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« Genre », « en fait »… Pourquoi ces mots sont mis à mal sur TikTok ?
Bah ouais en fait

« En fait », « du coup », « genre » : C’est quoi ces « mots remplisseurs » boycottés sur TikTok ?

Le défi du moment sur TikTok consiste à bannir certains mots jugés inutiles des publications, et (du coup) ce n’est pas gagné
Christelle Pellissier

Christelle Pellissier

L'essentiel

  • Une nouvelle tendance TikTok consiste à relever le défi des « mots remplisseurs », où les utilisateurs tentent de ne pas prononcer pendant une minute des mots comme « bah », « du coup », « genre », « en fait » ou « en mode ».
  • Participant à ce défi, l’influenceur Just Riadh estime « important qu’on apprenne à utiliser la langue française comme il se doit, c’est-à-dire utiliser tous les mots du dictionnaire ».
  • Cette tendance fait débat sur le réseau social, nombre d’utilisateurs indiquant ne pas se reconnaître dans cette façon de parler - à savoir sans « mots remplisseurs ».

A chaque semaine sa tendance sur TikTok, mais jamais on n’aurait imaginé (vraiment jamais) que les utilisateurs voudraient en découdre avec les tics de langage nuisibles, selon eux, à la langue de Molière. C’est pourtant le cas avec le défi des « mots remplisseurs », ces termes considérés comme inutiles - mais que chacun utilise avec excès (bah ouais). « On va essayer de se maquiller ensemble sans dire de mots remplisseurs. […] Je suis la reine des mots remplisseurs : tout ce qui est ''genre'', ''en mode '', ''grave'' et tout. On va essayer de parler correctement. Déjà que dans la France de Macron, c’est dur, il faut avoir une bonne éloquence quand même », explique Lucie, utilisatrice suivie par plus de 170.000 personnes sur le réseau social.

@luciehzh

Faut voir comment j’étais concentrée 😹😹 @Kosas @niceworkparisoff @Fenty Beauty #motsremplisseur #pourtoii #grwm #mots #trend

♬ son original - L U C I E 🫦

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Le défi est assez simple, en apparence tout du moins, puisqu’il consiste à ne pas prononcer l’un de ces fameux « mots remplisseurs » (ou « filler words » en anglais) pendant une minute. Parmi les mots bannis des publications en question, figurent « bah », « du coup », « genre », « en fait », « euh », « en gros », « ben », et on en passe. Bref, vous avez compris l’idée, il s’agit de l’ensemble des mots qu'on utilise sans même s’en rendre compte, souvent à foison, et qui, selon certains, peuvent ternir notre belle langue de Molière.

Pour préserver la langue française (en fait)

Tout le monde a des tics de langage, que ce soit à l’oral ou à l’écrit, mais certains de ces « mots remplisseurs » semblent désormais omniprésents dans les conversations. Le dictionnaire Le Robert les définit comme « l’emploi d’un mot, d’un tour qui revient anormalement souvent dans le discours de quelqu’un », et certains sont même utilisés avec excès, volontairement ou non. C’est le cas de « en fait », « du coup », « genre » ou « en mode » qui figurent en tête de la liste des « mots remplisseurs » à boycotter - autant que possible - sur TikTok.

Mais pourquoi les utilisateurs du réseau social souhaitent-ils en finir avec ces mots jugés farfelus ? Tout simplement pour sauvegarder la langue française, « genre » oui carrément quoi. C’est ce qu’explique le vidéaste Just Riadh qui s’est prêté à l’exercice : « C’est assez compliqué. Je vous avoue que je ressens une sensation de claustrophobie […] mais je trouve qu’il est important qu’on apprenne à utiliser la langue française comme il se doit, c’est-à-dire utiliser tous les mots du dictionnaire. Pourquoi les remplacer par ''genre'', ''bah'', alors qu’on a un langage riche et varié ? », questionne l’influenceur face caméra en relevant non sans difficulté ce défi devenu viral.

Pas si inutiles (en fait)

Comme toute bonne trend qui se respecte, celle des « mots remplisseurs » fait débat sur les réseaux sociaux. Si beaucoup d’utilisateurs ont tenté le défi sur TikTok - avec plus ou moins de succès, il faut le préciser - nombre d’entre eux critiquent la tendance, estimant globalement qu’ils ne se reconnaissent pas dans cette façon de parler. Un peu vintage, voire robotisé (coucou ChatGPT) en somme. Et ils n’ont pas tout à fait tort, à en croire Gilles Col, professeur de linguistique à l’Université de Poitiers, interrogé sur les tics de langage en 2024 par TF1 Info.

« Ces mots sont des balises, comme pour naviguer en mer, qui ponctuent et mettent du liant au discours. Sans ces mots, comment s’articulerait le fond ? Il y aurait moins d’indices », affirmait-il. Ces « mots remplisseurs » peuvent donc être des « balises » générationnelles, voire régionales, comme le fameux « petit » que l’on utilise à toutes les sauces dans le sud de la France, sinon le traditionnel « putain » qui fait - carrément - office de virgule sous le soleil de Provence. Comment pourrait-on s’en passer ? Le débat est lancé.