Roland-Garros : « Après tant d’années », Diane Parry s’invite enfin en deuxième semaine et voit plus loin
De galères et de combats•La joueuse, grande fan du PSG, a choisi un jour de finale de Ligue des champions pour accéder aux 8e de finale d’un tournoi Majeur pour la première fois de sa carrièreNicolas Camus
L'essentiel
- Diane Parry a battu Amanda Anisimova ce samedi au 3e tour de Roland-Garros (6-3, 4-6, 7-6).
- Une journée très spéciale pour la Française, supportrice du PSG dont elle s’apprêtait à regarder la finale de la Ligue des champions juste après sa toute première qualification en 8e de finale d’un tournoi du Grand Chelem.
- La joueuse de 23 ans, qui sera numéro 1 française à l’issue du tournoi, a une occasion en or d’aller encore plus loin : elle affrontera la Polonaise, issue des Maja Chwalinska.
A Roland-Garros,
En bonne supportrice du PSG, Diane Parry sait qu’il faut parfois s’armer de patience avant de pouvoir atteindre un grand objectif. Pour elle, cela aura duré sept ans, entre son tout premier match dans un tableau principal d’un Grand Chelem (en 2019 à Roland) et ce samedi béni où, enfin, elle a gagné le droit de revenir en deuxième semaine grâce à sa superbe victoire face à Amanda Anisimova, 6e joueuse mondiale.
Cinq fois, elle avait vu la porte se refermer juste devant elle, au 3e tour, dont une vraiment traumatisante à l’Open d’Australie 2024, quand elle avait perdu après avoir mené 5-1 et eu une balle de match dans la manche décisive contre Mirra Andreeva. Alors ce succès acquis sur un court Central bruyant et enjoué, le jour où son équipe de cœur dispute une finale de Ligue des champions, a une saveur toute particulière.
« je suis encore plus heureuse que ça arrive ici à Paris, sur une belle journée comme ça, a-t-elle soufflé quelques minutes plus tard en conférence de presse, où elle est arrivée avec le maillot du PSG sur le dos. Ça représente beaucoup de choses, je courrais après cet objectif depuis un moment. Je veux profiter, mais en restant concentrée sur la suite parce que j’ai la capacité de faire plus encore. »
Une « matcheuse » en construction
Que la joueuse de 23 ans arrive à franchir ce cap maintenant n’est pas un hasard. Elégante et talentueuse, avec un revers à une main rarissime chez les filles, elle a suscité beaucoup d’attentes quand elle a déboulé sur le circuit encore adolescente. Sans doute un peu trop. Cela lui a finalement pris du temps avant de pouvoir répondre à la puissance souvent supérieure de ses adversaires, et son corps ne l’a pas aidée. Ces dernières années, elle a enchaîné les blessures, notamment au niveau des jambes.
Alors Parry a énormément travaillé. « C’est primordial, c’est ce qui nous fait être capable d’enchaîner les matchs, de tenir, de pouvoir être au combat, relate-t-elle. Des fois, quand on fait des grosses préparations, on ne voit pas le résultat tout de suite et c’est frustrant. Je suis très heureuse de le voir maintenant, et de me sentir si bien sur le court. » Mais ce n’est pas tout. Elle a musclé son mental, aussi, puisant dans son ancien coach Gonzalo Lopez des clés pour devenir une vraie « matcheuse ».
Super tie-break survolé
Cela s’est vu ce samedi, par exemple dans ce 3e set si tendu, où elle ne s’est jamais désunie malgré quatre balles de break ratées. « Peut-être qu’avant j’aurais pu croire que j’allais perdre ce match, ou que la marche était trop haute, reconnaît-elle. Là, ça n’a jamais été le cas. Je me suis toujours dit que j’allais avoir d’autres chances. Et que s’il fallait jouer un super tie-break, je le ferai. »
Elle a même fait mieux que ça : elle l’a survolé. Embarquée dans ce dernier jeu de 10 points à la vie à la mort, la Française n’a laissé aucune chance à son adversaire (10-3). Certes, Anisimova, qui a raconté après la rencontre qu’elle se sentait un peu malade depuis le réveil, a commis beaucoup de fautes directes. Mais aussi parce que Parry a parfaitement varié son jeu, se servant de son slice de revers pour casser le rythme de frappe de l’Américaine.
Cet obstacle de taille passé, Diane Parry peut se dire qu’elle a un énorme coup à jouer. Au prochain tour, elle sera opposée à l’invitée surprise du tableau, Maja Chwalinska, sortie des qualifications. La Française ne l’a jamais rencontrée, mais elle connaît des gens qui peuvent la renseigner : son amie Alice Ramé, qui avait perdu contre elle au premier tour des qualif’, et sa coach Julie Coin… mariée à l’entraîneur de la Polonaise. Le monde est petit.
Toute l'actu de Roland-GarrosEn tout cas, voilà une opportunité en or pour celle qui deviendra numéro 1 française à l’issue du tournoi. « C’est vrai que d’habitude, à ce stade, on s’attend plus à jouer une Top 20, reconnaît Parry. Ce sera une belle occasion pour nous deux, je vais récupérer comme il faut pour être à 100 % dans ce match et poursuivre, aller plus loin encore dans le tournoi. » Maintenant qu’elle est là, ce serait dommage d’attendre à nouveau sept ans avant de découvrir ce qui passe un peu plus haut.



















