Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Après les JO, a-t-on vécu « les plus beaux Jeux paralympiques de l’histoire » ?

Jeux paralympiques 2024 : Affluence, ambiance et performance, on les tient ou pas « les plus grands Jeux de l’histoire » ?

COCORICOAprès des JO magnifiques à tous points de vue, les Jeux paralympiques, qui ont baissé le rideau dimanche soir, ont eux aussi réussi leur pari, celui de faire vibrer tout un pays pendant près de deux semaines
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • Voilà, c’est fini. Après douze jours hors du temps, les Jeux paralympiques ont à leur tour baissé le rideau au terme une cérémonie un chouïa pluvieuse.
  • Avec plus de deux millions de spectateurs, et une moisson de médailles pour la délégation tricolore, ces Jeux ont été une réussite incontestable.
  • Reste maintenant à faire perdurer cet héritage dans le temps pour que ces Jeux paralympiques n’aient pas été qu’un simple one shot d’ouverture et de tolérance.

Cette fois, il faut vraiment se faire à l’idée, les Jeux sont bel et bien terminés. Nous qui avons vécu pendant un mois au rythme des « ALERTE MÉDAILLE » d’Antoine Griezmann, des exploits de nos athlètes, été bercés par une ambiance légère, joyeuse et décontractée, et ce, malgré un contexte politique et social plus lourd que les interviews de Léa Salamé dans « Quels Jeux ! », allons devoir réapprendre à (re) vivre sans tout ça. Comment ? Vous en avez de belles, vous !

« Je ne sais même pas comment on recommence à vivre normalement après ça », nous disait justement Gaël Rivière après la victoire des Bleus du cécifoot, samedi contre l’Argentine. Chacun trouvera ses propres solutions, et puis de toute façon c’est n’est pas le magazine de la santé mentale ici, ni le but de notre article. On est simplement là pour faire le bilan calmement de ces Jeux paralympiques qui auront vu la France terminer à la 8e place du classement des médailles, soit pile-poil ce qu’avaient espéré les organisateurs.

Sur ce point, déjà, ces Jeux sont une réussite pour la délégation tricolore. On remerciera évidemment le para-cyclisme et la para-natation, disciplines qui nous ont gavés de médaille comme mamie nous gavait de rab de frites le dimanche midi lors du repas de famille. Mais globalement, tout le monde s’est dépassé pour éventrer le record de Tokyo (75 médailles contre 54 en 2021) et la superbe victoire des Bleus du cécifoot contre l’Argentine, samedi, nous fera presque oublier les déceptions des autres sports co', seule véritable ombre au tableau de la patrie reconnaissante.

« Une nouvelle ère » ? On l’espère

Claude Onesta, le manager de la haute performance qui n’a pas pourtant pas le compliment facile, s’est carrément laissé aller à parler de « fierté », dimanche, lors de la conférence de presse organisée au Club France pour tirer un bilan de ces Jeux. Après avoir rappelé la traversée du désert du handisport français après les Jeux de Barcelone, où les Bleus avaient terminé à une très belle quatrième place, la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra a évoqué l’entrée « dans une nouvelle ère ».

Il s’agira maintenant de ne plus redescendre le curseur et de continuer à développer les structures d’accueil dans les clubs une fois éteint la lumière des Jeux. Car vu le succès de cette paralympiade, il y a fort à croire que de nombreuses personnes en situation de handicap vont se ruer dans les clubs et les assos dès la rentrée. Or il va bien falloir les accueillir et les accompagner.

Un succès populaire incontestable

Le public, en majorité français, se taille la part du roi dans la réussite de ces Jeux paralympiques. Avec 2,1 millions de billets vendus, la France a fait péter le record (1,8 million) de Londres en éclats. Pour avoir sillonné la capitale (et l’Ile-de-France) en long, en large et en travers, on peut vous le dire, on a parfois même été halluciné de voir toutes ces salles et ces stades quasiment remplis à chaque fois.

Et que dire de l’ambiance ? Une dinguerie. De la folie du stade tour Eiffel, avec sa ola silencieuse et ses chants à vous mettre les poils, en passant par la natation, l’Arena de la Chapelle devenue volcan en fusion lors des finales de para-badminton de Charles Noakes et Lucas Mazur ou encore le vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines, transformé en véritable Bombonera pour accompagner la razzia de médailles de nos para-cyclistes, ces Jeux n’ont été que carton sur carton.

Charles Noakes, roi de la Chapelle après sa médaille d'or en badminton.
Charles Noakes, roi de la Chapelle après sa médaille d'or en badminton.  - CHINE NOUVELLE/SIPA

De leur propre aveu, les athlètes s’attendaient à quelque chose de grand mais ils ont quand même été surpris. Alors, avant qu’on se remette à nouveau tous sur la tronche dès lundi matin, sachons nous lancer des fleurs pour une fois : public des Jeux, bravo et mille fois merci.

En 2004, « médiatiquement, on n’existait pas »

« On a vécu une ambiance extraordinaire, les gens ont été curieux, intéressés, demandeurs, et ça a été assez magique de partager ça avec eux. Au Club France, je n’en parle même pas, c’était de la folie, je crois qu’on peut dire qu’on a rendu les gens heureux. Pourtant les autres sports avaient repris et on a traversé une petite crise politique, lâche, taquin, Michaël Jeremiasz, à côté d’une AOC à deux doigts de l’AVC. Quand je repense aux Jeux d’Athènes [2004], médiatiquement, on n’existait pas, personne ne parlait de nous et les stades étaient vides. Aujourd’hui les Français ont kiffé. J’ai vécu les plus beaux jours de ma vie sportive. Ce sont les plus grands Jeux de l’histoire. »

L’accès à ce contenu a été bloqué afin de respecter votre choix de consentement

En cliquant sur« J’accepte », vous acceptez le dépôt de cookies par des services externes et aurez ainsi accès aux contenus de nos partenaires.

Plus d’informations sur la pagePolitique de gestion des cookies

Un mot enfin pour ces milliers de bénévoles qui nous auront régalés tout au long de ces douze jours, comme ils et elles l’avaient déjà fait deux semaines plus tôt. Toujours la banane, toujours le petit mot pour faire rire, aider ou accompagner, concluant par des olas interminables chaque sortie des stades du public, les hommes et femmes en survêt vert ont plié le jeu de l’accueil et rendu nos looooooooongues journées de travail plus sympas encore.

Un héritage à honorer, une vigilance à avoir

Mais voilà, si on ne sait pas qui est le couillon qui a inventé le poncif « toutes les bonnes choses ont une fin », il faut bien lui accorder qu’il a un peu raison. Reste que le meilleur moyen de poursuivre l’héritage de ces Jeux sera de ne jamais oublier ce qu’il s’est passé dans notre pays en cette fin de mois d’août. « On peut vivre ensemble si on n’est pas trop cons et qu’on fait attention aux autres », a tenu à rappeler Jeremiasz, dimanche matin.

Les athlètes étaient venus délivrer un message d’inclusion et le mieux que l’on puisse faire c’est de l’écouter et de lui donner un prolongement dans la vie de tous les jours. Pendant près de deux semaines, les Françaises, les Français et avec eux le monde entier ont vu des prothèses, des moignons, des personnes en fauteuil se rentrer dedans comme aux autotamponneuses, des footeux s’envoyer des brins avec les yeux bandés, bref, ils ont vu et célébré ceux que la société a d’ordinaire l’habitude de cacher. Ce temps se doit d’être révolu.

Si l’on a envie de faire confiance à l’intelligence collective et l’ouverture d’esprit de nos concitoyens, en sera-t-il de même pour nos politiques une fois passée la gloriole des projecteurs ? Car c’est bien beau de venir parader avec les médaillés, si derrière on ne met pas les moyens financiers et humains pour faciliter la vie quotidienne de toutes les personnes atteintes de handicap, alors cela n’aura servi à rien.

Notre dossier sur les Jeux paralympiques

« La perception et l’accueil des personnes en situation de handicap ne seront plus jamais les mêmes, a promis la ministre des Sports. On a mis en place un plan pour réunir les conditions pour faire progresser les parasports et la pratique des personnes en situation de handicap. On veut notamment passer de 4.500 à 6.000 structures d’accueil pour le parasport. Ce ne sera pas une révolution sans lendemain. » Dont acte. Et si d’ici là les paroles s’envolent, on peut compter sur Michaël Jeremiasz pour ne pas lâcher le morceau. « Je serai là pour leur rappeler leurs engagements, faites-moi confiance », nous disait-il déjà au début des Jeux. Finalement, c’est maintenant que tout commence.