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Quels sont les bienfaits de la myrtille ?
Appréciée pour sa saveur, la myrtille attire aussi l’attention des chercheurs. Derrière ce petit fruit se cachent des bienfaits encore méconnusFostine Carracillo pour 20 Minutes
L'essentiel
- La myrtille, riche en anthocyanes et en polyphénols, est étudiée pour ses effets potentiels sur la santé cardiovasculaire, les fonctions cognitives et l’équilibre intestinal.
- Les recherches suggèrent des bénéfices intéressants, même si les résultats varient selon les profils et nécessitent encore des confirmations à long terme.
- Facile à intégrer au quotidien, fraîche ou surgelée, elle se conserve simplement et trouve facilement sa place dans une alimentation équilibrée.
La myrtille se glisse souvent dans un bol ou un dessert pour sa saveur douce et légèrement acidulée, mais son intérêt ne s’arrête pas au goût. Derrière sa couleur bleutée, ce petit fruit est aussi réputé pour ses effets bénéfiques sur l’organisme, grâce à sa richesse en composés protecteurs. C’est d’ailleurs ce qui explique sa place parmi les aliments « santé » que l’on cite régulièrement sans toujours en connaître les raisons. Justement, l’idée est simple : au-delà du plaisir, ces baies peuvent apporter un vrai plus au quotidien.
Le bon réflexe pour le cœur
Parmi les pistes les plus étudiées ces dernières années, celle de la santé cardiovasculaire revient régulièrement lorsqu’il est question de myrtilles. Une étude publiée dans la revue Critical Reviews in Food Science and Nutrition, basée sur douze essais cliniques menés sur plus de vingt ans, met en avant des effets positifs observés avec la consommation de myrtilles sauvages, une variété particulièrement riche en composés actifs. Les chercheurs décrivent notamment une amélioration de la fonction vasculaire, avec des vaisseaux sanguins plus aptes à se dilater et à s’adapter aux besoins de la circulation. Certaines études relèvent des effets mesurables peu de temps après la consommation, tandis que d’autres rapportent des bénéfices après plusieurs semaines d’apports réguliers.
Les mécanismes avancés impliquent notamment une meilleure disponibilité de l’oxyde nitrique, une molécule clé pour la dilatation des artères et la bonne circulation sanguine. Des essais cliniques menés chez des adultes plus âgés montrent ainsi qu’une consommation quotidienne équivalente à environ 180 g de baies pendant douze semaines peut être associée à une amélioration de certains marqueurs cardiovasculaires, comme la pression artérielle ou la capacité des vaisseaux à se dilater. Les auteurs restent toutefois prudents : ces résultats varient selon les profils et les protocoles, mais ils confirment l’intérêt croissant des myrtilles dans le cadre d’une alimentation favorable à la santé du cœur.
Un soutien potentiel pour les fonctions cognitives
La myrtille ne suscite pas seulement l’intérêt pour ses effets cardiovasculaires : plusieurs travaux s’intéressent aussi à son rôle possible sur le cerveau. Des études cliniques suggèrent qu’une consommation régulière pourrait être associée à une amélioration de certaines fonctions cognitives, notamment la mémoire de travail, l’attention et la concentration. Dans un essai contrôlé, des participants ayant consommé pendant douze semaines une boisson à base de poudre de myrtilles sauvages ont montré des performances supérieures lors de tests cognitifs, avec une progression d’environ 8,5 % sur des tâches d’attention et une meilleure précision par rapport au groupe placebo. Ces résultats s’inscrivent dans une littérature plus large, dont une étude publiée dans la revue Nutrients, qui observe des effets positifs après une consommation quotidienne équivalente à une demi-tasse de myrtilles pendant trois mois.
Les chercheurs avancent plusieurs pistes pour expliquer ces bénéfices potentiels. Une meilleure circulation sanguine cérébrale pourrait favoriser l’oxygénation du cerveau, tandis que les composés antioxydants et anti-inflammatoires présents dans les baies seraient susceptibles de soutenir le fonctionnement neuronal. Les travaux publiés restent prudents, mais convergent vers une même idée : intégrée régulièrement à l’alimentation, la myrtille pourrait contribuer à maintenir certaines capacités cognitives, notamment celles liées à la mémoire et à l’organisation mentale.
Un coup de pouce naturel pour l’équilibre intestinal
Au-delà de ses effets déjà étudiés sur le cœur ou les fonctions cognitives, la myrtille attire aussi l’attention des chercheurs pour son influence possible sur l’équilibre intestinal. Les données scientifiques publiées dans Critical Reviews in Food Science and Nutrition rappellent que ses fibres et ses polyphénols atteignent en grande partie le côlon, où ils sont transformés par le microbiote en métabolites actifs. Ces composés issus de la digestion représenteraient une part importante des molécules circulant dans le sang après la consommation d’aliments riches en polyphénols. Parmi les travaux cités, un essai clinique de six semaines a observé qu’une consommation quotidienne de poudre de myrtilles sauvages était associée à une augmentation de bactéries bénéfiques du genre Bifidobacterium, un résultat qui amène certains chercheurs à évoquer un effet proche de celui des aliments probiotiques.
Les données disponibles suggèrent aussi un intérêt potentiel sur le plan métabolique. Plusieurs études cliniques rapportent des améliorations liées à la gestion du glucose et de l’insuline, notamment chez des personnes présentant un surpoids ou une sensibilité métabolique plus marquée. D’autres travaux signalent des évolutions favorables de certains marqueurs sanguins, comme le cholestérol ou les triglycérides, même si les résultats restent variables selon les protocoles. Les chercheurs insistent donc sur la prudence : les signaux sont encourageants, mais des études plus larges et de plus longue durée restent nécessaires pour confirmer pleinement ces effets.
Le rôle clé des anthocyanes
La myrtille apporte bien sûr des fibres, des vitamines et des minéraux intéressants, mais ce qui retient surtout l’attention des chercheurs se trouve ailleurs. Sa couleur bleu profond n’est pas qu’un détail visuel : elle signale la présence d’anthocyanes, des pigments naturels issus de la famille des flavonoïdes, aujourd’hui considérés comme les principaux acteurs de ses effets bénéfiques. Autrement dit, ce n’est pas seulement la richesse nutritionnelle globale du fruit qui compte, mais surtout ces composés spécifiques, capables d’interagir avec différents mécanismes de protection de l’organisme.
Des travaux menés notamment au King’s College de Londres suggèrent que ces anthocyanes expliquent une grande partie des effets observés dans les études, davantage que les vitamines ou les minéraux présents dans la baie. Leur intérêt réside dans leur action antioxydante et anti-inflammatoire, deux leviers souvent cités dans la recherche pour limiter le stress oxydatif et soutenir le bon fonctionnement cellulaire.
Les bons réflexes pour profiter des myrtilles
Pendant la saison estivale, entre juillet et la fin septembre, les myrtilles fraîches restent le choix le plus simple pour profiter de leur texture et de leur goût. Elles se glissent facilement dans un yaourt, un bol de muesli ou un petit-déjeuner rapide, sans préparation particulière. Hors saison, les versions surgelées constituent une alternative pratique et intéressante, car elles conservent bien leurs qualités nutritionnelles. Elles trouvent alors leur place dans des recettes variées, des desserts comme les tartes ou les muffins jusqu’aux coulis, mais peuvent aussi apporter une touche originale à certains plats salés, notamment en accompagnement de viandes blanches ou de volailles.
Côté quantités, une portion correspond en moyenne à environ 140 grammes. La myrtille ne présente pas de contre-indication particulière, mais une adaptation reste préférable en cas de sensibilité digestive, chacun pouvant ajuster la quantité selon sa propre tolérance. Son petit format facilite justement le dosage au quotidien, ce qui permet de l’intégrer facilement à l’alimentation sans bouleverser les habitudes.
Myrtilles sauvages ou cultivées : quelles différences ?
La culture de la myrtille s’est largement développée à travers le monde, avec des filières en pleine expansion dans plusieurs pays comme le Maroc ou le Pérou, tandis que l’Amérique du Nord reste un acteur majeur de la production mondiale. À côté de ces cultures intensives, la cueillette de myrtilles sauvages existe toujours, même si elle reste plus difficile à quantifier. Pour les amateurs de jardinage, il est aussi possible d’en cultiver chez soi, à condition de planter plusieurs variétés pour favoriser la pollinisation et d’installer les arbustes dans une zone légèrement ensoleillée, propice à la venue des insectes.
Sur le plan nutritionnel, une distinction est souvent faite entre la myrtille sauvage, plus petite et à la pulpe foncée, et la myrtille cultivée, généralement plus grosse et à la chair claire. Cette différence de couleur traduit une teneur plus élevée en anthocyanes dans les variétés sauvages, ce qui explique leur intérêt particulier dans certaines études. La cueillette en pleine nature demande toutefois quelques précautions, car les fruits poussant près du sol peuvent être exposés à des contaminations environnementales. Le risque reste rare, mais une cuisson des fruits, notamment en compote ou en tarte, permet de profiter des myrtilles en toute tranquillité.
La méthode à retenir pour conserver les myrtilles longtemps
La myrtille fait partie des fruits délicats, qui demandent un minimum de précautions pour rester fraîches plus longtemps. Une fois à la maison, l’idéal est de les placer rapidement au réfrigérateur, dans un contenant propre et fermé, afin de limiter l’humidité et d’éviter qu’elles ne s’abîment trop vite. Au moment de l’achat, un petit coup d’œil suffit souvent à repérer les barquettes contenant des fruits écrasés ou fragilisés, ce qui peut accélérer leur détérioration une fois stockés.
Pour prolonger leur durée de vie, la congélation reste une solution simple et efficace. Les myrtilles supportent bien le froid et peuvent ainsi être conservées plus longtemps sans perdre leur intérêt culinaire.



















