Fiona Bonassin
L'essentiel
- Fatima Aouad, alias Tema, a fondé Tema’s Cake en région parisienne. La pâtissière connaît le succès grâce à ses pâtisseries en trompe-l’œil.
- Après un parcours difficile elle s’est tournée vers sa passion pour la pâtisserie : « Avant, c’était soit l’esthétique, soit la pâtisserie. J’étais jeune, j’aimais beaucoup la beauté, donc je me suis dirigée vers l’esthétique. Mais par la suite, j’ai compris que c’était davantage la pâtisserie qui m’intéressait. J’adore pâtisserie avec ma maman, c’est avec elle que j’ai commencée ».
- Sa philosophie repose sur l’accessibilité avec des prix modestes (8 euros pour un trompe-l’œil, 6 euros pour un gâteau individuel) pour « cibler une clientèle modeste, qui n’a pas forcément les moyens de s’offrir de beaux gâteaux ».
Dans le 20e arrondissement de Paris, les jeunes observent à la fenêtre Fatima Aouad en pleine interview. Tout juste sortie de l’école, ils (re) connaissent très bien cette figure incontournable des réseaux sociaux. Avec ses gros gâteaux colorés et ses cupcakes, celle qui préfère qu’on l’appelle Tema a su conquérir le cœur et les palais des Franciliens.
Si la femme de 40 ans pâtisse depuis des années, elle a connu le succès grâce à des pâtisseries en trompe-l’œil façon Cédric Grolet mais vendus à des tarifs beaucoup plus doux. Depuis l’ouverture de sa première boutique à Aulnay-sous-Bois en 2019, sept autres adresses ont vu le jour, partout en Île-de-France et elle a même ouvert un laboratoire à Dubaï qui lui permet d’expédier ses créations dans les Émirats.
Une détermination à toute épreuve
Derrière la décoration girly de ses boutiques il y a des heures de recherche, des essais, des prototypes, parfois des déceptions, mais surtout une détermination sans faille. Celle de Tema (ou Fatima), fondatrice de Tema’s Cake, qui a fait de sa passion pour la pâtisserie le point de départ d’une aventure entrepreneuriale qui dépasse aujourd’hui les frontières françaises. Pourtant rien ne prédestinait la Franco-Algérienne au monde de l’entreprise dans l’univers sucré. Née en Algérie, elle arrive France à l’âge de 15 ans. Après un parcours scolaire difficile, elle s’oriente vers l’esthétique, un domaine qui l’attire. Mais en 2013, après avoir décidé de porter le voile, elle rencontre des difficultés à trouver un emploi dans son secteur.
C’est alors que sa passion pour la pâtisserie va la rattraper. « Avant, c’était soit l’esthétique, soit la pâtisserie. J’aimais beaucoup la beauté, donc je me suis dirigée vers l’esthétique. Mais par la suite, j’ai compris que c’était davantage la pâtisserie qui m’intéressait. J’adorais pâtisserie avec ma maman, c’est avec elle que j’ai commencée. J’ai alors commencé mon business dans ma cuisine », nous raconte-t-elle. Une dizaine d’années après ses débuts, c’est une pâtisserie en forme de gousse de vanille ou de cacahuète qui fera sa gloire. Aujourd’hui elle a même quitté la France pour le soleil de Dubaï où elle vit depuis trois ans et emploie « plus d’une centaine de personnes, des commis, des chefs pâtissiers et ils n’ont pas forcément de diplômes. »
Beau, bon et accessible
Quelques années plus tard, c’est la consécration. À chaque ouverture d’une nouvelle boutique, c’est l’émeute et les clients viennent des heures en avance pour goûter ses créations. « Environ 90 % des idées viennent de moi. Après, je travaille avec mes équipes pour leur expliquer comment faire, on teste ensemble et on ajuste. Mais je n’ai d’équipe pour la recherche et le développement » explique la pâtisserie qui passe son temps à imaginer des nouveautés. Tema observe, voyage et s’inspire de ce qui l’entoure et laisse libre cours à son imagination. « Je peux prendre une feuille et un stylo en pleine nuit pour dessiner certaines choses. Je dors peu et je réfléchis beaucoup. » souffle même la femme d’entreprise.
Nos articles sur les tendances foodLa maison qui compte aujourd’hui plus d’une centaine d’employés suit toujours le même objectif : proposer des pâtisseries de qualité à des prix accessibles. Quand les trompe-l’œil d’un grand pâtissier comme Cédric Grolet s’affichent à prix palace, entre 17 et 25 euros, ceux de Tema sont vendus au tarif de 8 euros. « J’ai essayé de cibler une clientèle modeste, qui n’a pas forcément les moyens de s’offrir de beaux gâteaux. » explique Fatima Aouad. Le plaisir de la pâtisserie ne devrait pas être réservé à ceux qui disposent d’un budget important. Une philosophie qui participe à l’identité de la marque : allier créativité, qualité et accessibilité.
Retrouvez l’interview de Tema dans la vidéo en tête de cet article.