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En manque de réussite, les Bleus restent bloqués à un but par match avec ZZ

France - Italie : « On méritait mieux »… En manque de réussite, les Bleus restent bloqués à un but par match

ligue des nations•L’attaque française pioche depuis l’arrivée de Zinédine Zidane comme l’a encore prouvé le match nul contre l’Italie en Ligue des nations. Le système des Bleus est pourtant tourné vers l’attaque
William Pereira

William Pereira

L'essentiel

  • L’équipe de France a concédé le nul (1-1) contre l’Italie en 3e journée de Ligue des nations. Les Bleus n’ont pas su convertir leurs occasions.
  • L’équipe de France a souffert d’une possession stérile en première période et d’un cruel manque de réalisme en seconde mi-temps.
  • Michael Olise apparaît comme la seule arme offensive vraiment efficace des Bleus en l’absence de Mbappé, malgré un système de jeu pensé pour être offensif avec des défenseurs qui montent haut et des milieux très présents dans la surface adverse.

Au Stade de France,

Zinédine Zidane a sa manière bien à lui de protéger ses joueurs. Quand ça ne va pas, ça va quand même. Adrien Rabiot envoie une patate chaude plein axe pour Da Cunha qui commet l’irréparable ? « Je ne vais pas rentrer dans ''c’est de la faute à qui''. Quand il y a une erreur, c’est de la faute à tout le monde et pas d’un seul joueur. »

Ousmane Dembélé continue d’enchaîner les performances inquiétantes en équipe de France, Mbappé ou pas, « guéguerres » ou pas, avec supplément gros raté en début de seconde période ? « Mais il a eu des occasions. Il s’est pas mal procuré d’occasions. Et puis, on pense toujours au but, on se dit toujours qu’il faut qu’il marque. A un moment donné, moi, je vois les choses autrement. »

Possession stérile et manque de réalisme

On paierait cher pour voir de la même manière que le sélectionneur a vu le match nul frustrant de ses joueurs contre l’Italie pour son retour au Stade de France. Il y a toutefois des choses sur lesquelles nous autres mortels pouvons rejoindre l’ancien numéro 10 du Real Madrid : d’abord, la possession de balle a été beaucoup trop stérile en première période, avec des circuits de passe stéréotypés et peu de choix audacieux. « Ce qui nous a manqué, c’est de la profondeur dans les 30 derniers mètres, parce que c’est là où tu fais la différence, analyse le sélectionneur. Prendre les petits espaces, et c’est vrai qu’on ne l’a pas fait. C’est ce qui nous a un petit peu manqué. »

Ensuite, une fois le souci réglé, les Bleus ont payé cher leur manque de réalisme en seconde, au grand regret de ZZ. « On méritait mieux, on a eu l’occasion de marquer le deuxième but. Je suis fier de mes joueurs et de ce qu’on a présenté. On s’est créé pas mal d’occasions, Donnarumma a été très bon et a sorti deux-trois ballons exceptionnels. » De l’aveu de l’intéressé, la frappe croisée de Rabiot lui a posé plus de problèmes que le tir spectaculaire de Camavinga ou la tentative à bout portant de Dembélé, qui, des trois, paraissait pourtant moins ratable vu des tribunes.

A part Olise, le désert offensif sans Mbappé

En ratant l’ouverture du score, le Ballon d’or sortant a manqué une occasion d’ouvrir la voie et ainsi s’épargner une énième prestation tout à fait oubliable en bleu, au cours d’une soirée où on ne l’a pas vu toucher une bille des 20 premières minutes, moment choisi par le Parisien pour décrocher au cœur du jeu. Une liberté appréciée par Zinédine Zidane - en même temps, que n’apprécie-t-il pas ? « Ousmane fait du Ousmane, je suis content, il bouge beaucoup, il sort très souvent de sa position et c’est ce qui nous intéresse. »

Règle numéro 1 en football : plus on parle des efforts sans ballon d’un attaquant, plus ça pue. Jurisprudence Benzema et la théorie de la libération des espaces pour justifier une saison 2017-2018 à cinq buts. Courir, c’est bien joli, en attendant, Michael Olise a des chiffres à faire valoir, lui : le Bavarois a été décisif 19 fois en 28 sélections, soit autant que Dembouz en… 70 matchs avec les Bleus. Bref.

Ajoutons à cela l’irrégularité de Désiré Doué, incapable de répéter un match de grande classe, ainsi que l’entrée moyennasse de Bradley Barcola (malgré un joli petit pont) et vous comprenez vite qu’Olise est la seule arme déstabilisatrice des Bleus en l’absence de Kylian Mbappé, qui doit bien se frotter les mains dans le carré VIP du « Boum Boum ». L’équipe de France aurait-elle fait mieux en sa présence ? Attention, réponse légendaire du double Z. « Ça, on ne peut pas le dire puisqu’il n’est pas là. Il est blessé donc il n’aurait pas pu nous aider. » C’est fort.

Pourtant, le système Zidane est tourné vers l’avant

Cette incapacité chronique à inscrire plus d’un but par match est d’autant plus paradoxale que le système que veut imposer le successeur de Didier Deschamps est pensé pour l’attaque, à commencer par l’attitude conquérante des défenseurs centraux. « C’est une consigne du coach, il me demande d’aller chasser très haut et ne pas regarder derrière moi », témoignait Jérémy Jacquet après le match nul. Quant aux milieux, Rayan Cherki a passé le clair de son temps à combiner avec Olise et Adrien Rabiot a touché 11 ballons dans la surface italienne, un record pour un milieu central de l’équipe de France sur les 20 dernières années.

Reste à savoir ce qui ne va plus dans cette équipe qui désossait la plupart de ses adversaires aux Etats-Unis il y a à peine trois mois. A moins qu’il ne s’agisse d’un concours de circonstances. « On est tombé aussi contre une équipe italienne qui, défensivement, est très bonne, rappelle Zinédine Zidane. C’est difficile de trouver les espaces. Ce sont des joueurs qui montent sur le porteur du ballon. » On va dire ça.