Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Arras met la frite au centre du monde pour « défendre un savoir-faire »

Gastronomie : Arras met la frite au centre du monde pour « défendre un savoir-faire »

InterviewAuteure d’un livre sur les patates, Marie-Laure Fréchet raconte comment le premier championnat du monde et la nouvelle confrérie de la frite se sont mis en place, à Arras, dans le Pas-de-Calais
Gilles Durand

Gilles Durand

Il suffisait de se lancer. Samedi se tiendra à Arras, dans le Pas-de-Calais, le premier championnat du monde de la frite. Une compétition qui met aux prises une trentaine de candidats triés sur la friteuse. La patate frite sera donc mise à l’honneur sur un territoire, l’Artois, qui reste, plus que jamais une terre à pommes de terre. 20 Minutes a décidé de ne pas en perdre une miette en demandant à une membre du jury, Marie-Laure Fréchet, auteure du Grand livre des patates*, de nous raconter la genèse de ce nouveau rendez-vous ludique.

Comment est venue cette idée de championnat du monde de la frite ?

L’idée, c’est de défendre un savoir-faire, aussi bien professionnel que familial, en organisant un événement ludique sur le même modèle que la fête de l’andouillette qui a lieu tous les ans, fin août, à Arras. Le projet a commencé à mûrir en début d’année au sein de l’office de tourisme. L’objectif était aussi de surfer sur label européen de la gastronomie que la région des Hauts-de-France a obtenu cette année. Et en parallèle, nous avons créé la confrérie de la frite fraîche.

Il n’y avait aucune confrérie de la frite ?

Pas à notre connaissance. La réunion inaugurale et les premières intronisations de sympathisants ont eu lieu en août. Jean-Paul Dambrine, fondateur des friteries Sensas, fait partie de cette confrérie. J’en suis la présidente avec le titre de « Grande Huile ». Pour l’instant, nous sommes cinq. A terme, on devrait atteindre la dizaine.

Arras est-elle légitime pour organiser cet événement autour de la frite ?

Tout à fait. La ville abrite une dizaine de baraques à frites dans l’agglomération, il y en a une vingtaine. Aux alentours, la culture de la pomme de terre reste très présente. Et puis, ce championnat s’inscrit dans une perspective historique avec Charles de L’Ecluse, dit Clusius, un célèbre botaniste du XVIe siècle. Il est né à Arras qui appartenait aux Pays-Bas à l’époque. C’est un des premiers à s’être intéressé à la pomme de terre, deux siècles avant Parmentier, alors que tout le monde pensait que ce n’était que de la nourriture pour les cochons.

Comment va se passer ce championnat ?

Quatre catégories ont été définies : la frite familiale, la frite authentique, la frite créative et la sauce frite de l’année. La bonne nouvelle, c’est que nous avons des candidatures de partout. Certains viennent de Bretagne, mais aussi du monde entier, pas seulement de Belgique. De mémoire, il y a un candidat thaïlandais, un autre est espagnol. Plusieurs nationalités seront représentées. Tout ça au cœur d’un village de la frite avec des exposants et de nombreuses animations, avec une fanfare. Toujours autour de la frite et de la pomme de terre.

ça ne va pas être trop compliqué de goûter des frites toute la journée ?

Les épreuves auront lieu, en effet, toute la journée en public, sur la grand-place d’Arras. Je me prépare, repas léger la veille. On doit juger les techniques de cuisson. L’idée, c’est de découvrir des goûts non standardisés, des nouvelles manières de faire. On espère avoir de bonnes surprises.

* Paru en septembre 2023, chez Flammarion.