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ON FIRECoups de folie et ambiance de zinzin, papi Gasquet a frôlé l’exploit contre Paul

Masters Paris-Bercy : Coups de folie et ambiance de zinzin, papi Gasquet a frôlé l’exploit contre Paul

ON FIREMalgré trois balles de match, dans une salle de Bercy surchauffé, Richard Gasquet (37 ans) s’est incliné lundi soir contre Tommy Paul, onze ans de moins au compteur de la vie
Gasquet a enflammé Bercy avant de s'incliner au tie-break contre Tommy Paul.
Gasquet a enflammé Bercy avant de s'incliner au tie-break contre Tommy Paul.  - Dimitar DILKOFF  / AFP
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • Richard Gasquet n’est pas passé loin de l’exploit, lundi soir, contre l’Américain Tommy Paul, lors du premier tour du Masters 1000 de Paris-Bercy.
  • Après un premier set d’anthologie (6-0), le Français de 37 ans s’est fait remonter avant de revenir dans le match et de s’incliner malgré trois balles de match.
  • Si cette défaite fait mal, Gasquet a promis de vite oublier le résultat pour ne se rappeler que du meilleur : une ambiance de dingue comme seule Bercy sait en offrir.

(Plus ou moins) à Bercy,

Il y a quelque chose de paradoxal à regretter de ne pas avoir assisté à une défaite française au tennis. Déjà parce qu’il y a toujours de quoi se rattraper le jour suivant, mais surtout parce qu’en tant que bon patriote de la balle jaune, on préfère forcément quand ça rigole. Et pourtant, l’élimination de Richard Gasquet contre Tommy Paul (tête de série numéro 12), lundi soir, au bout de la nuit, avait quelque chose de beau et de cruel à la fois. Et nous l’avons regardée à la télé à défaut d’être en direct live des gradins endiablés, la faute à des matchs s’étant étiré toute la journée sur le court central.

Beau et cruel, donc. Beau, parce que Richard. Du haut de ses 37 ans, le Français a démarré son match contre l’Américain comme on fait le ménage chez soi après une fiesta du feu de dieu : au napalm. Des courses de dératés à vous faire oublier le poids des années, des coups gagnants d’une douceur bienvenue en ce début d’hiver et des revers d’extraterrestres pleine ligne, en vingt-sept minutes, Gasquet venait de faire danser le madison à ce pauvre Tommy Paul.

Cruel, parce que le mental (et les jambes) auront finalement eu raison du Bitterois. Depuis les tribunes, Brad Stine, le coach de l’Américain, invitait son poulain à obliger Gasquet « à se sentir très vieux ». Rattrapé à un set partout et défait lors d’une troisième manche épique où, de 5-2 Paul, Gasquet a entamé une remontada à peine croyable, avec des séquences de jeu à vous faire vriller les entrailles, avant de céder dans le tie-break malgré trois balles de match, le Français avait des regrets plein le gosier.

Une ambiance de feu à Bercy

« Forcément, je mène 6-3 dans le tie-break, je me suis vu vainqueur. Mais je me suis vu perdant aussi, il faut quand même pas oublier qu’à 5-2 double break contre moi c’était pas la folie. Mais j’ai réussi à remonter en faisant des énormes points et c’est vrai qu’à 6-3 je prends deux gros services qui me font un peu mal parce que j’avais énormément de moral, a-t-il analysé tard dans la soirée, en conférence de presse. Je me retrouve à 6-5 très très vite et là je fais la double. Avec le stress, tout peut arriver. J’aurais forcément aimé gagner mais ce n’est ni la première ni la dernière fois que ça va arriver. »

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L’expérience aidant, l’actuel numéro 68 mondial devrait vite évacuer cette déception pour ne garder que le meilleur, cette ambiance exceptionnelle que l’on se pressera de regretter quand, faute d’infrastructures à la hauteur d’un Masters 1000 sur les courts annexes de Bercy, le tournoi sera délocalisé à la Défense Arena. « C’est le sport, tu perds, le lendemain t’oublies la défaite, il faut repartir. Là, je suis très déçu mais demain il faut oublier pour essayer d’être meilleur la semaine prochaine et essayer de progresser. Le public était fabuleux. Il n’y a qu’à Roland-Garros et à Bercy que tu as des ambiances comme ça. Tu joues pour des ambiances comme celle-ci. C’est pour ça que j’ai continué cette saison. »

Profiter le plus longtemps que possible

Quand nous l’avions interrogé cet été, après un come-back inespéré dans le top 50, le garçon nous avait bluffés par son amour toujours intact d’un sport exigeant qui en a essoré des bien plus jeunes que lui. Et lundi soir, le discours n’avait pas changé d’un millimètre, alors que sonne l’heure du repos de fin de saison. Interrogé sur cette quête du plaisir sans date limite de consommation, Gasquet a comparé sa situation à celle d’un autre tennis-addict, Stan Wawrinka (38 ans).

« C’est juste la passion du jeu tout simplement, tu vis des émotions, ce soir tu perds mais ça fait partie du jeu. Tu es déçu forcément mais ce qui reste c’est ce public, les sensations que tu peux avoir sur le court. Il n’y a pas énormément de personnes qui connaissent ça. Mais on saura s’arrêter lui comme moi quand on n’aura plus du tout le niveau. » Ce qui est loin d’être le cas comme il nous l’a encore montré lundi soir.

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