« J’ai appris que j’étais capable d’aimer plus qu’un enfant »… Le premier été de Clara avec sa famille recomposée
Les premières vacances après une rupture, avec sa meilleure copine ou encore avec une famille recomposée… Antoinette, Clara et Muriel nous racontent l’été où tout a basculéChristelle Pellissier
L'essentiel
- 20 Minutes se penche sur ces étés où tout a changé : le premier avec son bébé, après une rupture ou encore le premier voyage avec une famille recomposée… Des vacances charnières, pour le meilleur et parfois pour le pire.
- Dans ce dernier épisode, Clara nous raconte ses premières vacances avec son nouveau conjoint et les enfants de chacun.
- « Les enfants s’étaient déjà rencontrés, mais ces vacances ont changé les choses. Ça a été un véritable point de bascule », confie la quadragénaire.
Il y a des vacances dont on se souvient plus que d’autres. Il y a les premières vacances entre potes, toujours mémorables, ou celles avec après une rupture, parfois chaotiques. Et puis, il y a ces premières vacances durant lesquelles deux familles tentent de ne faire plus qu’une, entre découverte, apprentissage et (parfois) tensions. Clara* en a fait l’expérience en 2020, l’été du premier déconfinement, et n’oubliera jamais ses premières vacances avec sa famille recomposée.
« Les enfants s’étaient déjà rencontrés, mais ces vacances ont changé les choses. Ça a été un véritable point de bascule », confie Clara. La quadragénaire, qui partait jusqu’alors avec son ex-conjoint et sa fille, désormais âgée de 15 ans, « toujours au même endroit », voit ces vacances comme celles du renouveau, de la liberté après des mois d’enfermement, et de la première brique d’un édifice qu’elle espère solide.
« J’ai découvert ce qu’était une famille »
Après concertation, Clara, Philippe et leurs enfants âgés de 15, 17 et 19 ans, décident de poser leurs valises sur l’île d’Oléron - et d’embarquer avec eux la petite amie de l’aîné. Direction le camping, pour une semaine, avec tout ce que cela comporte de bon (la plage, les balades à vélo, l’apéro) comme de mauvais (les courses, la cuisine et toute autre besogne dont les ados raffolent). Que ce soit sur le choix des activités, les humeurs de chacun ou la nécessité de mettre la main à la pâte, aucun nuage à l’horizon.
« On a passé nos vacances tous ensemble. Les jeunes sortaient parfois sans nous le soir, mais sinon on faisait tout ensemble. Bon, sauf les courses (rires) mais on n'avait pas la volonté de se séparer »
La quadragénaire se remémore ses vacances d’avant, avant cette reconstruction. Toujours au même endroit, toujours les mêmes activités, souvent à deux, juste avec sa fille, son ex-conjoint étant souvent absent. Quand elle découvre ces moments partagés à six, même les plus simples comme aller manger une glace le soir sur le port, l’émotion est vive. « On était en famille, et c’est quelque chose que je n’avais jamais ressenti avant. En fait, j’ai découvert ce qu’était une famille. » Les visites, les balades à vélo jusqu’à la plage, les apéros, les fous rires, tout se passe sans aucun couac. Une chose que la famille recomposée doit peut-être… au confinement.
L’alchimie frappe toujours deux fois
Pour comprendre ces vacances « idylliques », comme elle les qualifie elle-même, il faut remonter à l’origine de cette rencontre, et au chemin parcouru jusqu’à l’île d’Oléron. Clara et Philippe faisaient partie de la même bande de potes à 18 ans, sans jamais dépasser le stade de l’amitié. Les deux ont pris des chemins différents. Elle a rencontré le père de sa fille, lui la mère de ses deux enfants. Malgré des amis en commun, ils ne se sont jamais recroisés, jusqu’au jour où… Facebook leur a permis de renouer le contact. Un verre, un resto, puis un autre, et l’alchimie fait le reste. A 45 et 44 ans respectivement, tous deux séparés, ils entament une histoire.
La préface de cette idylle s’écrit à deux, mais l’histoire n’a de sens que si elle se compose à cinq. « En tant que maman, j’avais des craintes comme on peut en avoir dans ces cas-là. » Mais celles-ci se dissipent assez rapidement. « J’ai rencontré ses enfants, il a rencontré ma fille, puis les enfants ont fait connaissance lors d’un mariage dans sa famille », se souvient Clara. L’alchimie opère une nouvelle fois, les ados s’apprécient tout de suite. Le couple ne précipite pas les choses pour autant. Chacun chez soi, ils avancent doucement mais sûrement. Après un premier Noël « magique », ils construisent pas à pas, jusqu’au mois de mars 2020.
Le confinement comme préambule aux vacances
Quand les Français sont appelés à se confiner, Clara partage encore son lieu de vie avec son ex mais ne se voit pas passer ses journées avec lui. Philippe l’invite à se confiner avec lui et les enfants, une semaine sur deux, quitte à se serrer un peu. « Les enfants se sont réellement découverts à cette période-là, dans la contrainte de l’enfermement. » Chacun apprend à se connaître avec les désagréments que comporte une telle situation. « On ne pouvait pas être d’accord tout le temps, alors parfois le ton montait, mais on a opté pour la discussion ouverte, l’échange », explique la mère de famille, consciente que cette période « pouvait [aussi] remettre son couple en question. »
C’est finalement le contraire qui se passe. Les enfants se rapprochent, « une espèce d’harmonie s’installe », et chacun trouve sa place dans cette famille recomposée. Clara n’en doute pas, cette période a été le meilleur des préambules à ces premières vacances et à l’épanouissement de son couple. « On a créé les fondations pendant le confinement, et on a commencé à construire pendant les vacances », pense-t-elle. Conscients que cette « osmose » ne se produit pas dans toutes les familles recomposées, Clara et Philippe s’estiment chanceux.
« Si notre amour en est là, c'est parce qu'on a des enfants extraordinaires et que tout s'est fait dans la continuité, très naturellement »
« Ce sont des vacances qu’on n’oubliera jamais parce qu’on était libres, parce qu’on a vu cette nouvelle famille se construire. » Les deux tourtereaux ont attendu 2022 pour emménager ensemble, et s’il est plus difficile aujourd’hui de réunir toute la famille, Clara ne fait plus aucune différence entre sa fille et ses beaux-enfants. Elle a découvert ce que signifiait « être une famille », mais pas que. « J’ai appris que j’étais capable d’aimer plus qu’un enfant et que certaines choses qu’on idéalise peuvent vraiment se concrétiser. »
* Les prénoms ont été modifiés



















