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Adrian Mannarino, profession marathonien des courts sous le cagnard australien

Open d’Australie 2024 : Adrian Mannarino, profession marathonien des courts sous le cagnard australien

tennisLe Français l’a encore emporté en cinq sets au deuxième tour ce mercredi, ça fait déjà plus de sept heures passées sur les courts dans cet Open d’Australie
Nicolas Camus

N.C.

L'essentiel

  • Adrian Mannarino, 35 ans, vient de remporter deux matchs en cinq sets, confirmant son savoir-faire quand les matchs s’allongent..
  • « Comme dirait Richie (Gasquet), au bout d’une heure de jeu contre moi, tu ne sais plus jouer ». Mannarino explique que son jeu plat et sans consistance rend dingue ses adversaires.
  • Le Français croit beaucoup à la préparation physique. Il dit : « Il y a beaucoup de joueurs qui ont tendance à me charrier là‐dessus et à me dire : "Putain, tu retournes t’entraîner, mais ça sert à quoi ?" ».

A lui non plus, il ne faut pas lui parler d’âge. Alors qu’il étrenne sur cet Open d’Australie son tout nouveau statut de top 20 mondial à 35 ans, Adrian Mannarino semble en plus prendre un malin plaisir à faire durer le suspense sur le court. Après avoir sorti Stan Wawrinka en cinq sets au premier tour, le trentenaire a remis ça ce mercredi au second.

Face à l’Espagnol Jaume Munar (82e à l’ATP), le gaucher avait pourtant parfaitement commencé, menant deux manches à zéro en moins d’une heure et demie (6-3, 6-3). Mais il faut croire qu’il avait besoin d’adversité pour mener le combat jusqu’au bout, puisqu’il a laissé échapper les deux suivantes dans les grandes largeurs (1-6, 2-6) pour mieux porter le coup de grâce dans la cinquième (6-3). En deux matchs, Mannarino a déjà rôti plus de sept heures sous le soleil inondant les courts du Melbourne Park.

Mais ne vous inquiétez pas pour lui, le Français est un habitué. Mieux, on peut sans problème lui octroyer le titre officieux de « meilleur joueur de 5e set du circuit ». Sur les 13 derniers qu’il a eus à jouer, « Manna » en a remporté 11, les deux perdus en route n’ayant rien d’infamant, face à Andy Murray et Roger Federer. Un ratio assez exceptionnel, mais qui ne vient pas de nulle part non plus.

Après sa victoire contre Wawrinka, le numéro 1 français racontait à L’Equipe ce qui fait sa force lors de ces combats au long cours. Il y a son jeu un peu particulier, déjà, à plat, souvent sans consistance, qui rend dingue l’adversaire parce qu’il ne peut pas s’appuyer sur ses balles. « Comme dirait Richie (Gasquet), au bout d’une heure de jeu contre moi, tu ne sais plus jouer », se marre-t-il. Mais aussi et surtout, Mannarino est un dingue de préparation physique.

Luca Van Assche suit l’exemple

« « J’aimerais avoir une vie un peu plus fun avec un petit peu plus de temps libre, mais c’est vrai que je m’inflige beaucoup, beaucoup de travail. C’est ma manière de faire, je crois beaucoup en ça, explique-t-il à nos confrères. Il y a beaucoup de joueurs qui ont tendance à me charrier là‐dessus et à me dire : "Putain, tu retournes t’entraîner, mais ça sert à quoi ?" Parfois c’est un peu pour se rassurer, mais ça me donne beaucoup de confiance. Je me dis que quoi qu’il arrive, je ne baisserai pas. » »

La « Manna touche » fait en tout cas des émules dans le camp français. Le jeune Luca Van Assche est en train lui aussi de se spécialiser dans les marathons. Après James Duckworth au premier tour, le vainqueur de Roland-Garros chez les juniors en 2021 a encore essoré son adversaire en cinq sets ce mercredi. Et pas n’importe qui, puisqu’il s’agit de l’Italien Lorenzo Musetti (6-3, 3-6, 6-7, 6-3, 6-0). Une bien belle manière d’accéder à son tout premier 3e tour dans un tournoi du Grand Chelem.