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Comment les Jeux paras ont fait exploser le nombre de licenciés au badminton

« C’est incroyable »… Comment les Jeux paralympiques ont fait exploser le nombre de licenciés au badminton en France

ça vole hautPlus que les Jeux olympiques, les Jeux paralympiques ont eu un énorme effet sur le nombre de licenciés au badminton. Au point que certains clubs refusent de nouveaux joueurs
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Aux Jeux paralympiques, le badminton français a brillé avec notamment deux médailles d’or. Bien mieux que les valides, qui ne sont jamais montés sur le podium.
  • Les perfs des parabadistes ont été le départ d’une explosion de nombre de licences dans les clubs français, qui ont même vu débarquer plusieurs personnes en situation de handicap.
  • Mais de gros problèmes demeurent, comme le manque d’infrastructures.

La Adidas Arena, ou plus simplement nommée l’Arena porte de la Chapelle pour ne pas froisser le Comité international olympique, un peu tatillon sur le naming, a déjà laissé la place au Paris Basket, aux championnats du monde de « League of Legends » ou à des concerts d’artistes plus ou moins doux pour les oreilles, quelques mois après avoir reçu gymnastes et badistes. Pourtant, les terrains de badminton de l’enceinte parisienne auraient été bien été utiles en cette rentrée.

Il y a souvent, après les Jeux olympiques, notamment dans les disciplines qui ont cartonné, un effet JO, où en l’occurrence, un effet Jeux paralympiques, comme pour le parabadminton français qui a fait de cette fin d’été un feu d’artifice bleu blanc rouge avec notamment Faustine Noël, Charles Noakes et Lucas Mazur. Et là, pim, pam, poum, explosion de saveurs dans les clubs français. « J’en ai discuté avec mon président de club à Cergy et il m’a dit que c’était incroyable, nous raconte Méril Loquette, qui a disputé les Jeux paralympiques à Paris. Les résultats et l’engouement qu’il y a eus derrière les paras ont vraiment bien porté ses fruits. »

Plus de 42.000 nouveaux licenciés

Dans certains clubs, comme à Chaville dans les Hauts-de-Seine, les inscriptions ont décollé au moment des Jeux paralympiques, avec un record de licenciés (plus de 320). Le même engouement a été observé un peu partout en France, comme à l’association sportive Toulouse Mirail badminton (Haute-Garonne), qui a vu son nombre de pratiquants nettement augmenter. Au niveau national, selon des chiffres fournis par la Fédération française de bad, on est à 192.352 licences validées (+ 42.174 par rapport à l’an dernier au 15 octobre 2023).

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« Les Jeux paralympiques étaient une belle vitrine pour notre sport, estime Stanislas Raud, président de l’ALBCB, club de badminton à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor). Je pense qu’ils ont montré du beau jeu, et même les perdants étaient contents, donc ça a montré une autre image du badminton. Et grâce à des médaillés comme Charles Noakes, qui est très relayé sur les réseaux sociaux, on parle beaucoup du bad. »

Et à Toulouse, d’où il est originaire, Lucas Mazur est-il devenu la figure de proue du bad ? « Le problème, ici, c’est que beaucoup de gens se sont focalisés sur la natation et sur Léon Marchand, indique Joffrey Clavel, président de l’Association sportive Toulouse Mirail badminton. Et il y a aussi Antoine Dupont, du coup, ça a un peu masqué Lucas Mazur. Alors, dans le milieu du badminton, je pense que ça a marqué, mais en dehors, c’est un peu plus compliqué. »

Davantage de personnes en situation de handicap

Le poids des parabadistes est tout de même tel que nos champions n’ont pu évidemment s’empêcher de chicoter un peu les valides, repartis de Paris sans un seul podium. « On a eu trois médailles, on a fait trois fois mieux que les valides. Donc, à un moment, les chiffres parlent. Il y a un peu de chambrage, mais c’est gentil, en rigole Méril Loquette. On est sportifs de haut niveau, on aime bien montrer qui est le plus fort, mais ça s’arrête là. » Le joueur des Volants de Cergy pourrait quand même davantage se la péter, car avec ses petits copains, il a également donné envie aux personnes en situation de handicap de venir taper le volant cette année.

« Jusqu’à maintenant, on n’avait jamais eu de demandes de personnes en situation de handicap. Et, pour la première fois, cette année, on en a eu une, une personne sourde et muette », témoigne Joffrey Clavel. A Cergy, deux nouveaux parabadistes ont également fait leur entrée au club. « C’est toujours un peu problématique, parce qu’on peut avoir des personnes qui sont en situation de handicap, mais qui ne s’identifient pas en parabadminton encore », explique de son côté le dirigeant breton.

Problèmes d’infrastructures

Autre problème auquel se confrontent les clubs français, le manque d’infrastructure pour accueillir les nouveaux as du volant. Lors de la session de jeu libre le dimanche matin, tous les terrains du gymnase Ladoumègue à Chaville étaient occupés. Du jamais vu. Pire, à Saint-Brieuc, « on a des soirs où on a 50 adhérents qui peuvent venir, assure Stanislas Raud. L’autre jour, on était à 52 adhérents, alors qu’on n’a que 28 places. Les gens doivent patienter. »

La conséquence de tout ça : une limite du nombre de licenciés. L’explosion était déjà significative, elle aurait pu être démentielle, avec les structures adéquates. « Ça ne montre pas une bonne image, parce que c’est vrai qu’accueillir beaucoup de personnes et se dire qu’ils ne peuvent pas jouer tous en même temps, ce n’est pas toujours facile, regrette le Breton. Là, on a été obligé de refuser. On a coupé les inscriptions. »

Même chose à Toulouse : « L’année dernière on était 140 à la même période et on avait coupé les inscriptions fin octobre pour rouvrir quelques places en janvier, explique Joffrey Clavel. Là, on est 192 et on a arrêté les inscriptions fin septembre, parce qu’il n’y a plus assez de places » Et dire qu’à cause de ça, on est peut-être passé à côté du nouveau Lucas Mazur. Terrible.