D.C.
L'essentiel
- Les piercings sur les mains, popularisés par North West, la fille de Kanye West et Kim Kardashian, représentent une tendance dangereuse.
- Les mains sont « la zone la plus sale du corps » et « il est impossible de maintenir un état de propreté suffisant », ce qui rend « les risques d’infection énormes » et « la cicatrisation impossible », avertit Laurent Mignot, fondateur du salon de piercing Aenima Paris.
- Ces piercings, souvent réalisés illégalement à domicile par des personnes non habilitées, élargissent les risques de contamination à des virus graves comme le VIH, l’hépatite ou l’herpès, en plus d’exposer « systématiquement à un rejet » et de laisser des cicatrices permanentes.
Les assemblages de piercings sur les oreilles sont devenus une tendance incontournable sur les réseaux sociaux. On voit de plus en plus d’internautes se percer de nombreux recoins de l’oreille pour les orner de bijoux qui match entre eux. Mais ce qu’on n’avait pas vu venir, ce sont ceux sur les mains. Depuis peu, ils font parler d’eux notamment à cause de North West, fille du rappeur Kanye West et Kim Kardashian, qui ne cache pas avoir percé ses mains. Cette tendance prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux, mais il semblerait que ce ne soit pas rassurant d’un point de vue sécuritaire et hygiénique. On vous explique pourquoi.
Une tendance dangereuse qui refait surface
« Il n’est pas nouveau que des personnalités issues des réseaux sociaux lancent des tendances absurdes, voire dangereuses. Le cas malheureux de cette jeune fille de 13 ans n’y fait pas exception », déplore Laurent Mignot, fondateur du salon de piercing Aenima Paris, en faisant allusion aux piercings sur la main de North West.
Si ces bijoux semblent en surprendre plus d’un sur les réseaux sociaux, la jeune adolescente est loin d’avoir lancé la tendance. À 20 Minutes, Laurent Mignot, qui perce depuis 1998, explique qu’il s’agit en réalité d’un retour de mode, déjà vu il y a quelques années.
Celle-ci concernait plus spécifiquement « la pose dans les doigts d’implants microdermiques », explique le professionnel pour qui ces « pseudo-piercings » sont un « désastre ». D’une part en raison de leur dangerosité, mais aussi de la visibilité dont cette tendance bénéficie aujourd’hui grâce aux millions d’abonnés de la jeune chanteuse.
Des risques graves de contamination
Selon Laurent Mignot, cette tendance pose deux problèmes. Premièrement, elle influence de nombreuses jeunes filles, souvent peu informées des risques, à copier une tendance qu’elles voient chez la jeune star dont elles sont fans. De l’autre, il souligne le caractère « irresponsable » des personnes offrant ouvertement ce type de prestations. En effet, les mains sont la zone la plus sale du corps, constamment exposées aux bactéries. Il est de ce fait « impossible de maintenir un état de propreté suffisant. Les risques d’infection sont donc énormes », rappelle le perceur professionnel avant de poursuivre : « Les piercings sur les mains exposent systématiquement à un rejet. La cicatrisation est impossible ».
De plus, « sur ces zones étant très innervées et vascularisées, le risque de dommages est réel », poursuit Laurent Mignot. À la suite de rejets ou d’une mauvaise cicatrisation, des marques inesthétiques peuvent être visibles à vie. Mais au-delà de l’aspect esthétique, ces piercings, souvent réalisés par des personnes non habilitées, de façon illégale à domicile comme on peut le voir sur les réseaux sociaux, élargissent les risques de contamination via le sang ou le matériel à des virus graves comme le VIH, l’hépatite ou l’herpès.