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Comment Louis Bielle-Biarrey a remis les Bleus dans le droit chemin

France - Australie : Doublé, passes décisives… Comment Louis Bielle-Biarrey a remis les Bleus dans le droit chemin

La revanche de l’homme casquéLe XV de France s’est imposé face à l’Australie, samedi soir, grâce notamment à un doublé de l’ailier de l’UBB Louis Bielle-Biarrey
Rugby : Le brief-débrief de France-Australie (48-33)
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Pour le dernier match de la tournée d’automne, le XV de France, malgré une pluie d’essais, s’est imposé difficilement face à l’Australie (48-33), samedi.
  • Les Bleus ont notamment pu compter sur un doublé du serial marqueur, Louis Bielle-Biarrey, auteur d’un doublé, dont une œuvre d’art avant la mi-temps.
  • Muet lors des deux premiers matchs face à l’Afrique du Sud et les Fidji, l’ailier de l’UBB a aussi délivré deux passes décisives lors de cette rencontre.

Au Stade de France,

Ce n’était pas une tâche aisée, mais les Australiens l’ont fait. Et de fort belle manière qui plus est. Pendant que les courageux spectateurs venus samedi soir au Stade de France braver le froid et le vent (et la neige en fin de soirée) se demandaient si une réincarnation possible en stalagmite était possible, les Wallabies n’ont pas hésité à glacer davantage tout ce beau monde. Une première percée, une pénalité, des pick & go à gogo et un essai, le tout en moins de trois minutes, le décor était planté.

Et voilà que les démons de minuit ont refait leur apparition de manière précoce sur le rectangle vert. Les mêmes qui avaient déjà tourmenté des Français en panne de confiance face à l’Afrique du Sud et les Fidji. Cabossés après ces deux rencontres inabouties, les Bleus pâtissaient de symptômes déjà entrevus : une indiscipline chronique, une défense poreuse et une attaque en manque de fantaisie qui empêchait le danger n°1 des Bleus, Louis Bielle-Biarrey de surfer sur son rythme de croisière en club.

Bielle-Biarrey muet face aux Boks et aux Fidji

Trente-trois essais en trente matchs la saison dernière, sept en autant de rencontres de Top 14 avec l’UBB dans ce nouvel exercice, LBB n’est pas du genre à plaisanter. Sauf que, face aux Boks et aux gaillards du Pacifique, l’ailier casqué n’a pas eu grand-chose à se mettre sous la dent, hormis une petite percée pour envoyer Charles Ollivon à l’essai face aux Iliens la semaine dernière. Pas de fulgurance, de crochets dévastateurs, de pointes de vitesse à ridiculiser Usain Bolt, nada.

Le début de match en fanfare des Aussies nous laissait imaginer le pire, tant pour les Bleus que pour le Bordelo-Béglais. Heureusement, pas très longtemps : huit petites minutes, à tout casser. Le temps pour « Loulou » de s’infiltrer entre deux Australiens, incapables d’arrêter la fusée tricolore, et de lancer, sous les hourras de la foule prête à tout pour se réchauffer, son coéquipier et pote de club Nicolas Depoortere à l’essai. Clinique et salvateur pour les Bleus.

Une nouvelle passe décisive, qui en amènera une autre juste après les citrons, avec toujours le même homme à la conclusion. Faire marquer, c’est bien, mais il ne manquait pas un petit truc pour le meilleur réalisateur du dernier Tournoi des VI Nations, nommé parmi les quatre joueurs à prétendre au titre de meilleur rugbyman du monde ? « Je suis juste content quand on marque, que ce soit moi qui fasse la passe, qui marque, a sobrement réagi LBB en zone mixte après le match. Par exemple, en maul, je suis aussi content. Ça vaut cinq ou sept points, c’est le plus important. »

Le coup de génie de LBB

Encore plus important quand votre équipe est accrochée par une nation que l’on disait moribonde, pas capable de batailler avec les U13 de Malemort (avec tout le respect que l’on a pour cette charmante bourgade corrézienne). Alors, il n’y avait qu’à frotter la lampe pour que le génie Bielle-Biarrey apparaisse. On jouait la demi-heure de jeu (12-12) quand le Stade de France a vu un funambule au casque rouge filer à toute berzingue sur son côté gauche.

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Lancé pleine balle par son coéquipier à Bordeaux Damian Penaud, LBB a pris tout le monde de vitesse avant de tenter un petit par-dessus pied gauche, s’il vous plaît, pour lui-même avant de conclure par un dernier coup de reins pour mystifier le dernier défenseur australien, parti découvrir les dernières espèces les plus dangereuses du monde, avec un mélange de joie et de soulagement au moment d’aplatir près des poteaux.

« Ça passe plutôt bien du pied gauche, a commenté le garçon formé du côté de Grenoble. Des fois, ça ne part pas tout le temps exactement où je veux. Mais là, ça m’a réussi et je suis vraiment content parce que c’est un essai qui nous fait du bien. C’est vrai que je suis tout le temps content de marquer. Ce sont toujours des émotions fortes, surtout en équipe de France. »

Les Bleus libérés, délivrés

Privé de tournée estivale avec les Bleus en raison de la finale de Top 14 disputée par l’UBB et de son trop grand nombre de minutes jouées la saison passée, Louis Bielle-Biarrey n’avait plus marqué avec les Bleus depuis le dernier match du Tournoi des VI Nations face à l’Ecosse, en mars dernier. Auteur de son 19e essai avec les Bleus sur cet exploit personnel, l’ailier a rajouté une unité à son compteur en fin de rencontre, après une percée monumentale de Kalvin Gourgues, qui fêtait sa première sélection.

Un essai beaucoup plus simple à marquer, où il n’a eu besoin que d’allumer le dragster pour ne pas se faire rattraper, qui a permis aux Bleus de prendre vraiment le large (39-26) et de casser les derniers espoirs australiens de repartir sur leur île en décrochant le scalp des Français. Dans les balbutiements offensifs des Bleus, Louis Bielle-Biarrey reste une valeur sûre. Et il est persuadé que la suite n’en sera que meilleure.

« On a quand même des joueurs assez bons offensivement, assure le jeune homme de seulement 22 ans. On a été mis en échec dans certains domaines du jeu, notamment en attaque sur les deux premiers matchs. On a mis au point deux ou trois trucs sur notre jeu, essayé de plus l’aérer et ça nous a réussis. J’espère que c’est de bon augure pour la suite. » On l’espère, il y a un Tournoi et une Coupe du monde à aller chercher, quand même. Et ça sera quand même plus simple s’il finit en terre promise.