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A l’Euro, le ping français entend surfer sur la hype « phénoménale » venue des JO

JO 2024 : A l'Euro, le ping français entend surfer sur « l’engouement phénoménal » autour des frères Lebrun

tennis de tableLa première grande compétition internationale depuis le fol été olympique des Bleus du ping démarre ce jeudi à Linz, en Autriche
Nicolas Camus

Nicolas Camus

L'essentiel

  • Les championnats d’Europe individuels de tennis de table démarrent ce jeudi à Linz, en Autriche.
  • Tête de série numéro 1, Félix Lebrun rêve d’un premier sacre européen, quelques semaines après sa médaille de bronze aux JO de Paris.
  • Plus globalement, cette première grande compétition depuis cet été historique est l’occasion pour le ping français de s’inscrire pour de bon dans le paysage des sports qui comptent.

Gilles Erb est un président heureux. Depuis le fol été olympique, le tennis de table français n’est pas retombé de son petit nuage. « On vit une rentrée extraordinaire, il y a un engouement phénoménal autour de notre sport », s’enthousiasme le patron de la Fédération française (FFTT), à l’aube d’un championnat d’Europe dont Félix Lebrun est le favori naturel.

Le petit prince de Montpellier, médaillé de bronze en individuel et avec les copains de l’équipe de France à Paris, est la tête de série numéro 1 du tableau principal qui s’ouvre ce jeudi à Linz (Autriche). Une belle occasion de faire perdurer l’élan, et d’inscrire pour de bon le ping dans le paysage des sports qui comptent.

Cet après-JO constitue une opportunité à ne pas rater. Les résultats sont là, l’attention médiatique aussi, portée par l’histoire pas banale de ces deux frangins talentueux et attachants. Dans leur sillage, on a redécouvert la résilience de Simon Gauzy, pris date avec Flavien Coton (16 ans, premier champion du monde français U15) et porté attention à une équipe féminine en devenir. Tout ça ruisselle jusqu’à la base, avec un nombre de licenciés en train d’exploser : + 20 % en cette rentrée par rapport à l’année dernière, qui était déjà une cuvée record, pour porter le nombre de disciples des Lebrun à près de 270.000.

Le début d’un « cercle vertueux », selon les mots de Gilles Erb, qu’il convient de chérir et faire fructifier encore. Le président de la FFTT en a bien conscience. « C’est une satisfaction, déjà, parce que ça ne vient pas de nulle part mais d’un vrai travail pour faire évoluer la Fédération. On a su créer les conditions pour faire émerger nos champions et nos championnes, apprécie-t-il. On a aujourd’hui une opportunité très importante pour notre sport de grandir et d’accélérer notre croissance. Nous avons la responsabilité de convertir cette hype en licenciés et en partenaires supplémentaires pour qu’on ait, demain, encore plus de moyens et de résultats. »

Un engouement anticipé, mais…

Tout n’est pas simple, bien sûr, dans l’accompagnement de cette croissance. L’afflux de pratiquants demande de la place, du matériel, des tables, des encadrants. Tous les clubs n’ont pas les moyens de s’en offrir, c’est pour cela que la Fédération a bâti un plan d’accueil pour aider autant que faire se peut. Les clubs peuvent y trouver des méthodes d’entraînement adaptées à des groupes nombreux. Certains, sélectionnés par les 650 dossiers déposés pour cette rentrée, ont pu bénéficier également d’un coup de pouce financier.

« On avait anticipé cet engouement, parce que les demandes avaient déjà commencé à affluer l’année dernière. Mais on ne peut jamais se préparer vraiment à une vague si grande, constate Gilles Erb. On ne construit pas un gymnase et on ne forme pas des encadrants en deux temps trois mouvements. » L’institution tient à préparer minutieusement les générations d’après, ce qui avait fait défaut au moment de la fin de l’ère des « Mousquetaires » (Gatien, Chila, Eloi, Legoût).

« Important de garder le niveau d’attention des médias »

Tout cela va se faire progressivement. En attendant, de grands événements sont organisés pour inscrire la France parmi les places fortes du tennis de table mondial. Fin octobre auront lieu les championnats du monde pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson à Maizières-lès-Metz (des études ont montré les bienfaits de la pratique pour les gens souffrant de ce syndrome), et le WTT Champions, compétition de référence qui regroupe les 32 meilleurs pongistes de la planète, garçons et filles, à Montpellier.

C’est la première fois que la France reçoit cet événement, et ce n’est pas un hasard. « On a pensé que c’était très important de garder le niveau d’attention des médias à travers un événement de renommée mondiale, explique le président de la FFTT. On a signé pour trois éditions, 2024, 2025, 2026. C’est de très bon augure pour le développement de notre sport. »

Les frangins Lebrun en double lors du WTT China Smash de Pékin, le 4 octobre.
Les frangins Lebrun en double lors du WTT China Smash de Pékin, le 4 octobre.  - Imago

D’ici là, Gilles Eerb et ses équipes espèrent de grandes nouvelles venues de Linz. Plusieurs médailles sont espérées, chez les garçons, chez les filles et en double. Le grand public pourra suivre tout ça de près, puisque tous les matchs des Bleus dans cet Euro seront retransmis en clair sur la Chaîne L’Equipe, jusqu’à dimanche. Après une première expérience réussie lors des championnats de France en mars dernier, la chaîne du canal 21 ne pouvait pas rater ça.

La Chaîne L’Equipe sur le coup

« L’engouement pour les Lebrun, on l’a vu tout de suite, et c’est pour ça qu’on s’est précipités sur ces championnats d’Europe, explique Maël Seror, rédacteur en chef adjoint en charge des sports olympiques. On a envie de suivre leur évolution, on rêverait qu’ils gagnent une compète sur notre chaîne. » Plus globalement, le groupe entend s’inscrire sur la durée avec ce sport, un sur le modèle de ce qu’il a fait avec le biathlon. « II y a deux points communs : d’abord, des Français qui marchent, et ça c’est vraiment un facteur très important pour nous. Les gens qui regardent la télé en clair sont très attachés aux performances françaises, détaille le responsable. Et puis il y a la simplicité des règles, ce côté accessible. »

Avec pour ne rien gâcher une production beaucoup plus light. « Le biathlon, c’est 47 caméras, dont certaines derrière des arbres où ça capte très mal, poursuit-il. Là, avec cinq ou six caméras, on peut déjà voir très bien la balle, avoir des caméras pour les ralentis, observer les protagonistes sur différentes valeurs de plans, voir de la sueur, de l’émotion. »

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En plus des matchs, sur lesquels officiera la grande voix du tennis de table français, Jean-Philippe Gatien, la Chaîne L’Equipe va proposer des émissions en plateau et des insides avec (surtout mais pas que) Félix et Alexis. Réticente au départ dans un souci de protéger ses têtes d’affiche, la Fédération a fini par accepter. « On a discuté avec eux en disant que nous, on avait envie de les mettre en avant, reprend Maël Seror. On veut que justement les Jeux ne soient pas un one-shot, et commencer le long chemin vers la prochaine Olympiade dès maintenant. »

« C’est vrai qu’on a une chance extraordinaire avec ces beaux ambassadeurs, convient Gilles Erb. Ils sont pour nous des accélérateurs de notoriété. Ils ont non seulement une histoire à raconter, mais aussi du charisme, du talent, ils sont aimés des médias et du grand public. Ils nous aident très concrètement par leur disponibilité pour répondre aux demandes et nous donner de la visibilité. Ils veulent faire grandir leur sport, ça se sent. » Et ce n’est pas lui qui s’en plaindra.