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Masters Paris-Bercy : « Pas si loin » de Zverev, Humbert boucle le pire tournoi des Français sur une note festive
TENNIS•Ugo Humbert s’est incliné de peu contre Alexander Zverev (4-6, 7-6, 6-7) au 2e tour à Bercy, à l’issue d’un match dont il peut s’enorgueillir malgré l’issue malheureuseWilliam Pereira
A Bercy,
On parlera longtemps de ce point perdu par Ugo Humbert à 5-5 dans le tie-break de la 3e manche. La définition même de se tirer une balle dans le pied. Jusqu’ici si serein malgré des petits trous d’air légitimes face à un adversaire du calibre d’Alexander Zverev, le dernier Français en lice à Bercy a craqué au pire moment en challengeant au beau milieu du point – très probablement sous l’influence d’un public qui criait à la faute – une balle pleine ligne de l’Allemand. Son langage corporel, un pas vers l’arrière et un timide bras en l’air, donne l’impression de regrets immédiats. Mais le mal est fait, le point est interrompu et la sentence du hawk-eye tombe : la balle est bonne, le point accordé à Zverev. Humbert a beau haranguer la foule du court central et l’embarquer dans une dernière éruption sonore, le mal est fait, et définitif.
Froid comme la glace, l’Allemand décoche une énorme première balle et récite ses fondamentaux pour finir le travail. « Tout d’abord, je suis désolé d’avoir gagné », s’excusera-t-il quelques secondes plus tard au micro de Marc Maury, après avoir tiré sa révérence au Français. Pas de quoi, Sascha. Comme au rugby, on préférera pester contre le tirage au sort d’avoir mis sur la route du seul joueur français valable le n°7 à la race. Car de ce qu’on a vu sur ses deux matchs, si Altmaier, Van de Zanschulp et Safiulin sont en 8es, Ugo avait les quarts dans les pattes.
« « Je suis pas si loin de ces joueurs [comme Zverev], dit-il, souriant comme les soirs de victoire, en conférence post-match. J’aurai un meilleur classement la semaine prochaine [il est virtuellement 22e mondial, son meilleur classement]. Je commence à m’habituer à l’intensité et au niveau de jeu requis pour battre ce genre de joueurs. Je m’en rapproche. Si je continue, à un moment donné ça va passer. » »
Et soudain, Bercy s’enflamma
Certes, le contexte historiquement préoccupant du tennis français – un seul représentant au 2e tour pour la première fois et aucun en 8e pour la deuxième fois seulement depuis 1990 – interdit tout enthousiasme autour d’une défaite, aussi encourageante soit-elle. Mais avouons qu’on a bien vibré, le cul vissé sur notre siège pendant 3h32 minutes. A croire que les cris au nom d’(H) Ugo sont gages de soirées folles à Bercy. Gaston en 2021, Humbert deux ans plus tard, tout pareil, ou presque. Le jeu d’Humbert, moins propice à faire lever les foules que celui de Gaston, n’a pas toujours suscité l’euphorie. Mais le public a fini par monter en puissance au rythme où son favori prenait la mesure de l’événement.
« Ma seule déception est de n’avoir pas pu leur offrir la victoire. Ce public m’a soutenu jusqu’au bout et je sentais qu’il était capable de faire basculer le match. » Bonne intuition : dans le 2e set, à 5-4, et alors qu’Alexander Zverev servait pour plier l’affaire en seulement deux manches, le Français ressuscite de nulle part pour recoller à 5-5 et embarquer son adversaire dans un tie-break à sens unique. Il y aura un 3e et dernier set.
« J’ai fait un malaise, je me sentais partir »
Derrière le masque de la détermination qui lui sied si bien, voilà longtemps qu’Humbert a été abandonné par son corps. « Physiquement, j’étais à bout après une heure et demie de jeu. Je suis sorti du court, j’ai fait un malaise. J’avais le souffle court, les yeux commençaient à se fermer. J’ai dit à Jérémy (Chardy) que je me sentais partir. J’ai pris un coca et me suis allongé dix minutes. » Une bonne pub pour la marque américaine au vu de la suite de la rencontre, une compilation d’échanges en forme de bras de fer et d’aces (14 pour Humbert, 11 pour Zverev) en mode duel de pistoleros du Far West dans lequel le Français n’a jamais fait tache. « C’était un super match, j’aurais préféré le gagner. Sur la façon de jouer, j’ai fait beaucoup plus de bonnes choses que de mauvaises. Je fais confiance au process, ça finira par passer. Ce soir, je n’ai rien à regretter. » Même pas ce petit challenge à 5-5 dans le tie-break ?


















