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« J’ai reloué le même logement que les vacances de la séparation »… Le premier été de Muriel après sa rupture
Les premières vacances avec son bébé, avec sa meilleure copine ou encore après une rupture… Cette semaine, Muriel nous raconte son été de reconstruction et de réconfort après avoir rompu avec l’homme qui a partagé sa vie durant quinze ansFabien Randanne
L'essentiel
- «20 Minutes » se penche sur ces étés où tout a changé : le premier avec son bébé, après une rupture ou encore les premiers voyages entre copines… Des vacances charnières, pour le meilleur et parfois pour le pire.
- Dans ce troisième épisode, Muriel nous raconte son premier été après s’être séparé du père de ses deux enfants, avec lequel elle a vécu quinze ans en couple.
- « J’aurais pu me dire "Je suis libre, je pars à l’aventure, en road trip, avec les enfants, deux tentes dans le coffre…" Mais j’étais incapable de faire ça. J’avais besoin de retrouver mes repères et de permettre aux enfants, qui étaient encore petits d’avoir les leurs », raconte à « 20 Minutes » cette juriste parisienne désormais âgée de 53 ans et qui a décidé de repartir en Vendée, au même endroit que celui où elle passait ses étés avec son ex-compagnon.
Il y a d’abord l’été où tout s’est fini. En 2017. Muriel et son compagnon Xavier sont en vacances dans le coin de Vendée où ils ont leurs habitudes estivales. C’est là qu’ils décident d’annoncer leur séparation à leurs enfants de 7 et 3 ans et au groupe d’amis en villégiature avec eux. Ils ont rompu depuis quelque temps déjà, mais là, ça y est, c’est officiel : chacun va écrire la suite de son histoire de son côté, sans l’autre.
« Nous nous sommes quittés en bons termes, il n’y a pas eu de clash. C’était la fin de cette relation sous cette forme-là, on était tous les deux d’accord pour arrêter. Depuis, on coopère, on reste dans le dialogue pour les enfants », raconte Muriel à 20 Minutes dix ans plus tard.
La libération et la tristesse
Ce n’est pas pour autant que les mois qui suivent son faciles à vivre. « C’était libératoire, je me sentais plus légère, parce que si on s’est séparés, c’est que ça n’allait plus entre nous, confie aujourd’hui la juriste parisienne de 53 ans. Mais, je ressentais un gros poids de tristesse, car c’est quand même l’échec d’une relation et que ce n’est pas juste pour les enfants. »
Muriel trouve le réconfort auprès de ses amis, ses « rocs », comme elle dit, qui incarnent la « stabilité » et la « sécurité » qu’elle recherche alors. Et l’été suivant, elle décide de partir à nouveau en Vendée, en réservant la même location que l’année d’avant : « J’aurais pu me dire "Je suis libre, je pars à l’aventure, en road trip, avec les enfants, deux tentes dans le coffre…" Mais j’étais incapable de faire ça. J’avais besoin de retrouver mes repères et de permettre aux enfants, qui étaient encore petits d’avoir les leurs. »
Elle rejoint ainsi Elise, avec laquelle elle est amie depuis la fac et qui a partagé ses étés vendéens bien avant que Muriel rencontre Xavier. Il y a aussi sur place d’autres amis et connaissances, majoritairement célibataires, avec laquelle elle s’est liée ici au fil des ans. Beaucoup sont venus avec leurs enfants. En tout, cela fait un groupe d’une quinzaine de personnes. Elle précise : « Ce petit côté tribu a été crucial pour moi à ce moment-là. »
Même lieu, sans le côté douloureux
« Les gens sur le lieu de vacances connaissaient tous Xavier. On me demandait de ses nouvelles », raconte Muriel. Mais cela ne lui fait pas l’effet d’un couteau remué dans la plaie sentimentale. Certains, dont Elise, restent d’ailleurs depuis en contact avec l’ancien compagnon. Il n’y a pas vraiment eu de ruptures amicales. Ni Muriel, ni Xavier ne leur ont demandé de choisir un camp.
Pour nombre de personnes, revenir dans un endroit où l’on a passé de bons moments avec un ancien amour provoque des pincements au cœur et avive la nostalgie et la mélancolie. Cela n’a pas été le cas de la juriste parisienne. « J’avais vraiment besoin de retrouver ce même lieu, dans ces circonstances différentes, dit-elle. Quelque part, je l’ai encore plus apprécié que précédemment. Il n’y avait pas de côté douloureux parce que le dernier été que j’y avais passé avec Xavier était celui de la séparation. Là, mon objectif était de construire ma vie d’après. Durant ces vacances 2018, j’étais en mode cocon. C’était un peu le vertige de le retrouver seule et de ne pas savoir gérer, donc, j’y ai trouvé du réconfort. »
Son leitmotiv est de ne pas rester seule durant ces beaux jours off. Ainsi, après que son ex est venu chercher les enfants pour les emmener en vacances avec lui, Muriel poursuit ses congés dans le sud, chez une amie d’enfance : « C’était pareil : un lieu familial où j’étais entourée d’amis. »
Refaire sa vie ?
A l’époque, elle est dans la petite quarantaine, et cette séparation suscite une tempête d’inquiétudes. « J’éprouvais une forme de déception. C’était aussi un peu effrayant parce que la configuration était nouvelle et, même si j’ai toujours été indépendante financièrement, je redoutais de me retrouver dans une situation compliquée avec les enfants, se remémore-t-elle. Il y avait aussi le fait de me dire que désormais j’étais seule. Est-ce que je referais ma vie ? A 40 ans passés, avec deux enfants… J’étais persuadée que c’était fini, que je ne rencontrerai plus personne. »
L’été 2018 n’est pas pour elle celui de la recherche du nouvel amour : « Je n’étais pas dans cet état d’esprit, j’étais focalisée sur mes enfants. ». Depuis, Muriel a eu deux histoires amoureuses. Dont une qui a duré trois ans. « Après cette rupture-là, ça n’a pas été facile, parce que, pour le coup, elle ne s’est pas bien passée, résume-t-elle. Aujourd’hui, je trouve beaucoup plus de sérénité à être et rester seule. »
Sa relation avec Xavier est désormais « cordiale », centrée sur leurs rôles de parents. « On communique en bonne intelligence, donc, ça se passe plutôt bien. Même si, parfois, il y a des petits points d’accrochage quand on n’est pas d’accord sur le partage des jours, par exemple. »
Des vacances devenues un rituel
Et Muriel retourne tous les étés dans le même lieu de Vendée. « J’y retrouve les mêmes personnes, c’est devenu une sorte de rituel. Je n’y reste pas forcément aussi longtemps que les autres, mais j’essaie d’y passer au minimum une semaine. C’est un lieu que je me suis approprié. Les enfants grandissent, donc je me fais des programmes pour moi toute seule. Je vais courir dès le matin, je me lance dans des activités que je n’avais jamais essayées… »
La quinquagénaire nous glisse qu’avant que nous nous appelions, elle s’est replongée dans les photos de son été 2018 : « On avait tous l’air souriant et pas trop traumatisés, assure-t-elle. Ça m’a fait plaisir de les regarder. » On lui dit espérer que c’est bel et bien le cas et que l’entretien n’aura pas réveillé de mauvais souvenirs. Elle nous assure que non, nous dit au revoir et raccroche. Pour poursuivre ses vacances en Vendée.



















