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Comme dans l’affaire Bardella, on a récupéré de vieilles conversations Messenger

Bardella accusé d’antisémitisme : On a tenté de récupérer d’anciennes conversations Messenger

RGPD•Si vous disposez d’un compte Facebook ou Instagram, vous pouvez facilement accéder à toutes vos anciennes données
Lou Momege

Lou Momege

L'essentiel

  • Dans son enquête sur des écrits antisémites attribués à Jordan Bardella, Mediapart explique s’être appuyé sur d’anciennes conversations Messenger.
  • Depuis 2010, Facebook propose en effet à ses utilisateurs de pouvoir consulter l’ensemble de leurs anciennes données.
  • Peu connue, cette fonctionnalité est accessible en quelques clics depuis un compte Meta.

Vous pensiez peut-être que vos anciennes conversations sur les réseaux sociaux sont perdues dans les limbes de votre passé numérique. Pas tout à fait. Elles sont conservées, du moins chez Meta, et vous pouvez les télécharger via votre compte, par exemple sous forme de pages web HTML.

20 Minutes a voulu tenter l’expérience sachant que c’est cette technique qui a permis à Mediapart de révéler des propos antisémites, imputés à Jordan Bardella alors qu’il était jeune adhérent au Front national. Ce ne sont pas directement les journalistes du média indépendant qui ont fait ces recherches mais un proche de l’époque, lequel est allé déterrer les archives de ses messages avec le désormais président du Rassemblement national. Mediapart a ensuite authentifié ces contenus, notamment avec l’aide d’un huissier.

Une fonctionnalité accessible à tous

Déjà, on peut remercier Frandroid, qui a élaboré un tuto pour retrouver ses conversations Messenger (et qui sert aux gens un peu perdus avec la technologie). Une fois sur Facebook, il suffit de se rendre dans les paramètres, puis dans l’onglet « Vos informations et autorisations » et de cliquer sur « Exporter vos informations ». Car oui, vous vous apprêtez à recevoir un véritable dossier sur tout ce que vous avez pu écrire, publier, liker sur Facebook.

Le but est ici de se replonger dans la nostalgie des débuts à la fac, juste après le bac. Notre recherche concerne donc la période du 28 août 2016 (qui est à peu près la date de création du compte utilisé) au 29 novembre 2017, histoire de limiter le temps de téléchargement. En fonction de la quantité d’informations demandées, les documents peuvent être très lourds et parfois prendre plusieurs jours à charger.

Il est également possible de sélectionner ce qu’on veut consulter : messages, publications, événements, stories… Le choix est large. Une fois que la recherche est précisée, Meta redemande le mot de passe du compte (s’en rappeler est sans doute l’étape la plus difficile) et l’opération est lancée.

Une mine de souvenirs

Il faut bien une heure pour télécharger les données demandées. Parmi les dossiers présentés, celui qui nous intéresse : « your_facebook_activity ». A défaut de propos antisémites, ce sont des conversations avec des amis perdus de vue, des commérages de fac ou des projets de groupe avortés qu’on retrouve. Certains utilisateurs n’ont plus de noms (ceux qui ont quitté Facebook), mais on peut les reconnaître au travers d’une anecdote ou d’une tournure de phrase. Dans le lot, on retrouve aussi des photos peu valorisantes ou des vidéos ultra-pixélisées, ainsi que les fameux GIFs qui pavaient, à l’époque, les conversations des utilisateurs assidus de Messenger.

Ces vestiges numériques qui datent d’il y a dix ans ne sont finalement pas si vieux à l’échelle de la messagerie, créée en 2008. Depuis 2010, chaque utilisateur peut d’ailleurs consulter l’ensemble de ses activités passées sur Facebook. Au sein de l’Union européenne, le Règlement général sur la protection des données (RGPD), facilite également l’accès aux données personnelles depuis 2018. Car sur Internet, rien ne disparaît jamais vraiment.