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Si ce n’était pas un adieu pour Richard Gasquet, ça y ressemblait fort

Open d’Australie 2024 : Si ce n’était pas un adieu pour Richard Gasquet, ça y ressemblait fort

TennisSurclassé par Carlos Alcaraz après avoir résisté un set durant, le Français ne s’est pas totalement prononcé sur la suite de sa carrière. Mais ses mots en disent long
Nicolas Stival

N.S. avec AFP

Ce n’était pas une oraison funèbre, mais ça y ressemblait un peu quand même. Après avoir écrabouillé Richard Gasquet en trois manches (7-6 [5], 6-1, 6-2) ce mardi, au premier tour de l’Open d’Australie, Carlos Alcaraz a dressé un portrait élogieux de sa victime du jour, sans fleurs ni couronnes.

« C’est un grand joueur et surtout quelqu’un de bien », a glissé le n° 2 mondial, mélange délicieux de puissance et de toucher, au micro de John McEnroe, intervieweur de luxe sur la Rod Laver Arena, le court central de Melbourne. « Il a tellement de talent », a ajouté le jeune Espagnol de 20 ans au sujet de son aîné de 37 ans, en saluant comme tous ses collègues avant lui son revers « fou ».

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L’arme préférée de l’Héraultais a encore claqué par intermittence, au grand plaisir des spectateurs alléchés par cette affiche en session de nuit, accrochée pendant une manche avant de virer à la démonstration du Murcian. « J’ai fait des gros revers comme je pouvais le faire à l’époque », a concédé Gasquet en conférence de presse, en reconnaissant s’être « vu gagner ce premier set ».

Un premier set superbe, puis extinction des feux

Par deux fois, à 6-5 15-30 sur service adverse, puis à 5-5 au tie-break, le Biterrois s’est retrouvé à deux points de ce mini-Graal. Sa conquête n’aurait fait que retarder l’échéance. Car, comme prévu, l’essence a vite manqué dans le réservoir de « Richie », dont le langage corporel, à base de grimaces de souffrance, n’a jamais menti au fil d’une carrière démarrée en 2002, un an avant la naissance d’Alcaraz. En face, ce dernier a affiché une mise et une mine impeccables d’un bout à l’autre du match. Un contraste digne d’un vieux sketch des Inconnus.

« « J’ai eu des sensations sur le court, je n’étais pas mort, je ne me sentais pas grotesque, a confessé le désormais 131e mondial, après avoir quitté lundi le Top 100 qu’il squattait depuis 956 semaines (seuls Federer et Nadal ont fait mieux à ce jour). Je ne suis pas venu pour rien. Je me suis quand même senti joueur de tennis. » »

Gasquet n’a pas voulu insulter l’avenir, même s’il a avoué sans surprise : « peut-être que je ne rejouerai plus ici ». Et ailleurs ? « On verra comment la saison se déroule, si j’arrive à remonter un petit peu. » Après avoir connu l’ivresse des sommets (ou pas loin), fréquenter les mornes tournois Challengers où d’anciennes gloires qui n’ont pas encore fait le deuil de leur carrière côtoient de jeunes morts de faim dans un anonymat certain a des airs de vilaine gueule de bois.

Alors que Gaël Monfils, qualifié pour le deuxième tour à Melbourne, profite de son été indien, les autres « Mousquetaires » (Gilles Simon, Jo-Wilfried Tsonga), il est vrai légèrement plus vieux, ont déjà rangé leurs raquettes. Pour l’ancien numéro 7 mondial, ce n’est sans doute plus qu’une question de mois. Un dernier tour de piste à Roland-Garros, face à son ami et éternel tourmenteur Rafael Nadal, ça aurait une sacrée gueule, non ?