US Open : « Presque de l’amateurisme »… Mais qu’est-il arrivé à Arthur Fils pour se faire sortir dès le 1er tour ?
défaillance•Le numéro 1 français, cité parmi les potentiels prétendants au vu de sa dynamique, s’est pris les pieds dans le tapis face à Tsitsipas lundi soir alors qu’il servait pour mener deux sets à rienN.C.
Tout le monde le voyait aller loin de cet US Open, titiller les plus gros outsiders et s’inviter, pourquoi pas, à la table des prétendants. Lui le premier. Mais Arthur Fils s’est fait sortir dès le premier tour, lundi, par Stefanos Tsitsipas, ancien top 3 qui ne faisait plus peur à personne depuis deux ans – et corrigé par le Français 6-0, 6-1 à Miami en mars.
Fils menait pourtant un set à zéro et 5-3 dans la seconde manche, service à suivre. C’est là que la machine s’est grippée. Le récent vainqueur du Masters 1000 de Cincinnati a perdu le fil et s’est mis à tout rater, ou presque. Le Grec en a profité pour prendre le deuxième set au tie-break, avant de conclure aisément sur les deux suivantes (6-1, 6-4). Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer dans la tête du numéro 1 français pour en arriver là ?
« Je ne l’ai pas vu venir, a-t-il tenté d’expliquer après la rencontre. J’avais l’impression d’être plutôt bien sur mes jeux de service dans le deuxième et à 5-3, c'est comme si tout s’était éteint. Je suis passé complètement à côté de mon jeu. Une fois que l’énergie est retombée à la fin du deuxième set, je n’ai plus jamais retrouvé une bonne énergie. »
« Une pression nouvelle »
Le joueur de 22 ans arrivait pourtant en pleine bourre sur ce dernier Grand Chelem de la saison, sur la dynamique du premier succès en Masters 1000 de sa carrière et enfin débarrassé de ses pépins physiques. Cela rend ce trou d’air encore plus stupéfiant. « A ce niveau, c’est presque de l’amateurisme », a-t-il concédé.
Pour les observateurs extérieurs, le fait de se retrouver pour la première fois sur le devant de la scène dans un tournoi de cette importance a pu jouer. Dans L’Equipe, Patrick Mouratoglou, coach de Tsitsipas, avance l’explication d’une « pression nouvelle ». « Je pense qu’il y avait du stress. D’ailleurs, dès le début, on a vu qu’il y en avait beaucoup et ça fait rater », observe le technicien. « Un Grand Chelem, c’est une autre étape et il a manqué beaucoup de ces tournois », expose de son côté Laurent Raymond, entraîneur de l’équipe de France.
Tous nos articles sur Arthur FilsLa théorie du manque d’expérience, donc, et de la nécessité d’en passer par là pour construire les succès futurs. Peut-être. Il n’empêche que cela reste une défaite cuisante au premier tour, et qu’il va falloir la digérer. « Il n’y a aucune excuse, je dois simplement travailler beaucoup plus dur pour pouvoir jouer ce genre de tournois », a ajouté l’intéressé dans son débrief, se disant « très, très, très déçu de la manière » dont il a joué ce match. C’est le moment, en tout cas, de cultiver son art du rebond.



















