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INTERVIEWSur Twitch, Gilles Simon veut commenter le tennis « comme si on était entre potes »

Masters 1000 Paris-Bercy : Commentateur d’un jour, Gilles Simon veut parler de tennis « comme si on était entre potes »

INTERVIEWUn an après avoir mis un terme à sa carrière, Gilles Simon était de retour à Bercy pour commenter les qualifications sur Twitch afin de séduire un public plus jeune et dépoussiérer l’image du tennis à la papa
Gilles Simon (à droite) a commenté les qualifications du tournoi de Bercy, ce week-end, sur la plateforme Twitch.
Gilles Simon (à droite) a commenté les qualifications du tournoi de Bercy, ce week-end, sur la plateforme Twitch.  -  Emilie Hautier / FFT
Aymeric Le Gall

Propos recueillis par Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • Le Rolex Paris Masters débute ce lundi du côté de Bercy, dans le 12e arrondissement de Paris, avec du beau linge pour cette édition 2023.
  • Pour la première fois dans l’histoire des Masters 1000, les qualifications ont été diffusées ce week-end en direct sur Twitch, avec Gilles Simon aux commentaires.
  • Celui-ci nous a accordé une interview afin d’évoquer sa retraite et la manière dont il souhaite commenter le tennis afin de plaire à la jeune génération.

Si le tableau principal du Rolex Paris Masters débute ce lundi à Bercy, cela fait déjà deux jours que le tennis a pris possession des lieux, à l’occasion du traditionnel week-end de qualification. Et cette année, les organisateurs ont décidé de diffuser ces qualifs en direct sur Twitch avec un certain Gilles Simon aux commentaires. A cette occasion, le néoretraité a accepté de répondre aux questions de 20 Minutes.

Histoire d’abord de prendre des nouvelles de celui qui a joué son dernier match officiel ici même, c’était en 8e de finale contre Félix Auger-Aliassime l’an passé, mais aussi de parler de la nécessité pour le tennis de dépoussiérer son image un peu vieillotte et de séduire un public plus jeune. Souvent critique à l’égard des commentaires à la papa, Gilles Simon a souhaité profiter de cette expérience, la toute première pour un Masters 1000, pour tester de nouvelles choses. Il espère que cela permettra de rendre les matchs plus attractifs pour la nouvelle génération.

Cela fait un an presque jour pour jour que vous avez pris votre retraite, c’était ici même, à Bercy. Comment ça se passe pour vous, ça n’a pas été compliqué ? On parle souvent de petite mort au moment de la retraite sportive.

Pas du tout ! Avec le recul, aujourd’hui, je me sens très très heureux et chanceux de la manière dont ça s’est terminé. Je ne regrette rien. Quand je reviens ici, à Bercy, là où tout s’est terminé, je suis ravi de ne pas jouer (rires). Je suis juste content de venir ici en observateur, de revoir les copains et de les voir jouer, parce que j’adore le tennis et que j’en consomme beaucoup au stade ou à la télé. Mais sinon tout va bien, je n’ai pas fait de dépression post-carrière ou quoi que ce soit. Il était vraiment temps d’arrêter. J’avais participé au documentaire sur Canal+ sur le crépuscule des champions, et quand je regarde les autres participants, je me suis rendu compte que tout le monde ne s’était pas arrêté de la même manière.

C’est ça le plus dur justement, de savoir s’arrêter au bon moment.

Oui, absolument. Je me suis déjà demandé la saison passée si je n’avais pas poussé trop loin ma carrière. Je n’ai pas voulu arrêter avec le Covid, pourtant je sentais déjà que c’était compliqué physiquement et dans la tête. J’ai eu peur de tout gâcher, la dernière année je ne gagnais plus un match et jamais je ne me serais attendu à faire d’aussi bons matchs à Roland-Garros et à Bercy, c’était totalement improbable. Donc c’est en ça que je dis que je me suis senti chanceux, je me suis dit « oh putain c’est un miracle que ça se passe comme ça » et je ne me suis pas dit « ah, mon niveau revient, je devrais continuer une saison de plus ». Et c’est vraiment une chance que ça se soit passé comme ça, je me suis dit « tu sais quoi ? C’est nickel, hop !, rideau ».

Il y en a un qui repousse le moment de la retraite, c’est Gaël Monfils, qui a retrouvé un bon niveau et espère réaliser un petit truc à Bercy histoire de finir l’année en beauté. Comment analysez-vous son retour sur le devant de la scène ?

Gaël est très en forme, quand tu le vois bouger, t’as presque l’impression qu’il a encore 25 ans. Même si physiquement il connaît encore des hauts et des bas, il y a toujours ce spectre des blessures, mais quand il revient et qu’il joue, il court, il fait huit glissades dans l’échange, il n’a vraiment pas perdu son niveau, c’est cool. A l’inverse de Richard (Gasquet) qui, lui, pour le coup, a vraiment baissé physiquement et qui ne tient vraiment qu’avec son tennis qui peut être très bon. Quand il se sent mieux physiquement, il peut te sortir une très bonne semaine, et après il connaît de nouveau des passages à vide. Alors que Gaël on a l’impression que quand il est dans une bonne phase, il peut garder un très bon niveau plusieurs semaines de suite comme il l’a fait cet été. L’heure d’arrêter n’a pas encore sonné pour lui.

Souvent dévaluées, les qualifications sont pourtant l’occasion de voir du beau tennis et des ambiances sympa. On se souvient notamment de Lucas Pouille, cet été, à Roland. Que penses-tu de l’idée de diffuser les qualifs de Bercy sur Twitch ?

Moi je trouve ça super. Déjà, ça se passe le week-end, c’est donc un autre public. Car il ne faut jamais oublier que quand le tournoi va commencer, lundi, à 11 heures, à part le passionné de tennis qui décide de poser sa journée pour venir à Bercy, tout le monde ne peut pas se permettre de venir. C’est un public plus âgé qui vient. On parle souvent de la moyenne d’âge des spectateurs de tennis, qui est assez élevé, mais c’est aussi lié à l’organisation de notre sport, son calendrier. Tu joues un mardi à 11 heures du matin, ben les gens travaillent et les enfants sont à l’école. Bon, ici cette année, à Bercy, c’est un peu différent car ça tombe pendant les vacances scolaires, mais sur l’année ce problème est réel.

Pour en revenir à ces qualifications, quand bien même on pourrait se dire que le niveau est plus faible, c’est l’occasion de venir voir des joueurs qui sont tous dans le tableau final de Roland-Garros, c’est du très haut niveau. Et comme ça se passe le week-end, t’as forcément un public plus jeune qui se déplace. Et le fait de diffuser ça sur Twitch, c’est aussi l’occasion de séduire les jeunes, et nous, ça nous permet de commenter de manière un peu différente. Et parfois un peu plus pointilleuse aussi car les gens qui vont regarder les qualifs de Bercy, ce n’est pas monsieur tout le monde non plus.

Tout cela mis bout à bout, ça fait que c’est une expérience hyper intéressante. Twitch est un support plus adapté à la nouvelle génération. Les gens qui vont regarder ont la vingtaine ou la trentaine, ils aiment le tennis et on va donc pouvoir leur parler un peu plus normalement, pas comme les commentateurs traditionnels. L’idée c’est de commenter comme si on était entre potes dans notre salon. Bon, en s’étant habillé quand même (rires) ! Des trucs du genre « ah putain ce coup droit il est phénoménal ! », ou « ah, celle-là, je ne l’aurais pas jouée comme ça ».

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Quelle sera la patte de Gilles Simon le commentateur ? Par le passé il vous est arrivé de critiquer la manière dont c’était fait à la télé, sur les chaînes traditionnelles.

Je ne m’en suis jamais caché, je n’ai jamais aimé la manière dont le tennis était proposé à la télé. J’estime que la manière dont s’est fait, dont s’est commenté, n’importe qui pourrait le faire. Si c’est juste pour dire « elle est bonne, elle est faute », ça ne m’intéresse pas. Donc je vais essayer de faire ça autrement. Je n’ai rien préparé de particulier, ça se fait au feeling. Après, ça plaira, ça ne plaira pas, on verra. Ce qui est bien avec Twitch c’est qu’on aura les retours des spectateurs en direct, donc on saura vite ce qu’ils en pensent et on pourra commenter un match d’une certaine manière et changer au match suivant si ça n’a pas plu. Je trouve l’initiative intéressante et novatrice. Il y a toute une manière de présenter le tennis d’une manière plus moderne et c’est ce qu’on essaye de faire.

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