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Ousmane Dembélé a-t-il cramé (pour de bon) son crédit en équipe de France ?

France - Belgique : Après 71 sélections (et beaucoup de patience), peut-on encore croire à Dembélé en Bleu ?

OUS' DOWN•Titularisé à droite de l’attaque tricolore, Ousmane Dembélé a de nouveau déçu et devra faire beaucoup mieux pour espérer garder sa place de titulaire dans la nouvelle équipe de France de Zidane
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • Ousmane Dembélé a livré une performance très décevante lors du match France-Belgique au Stade de France : il est le joueur français ayant le plus perdu de ballons (22), il n’a cadré aucune de ses cinq frappes et a été à l’origine du contre belge ayant mené à l’ouverture du score.
  • Malgré cette prestation ratée, le sélectionneur a défendu son capitaine du soir. « Je l’ai trouvé très bien, il a été très dynamique. Il n’y a pas de souci de ce côté-là », a estimé Zidane.
  • Mais sur ce rassemblement, Dembélé aura souffert de la comparaison avec les autres attaquants, notamment Michael Olise, Rayan Cherki et Désiré Doué, qui ont fait basculer le match quand ils sont entrés. La concurrence s’annonce très rude pour le Parisien, qui affiche des statistiques modestes en sélection (13 buts en 71 sélections).

Au Stade de France,

Accusé Dembélé, levez-vous. Ce n’est pas le premier procès instruit en équipe de France contre le double champion d’Europe en titre et cela pourrait paraître obscène, pour ne pas dire putassier, au vu du talent véritable de ce joueur, d’en remettre une couche cette fois-ci. Mais la performance d’Ousmane Dembélé lundi soir face à la Belgique a été telle qu’il serait criminel de notre part de ne pas évoquer l’éléphant dans la pièce.

Formidable leader avec le Paris Saint-Germain depuis l’arrivée de Luis Enrique dans la capitale, Dembouz est malheureusement retombé dans ses vieux travers avec le maillot de l’équipe de France sur le dos. Au sortir d’une Coupe du monde plutôt réussie à titre individuelle (jusqu’à cette ignoble demi-finale contre l’Espagne, évidemment), l’ancien Barcelonais avait l’occasion de montrer à Zidane que le meilleur était encore à venir. Il n’en fut rien. Au contraire, Dembélé est redevenu ce joueur de sélection quelconque, brouillon et, pour tout dire, agaçant au possible.

Le record de ballons perdus

On ne le savait pas encore à ce moment-là mais sa frappe totalement ratée après 45 secondes de jeu, alors qu’il venait de s’ouvrir un bel angle de tir à l’entrée de la surface, n’était qu’un avant-goût de tout ce qui allait suivre ensuite. Incapable de faire la différence en un contre un sur son côté droit, Dembélé a passé sa soirée à ignorer les appels de balle de Koundé le long de la ligne de touche, préférant revenir en permanence sur son pied gauche pour distribuer des ballons de piètre qualité.

Servi à foison par des coéquipiers qui semblaient voir en lui le leader technique lundi soir, dans une équipe privée de Mbappé (blessé), Olise, Cherki et Doué au coup d’envoi, Dembouz est le Français qui a le plus tiré, le plus raté (cinq frappes, aucune cadrée) et celui aussi qui a perdu le plus de ballons (22). C’est d’ailleurs sur l’une de ses nombreuses tentatives (manquées) de dribble que les Belges ont lancé la contre-attaque à l’origine de l’ouverture du score en première période.

Zidane ne charge pas son capitaine

Si l’on note tout de même deux centres réussis en direction d’Esteban Lepaul, cela reste évidemment trop peu pour un joueur de son calibre, un Ballon d’or qui a mis l’Europe à ses pieds ces deux dernières saisons. Et pour ne rien arranger, le pauvre homme n’a pas tenu la comparaison avec son remplaçant du soir, Michael Olise, lequel a montré en quelques minutes ce que Dembélé n’a pas montré en deux matchs au Stade de France.

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Car à cet ersatz de football face aux Belges, il faut ajouter le non-match du Parisien contre l’Italie, lui qui évoluait pourtant en faux numéro 9, son poste de prédilection désormais au PSG. A l’arrivée, le natif d’Evreux aurait dû profiter de cette séquence internationale pour consolider sa place de titulaire indiscutable en équipe de France, mais le capitaine du soir semble avoir fait l’exact opposé de ce qu’il fallait pour taper dans l’œil de Zizou, qui l’a pourtant nommé capitaine lors des deux derniers matchs en l’absence de Mbappé.

Seule consolation pour le Ballon d’or, les mots de son coach ne semblaient pas aller dans ce sens au sortir de ce match raté dans les grandes largeurs, même si Zidane a un peu bégayé au départ, comme s’il peinait à trouver les bons arguments pour défendre l’indéfendable :

« Je l’ai trouvé très bien, notamment, même, enfin… en début de match. Et même en début de deuxième mi-temps, il a été très dynamique. Il n’y a pas de souci de ce côté-là. Je suis satisfait de ce qu’il a fait, c’est notre capitaine et il a été exemplaire avec tous ses copains. Donc je suis content. »

La concurrence est rude pour Dembélé en Bleu

Notez qu’il aurait difficilement pu dire autre chose, du moins publiquement en conférence de presse. Mais on soupçonne l’ancien numéro 10 des Bleus de nous jouer de la mandoline pour ne pas froisser un joueur important du groupe France ces dernières années.

Reste que Dembélé ne pourra pas réitérer longtemps de telles performances, lui qui a d’ailleurs souvent bénéficié de la patience de Didier Deschamps malgré des statistiques faméliques pour un attaquant de ce niveau en sélection (13 buts en 71 sélections). Quand on voit de quoi ont été capables Michael Olise, Rayan Cherki et Désiré Doué à leur entrée en jeu, on se dit que le Parisien risque de souffrir de la comparaison si cela venait à se répéter.

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Preuve que Dembélé est bien un joueur à part, capable de mener le PSG sur le toit de l’Europe à deux reprises et de passer totalement à côté une fois enfilé le maillot bleu. C’est un crève-cœur autant qu’une anomalie. Et si on sait qu’il restera encore des gens pour dire qu’il faut se montrer patient avec lui et que la « routourne » finira par tourner en équipe de France, ils sont certainement de plus en plus nombreux à ne plus trop oser y croire. Et on voit mal comment leur donner tort ce matin.