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Masters de Paris-Bercy : Doigts d’honneur et points de fous… Dimitrov et Medvedev au sommet du divertissement
TENNIS•Grigor Dimitrov a battu Daniil Medevdev en trois sets (6-3, 6-7, 7-6)William Pereira
A Bercy,
Tut, tut, les médisants ! A tous ceux qui doutaient de lui – nous les premiers – sachez que Grigor Dimitrov en a dans la caboche. Pourtant, on ne compte pas les fois où on s’est dit, lors de son duel acharné contre Daniil Medvedev en 16es de finale que « cette fois, c’est sûr, il va craquer » ou encore que « le Russe est rentré dans sa tête ». Au moins autant que de balles de matchs paumées par le Bulgare (six !) avant d’achever le bouillonnant n°3 mondial. Au doigt mouillé, on note :
- La fin du 2e set, remportée par Daniil. Physiquement et mentalement, il était inconcevable de voir Grigor tenir.
- La balle de match à 47 coups remportée par Medvedev qui, rappelons-le, en était encore à jeter sa raquette par terre 30 secondes plus tôt. IM-POS-SIBLE de s’en relever.
- Le débreak du Russe sur ce même jeu. « Allez c’est cuit, il va gagner 7-5 », entendait-on dire en tribune presse.
- La balle de match sauvée sur une 2e première de Medvedev, décidément imperméable à la peur de perdre.
Etrangement, inhabituellement, même, le Bulgare n’a jamais donné l’impression se sombrer. Il était même serein tout du long, mais le mental du bonhomme est ce qu’il est depuis des années, l’inverse de fiable. Le plan de jeu était rodé : faire courir Medvedev, profiter de sa passivité pour l’attaquer dans tous les sens et le rendre chèvre avec son slice. « Il a mieux joué, je ne suis pas sûr que j’aurais pu faire beaucoup mieux », s’inclinera Medvedev, beaucoup plus détendu en conférence de presse que sur le court, où il s’est, une fois n’est pas coutume, fait pourrir par le public. « Je ne dirai pas que c’est le pire du circuit, mais entre lui et moi ça ne connecte pas, commente-t-il en français. La seule fois où j’ai gagné ici, il n’y avait pas de public. »
Medvedev quitte Bercy sur des doigts d’honneur
Machine à remonter dans le temps, 5-5 dans le 2e set. Poussé par Bercy, Dimitrov vient de remporter trois jeux de suite au moment où son adversaire se voyait égaliser à une manche partout. Frustration, jet de raquettes, sifflets. Furieux, Medvedev refuse de continuer à jouer dans ces conditions, et s’en remet à l’arbitre, donnant lieu à une pièce de théâtre en un acte.
- Je ne vais pas jouer alors qu’ils sifflent !
- Tu dois aller jouer. Plus tu arrêtes (de jouer), plus ça les énerve, plus ils sifflent.
- Ils sont bêtes ! S’ils ne sifflent pas, je joue !
(Medvedev, au public)
- Hé, vous (ne) sifflez pas, je joue les gars, mais fermez vos bouches, ok !
Le meilleur restait encore à venir. Après une accalmie, le Russe finit par perdre son sang-froid une deuxième fois. Les jets de raquette sont toujours accompagnés de sifflets, mais la réponse du joueur est différente. On revient aux fondamentaux. Vous vous rappelez du légendaire doigt d’honneur à l’US Open ? Dites bonjour à la feinte de coiffage doublé d’un bras d’honneur, un geste qui sera répété plusieurs fois. Et que dire de sa sortie pleine de panache du court sous les huées de Bercy, à qui il adressera un dernier doigt d’honneur, cette fois beaucoup plus franc. « Je regardais juste mes ongles, niera-t-il avec le sourire et beaucoup de mauvaise foi après le match. Pourquoi je ferais ça à une si belle foule ? »
Eliminé au premier tour, Andy Murray a savouré son popcorn devant ce sommet de divertissement. « Medvedev-Dimitrov, c’est un des meilleurs duels du circuit à regarder à mon avis. Opposition géniale dans les frappes, le style et la personnalité ». Les esthètes se satisferont de la qualification du Bulgare, quand les amateurs de drama regretteront le départ de l’idole suprême. Y a pas moyen de repêcher Daniil, comme ça, pour le fun ?


















