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Trois façons de mieux reconnaître les signes de la dépendance affective

Dépendance affective : Trois façons de mieux la reconnaître

RelationsOn a consulté la psychothérapeute Assa Djelou pour nous éclairer sur ce manque d'estime de soi
Trois façons de mieux reconnaître les signes de la dépendance affective
Dora Christian

Dora Christian

L'essentiel

  • Assa Djelou, thérapeute spécialisée en psychologie cognitive, décrit 3 cas de figures qui sont les signes les plus communs de la dépendance affective.
  • « Ces situations vont créer un déséquilibre émotionnel, des failles ayant une incidence directe sur le réservoir affectif » explique la thérapeute.
  • « L’amélioration ne se fait en aucun cas avec le rabaissement ou l’humiliation », insiste Assa Djelou.

La dépendance affective se caractérise par un besoin persistant, voire excessif d’être pris en charge, rassuré ou approuvé par les autres. Pour être claire, c’est la personne un peu « collante » ou parfois totalement soumise qui accepte tout, souvent par peur du rejet. Cette pathologie reste dure à identifier car elle a plusieurs façons de se manifester et différents niveaux de gravité. Pour ne plus confondre simple sentiment d’amour et début de dépendance émotionnelle, Assa Djelou thérapeute, spécialisée en psychologie cognitive nous livre les trois cas de figures les plus communs.

Un besoin constant de l’autre

Une attache excessive peut être le premier signe de dépendance affective, prévient Assa Djelou. Ce schéma peut survenir à la suite d’un abandon, de l’absence d’un parent durant l’enfance, d’une éducation douloureuse ou à l’inverse d’une prise en charge affective excessive. « Ces situations vont créer un déséquilibre émotionnel, des failles ayant une incidence directe sur le réservoir affectif », affirme la thérapeute.

Ce comportement peut également conduire à la recherche permanente d’approbation d’autrui. Plus concrètement, l’individu peut être amené à annuler certains projets s’il n’est pas accompagné ou même transférer, déléguer certaines décisions personnelles importantes de son quotidien, qu’elles soient professionnelles, médicales ou relationnelles.

Tolérance excessive et injustifiée

Le deuxième signe de dépendance affective est le fait d’accepter de subir certaines situations anormales dans la relation, explique la thérapeute. Parmi elles, on peut énumérer les violences physiques, sexuelles mais aussi celles qui sont psychologiques. En effet, une dépendance émotionnelle peut engendrer une soumission pouvant cacher une emprise psychologique. Il y a une différence entre une critique constructive et des remarques récurrentes dans l’objectif de « rabaisser » ou créer un « désamour de soi », alerte la professionnelle. « L’autre qui est à côté de vous est censé vous accompagner à vous améliorer. Et l’amélioration ne se fait en aucun cas avec le rabaissement ou l’humiliation », insiste Assa Djelou.

Manifestation d’une hypersollicitation quotidienne

La thérapeute entend par ce troisième cas, un comportement passif où l’individu est constamment dans une position d’attente vis-à-vis de l’autre. Par exemple, le dépendant affectif va entendre que l’autre soit présent avant de commencer une activité sans jamais ne rien entreprendre seul. En clair, l’individu cherche sans cesse à être assisté. Attention, « vous êtes peut-être en train de vivre à travers cet interlocuteur », avertit la professionnelle. Celle-ci affirme que ces comportements peuvent s’avérer « douloureux » et « toxiques » autant pour les proches que pour soi-même.

Pour prendre en charge cette dépendance affective, la professionnelle recommande de se faire accompagner par un « professionnel de santé mentale ». Ce suivi permettra d’identifier les manifestations de la pathologie et de donner des pistes personnalisées afin de s’en libérer.