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Sinner forfait, l’organisation du tournoi sous le feu des critiques

Masters 1000 de Paris-Bercy : Sinner déclare forfait, l’organisation du tournoi sous le feu des critiques

TENNIS« Fatigué », Jannik Sinner avait quitté le court central de Bercy à 2h47 la veille, et devait affronter Alex De Minaur à 17h, soit 14 heures plus tard. Intenable. Les organisateurs du tournoi sont vivement critiqués
William Pereira

William Pereira

L'essentiel

  • Le joueur Jannik Sinner a annoncé son forfait pour le 8e de finale du Masters 1000 de Paris-Bercy en raison de la fatigue, après avoir terminé son match précédent à 2h37 du matin.
  • Son 8e de finale contre De Minaur était programmé jeudi à 17h, soit moins de 14h plus tard, ce qui a valu à l’organisation quelques critiques
  • Les matchs à rallonge lors des premiers jours du tournoi, et notamment mercredi, ont exacerbé le problème

A Bercy,

Le gros coup de bambou dans la caboche pour les organisateurs du Masters 1000 de Paris-Bercy. Aux alentours de 15h30, jeudi, Jannik Sinner a annoncé son forfait pour le 8e de finale l’opposant à Alex De Minaur sur le court central à 17h, c’est-à-dire moins de 15 heures après la fin de son match au milieu de la nuit face à McKenzie Mcdonald. Le motif avancé par l’Italien est très simple : « fatigue », le genre de choses qui arrivent quand on termine un match à 2h37 du mat. Qui aurait pu prédire, surtout après les mots du joueur après sa victoire : « ce n’est pas l’idéal de jouer si tard, on verra comment je me sens dans les prochaines heures. » Sur X (anciennement Twitter) Casper Ruud compatissait avec véhémence. « Bravo l’ATP, belle façon d’aider un des meilleurs joueurs du monde à récupérer et à être le plus prêt possible alors qu’il a fini son match précédent à 2h37 ce matin. 14,5 h pour récupérer… Quelle blague. »

L’ATP déconseille les matchs passés minuit

Mauvais esprit à part, précisons que le programme du jeudi était tombé comme le veut la coutume en début de soirée mercredi, c’est-à-dire bien en amont de la victoire de Spirou face au géant du burger. A mesure que la soirée avançait, il devenait impossible d’opérer des changements de planning : entre les couche-tôt qu’il aurait fallu réveiller, les réservations des courts pour les entraînements matinaux déjà calés et Novak Djokovic, qu’on ne bouge pas de là où il est, l’équation était de toute façon insoluble.

Que restait-il ? Prendre la décision de décaler Sinner-McDonald sur le court n°1 en constatant que l’épilogue du duel Zverev-Humbert n’arriverait pas avant l’heure du souper en Espagne ? Le reporter – dans son « rule book », l’ATP déconseille formellement la tenue des matchs passé minuit – quitte à repousser le problème ? Dans un monde où on n’aurait pas fait patienter des heures sous la pluie froide les détenteurs des billets pour le soir, sans doute. Pas dans le nôtre.

Parce que figurez-vous que pendant qu’Humbert et Zverev s’envoyaient parpaing sur parpaing pendant 3h30, les spectateurs de la night session, qui avaient lâché 100 pépètes pour rentrer dans le stade à partir de 19h30, se prenaient les prémices de la tempête Ciaran sur le parvis, quand les plus chanceux se serraient comme sur le RER A dans le hall d’entrée pour mater le match à la télé… jusqu’à 21h30 !

Un seul paramètre complètement hors de contrôle aurait pu sauver les organisateurs de la gabegie et laissé un sursis à Jannik Sinner : une nouvelle journée de matchs à rallonge, grande tendance du début de semaine à Bercy. Mercredi, la journée avait démarré par un duel frisson entre Dimitrov et Medvedev, long de 2h56. Le lendemain, pas de bol. Le Bulgare, de nouveau en ouverture, a décidé d’expédier Alexander Bublik, (6-2, 6-2) et Andrey Rublev, qui passait juste après, n’a pas non plus fait dans le sentimental avec Botic van de Zanschulp (6-3, 6-3). En durée cumulée, on obtient 2h15 pour ces deux matchs. Par rapport aux deux journées précédentes, c’était Fast & Furious.

Les organisateurs du tournoi manquent-ils « de considération pour la santé des joueurs » comme le regrettait Darren Cahill, coach de Sinner, sur son compte Instagram ? A priori non. Mais il convient de s’interroger sur le bien-fondé de ces premières journées boulimiques et des contraintes imposées par la double billetterie. Car il semblerait, pour l’heure, que la balance intérêt économiques et intérêts sportifs ne soit pas parfaitement équilibrée. Le karma étant ce qu’il est, Alexander Zverev, lui aussi rincé de la veille, s’est incliné en deux manches contre Stefanos Tsitsipas. Un match conclu à 16h45, laissant le court central vide pendant trois heures, le temps pour la session de nuit de commencer. Tellement ironique qu’il a fallu combler en urgence avec un double entre la paire Rublev/Kachanov et les deux terreurs Skupski et Koolhof. Miam.