l’Iran tente de diversifier son offre touristique dans les régions frontalières du nord-ouest et sur les bords du Golfe20 Minutes avec AFP
«L’Iran doit montrer au monde son humanité s’il veut attirer plus de touristes », résume Hamid Shateri, propriétaire d’une agence de voyages à Téhéran. Des efforts sont ainsi menés dans le Nord-Ouest, une région située hors des sentiers battus, proche de la Turquie, l’Irak, l’Arménie et l’Azerbaïdjan.
Opération reconquête des vacanciers
Pour arriver à ses fins, l’Iran vante notamment sa culture, l’hospitalité de ses habitants et le faible coût de l’hébergement. Des arguments qui visent à contrebalancer les obligations qu’impose la République islamique aux voyageurs, comme le port du voile, la non-consommation d’alcool ou les restrictions à la vie nocturne. Les visiteurs y ont le choix entre la grande ville Tabriz et son bazar réputé, l’éco-tourisme au milieu des falaises d’Aras, récemment entré dans la liste des géoparcs de l’Unesco, ou les élégantes églises arméniennes.
« Tout au long de l’année, de nombreux touristes arméniens viennent visiter le monastère de Saint Stephanos » du IXe siècle, également répertorié à l’Unesco, témoigne l’archevêque Krikor Chiftjian, prélat des diocèses des provinces d’Azerbaïdjan est et ouest. Situé dans une vallée sauvage, ce monastère, autrefois endommagé, représente pour les Arméniens un témoignage important de leur influence culturelle dans le nord-ouest de l’Iran. L’Iran cherche aussi à attirer les habitants des pays du Golfe, notamment les Emirats, sur les îles de Kish et de Qeshm, qui offrent un cadre plus relax avec plages, hôtels de luxe et centres commerciaux.
Les raisons de ce tourisme en baisse
Il y a quelques années, l’Iran attirait beaucoup d’Européens avant que leur nombre ne s’écroule. « Ils ont peur de venir », confie Hamid Shateri. En effet, depuis deux ans, de nombreuses capitales occidentales « déconseillent formellement » à leurs ressortissants de se rendre dans le pays, en raison notamment des risques d’arrestations et de « détention arbitraire ». Ces recommandations restent en vigueur cet été, même si Téhéran a relâché sept Européens ces derniers mois, dont certains ont été échangés avec des Iraniens incarcérés en Europe. Il resterait malgré tout une vingtaine d’Européens détenus en Iran, dont quatre Français.
L’expert Babak Babali y voit un espoir : « Téhéran montre une volonté de surmonter les tensions, mais cela prendra du temps avant que les Européens ne reviennent en nombre ». Au total, le pays a accueilli 4,1 millions d’étrangers en 2022, un chiffre en progression après la chute provoquée par l’épidémie mais qui reste faible puisqu’il ne pèse que 0,4 % des voyages touristiques à l’échelle mondiale, selon des statistiques de l’Organisation mondiale du Tourisme citées par les médias iraniens.


















