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Une revanche, quelle revanche ? Comment les Bleus se sont encore écroulés

France - Afrique du Sud : Une revanche, quelle revanche ? Comment les Bleus ont fait pour encore s’écrouler face aux Boks

DérouteLe XV de France a été battu par l’Afrique du Sud (17-32), samedi soir au Stade de France, dans ce qui devait être la revanche du Mondial 2023
France-Afrique du Sud : Le Brief-Débrief de la défaite des Bleus (17-32)
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • L’équipe de France s’est inclinée contre les Springboks (17-32), samedi soir au Stade de France, deux ans après avoir été battue par les mêmes Boks en quart de finale du Mondial.
  • Alors qu’ils souhaitaient prendre leur revanche, les Bleus ont été balayés après le repos par des Sud-Africains qui étaient en infériorité numérique depuis la pause.
  • Avec cette nouvelle défaite, les hommes de Fabien Galthié comptent désormais neuf défaites sur leurs dix derniers matchs face à l’Afrique du Sud.

Au Stade de France,

Heureusement, certains détails ne trompent pas : des tubes qui passent exclusivement sur Nostalgie, des débats sur la chasse chez certains de nos confrères ou des bérets à la pelle chez des spectateurs bien trop nombreux à porter une simple moustache. Oui, samedi, le Stade de France accueillait bien, avec un alléchant France-Afrique du Sud, un match de rugby. Mais il y avait parfois quelques airs de Parc des Princes (toutes proportions gardées) un soir de match du PSG.

Oubliez la bienséance et les valeurs du rugby, samedi, les 80.000 spectateurs de l’arène dyonisienne avaient un compte à régler avec l’ennemi public n° 1 sud-africain. Celui-là même qui les a privés de continuer leur rêve vers un premier titre mondial à la maison il y a deux ans. Alors, pour faire payer l’hérétique, tous les moyens étaient bons : annonce de la composition de l’équipe sud-africaine huée, chaque passage d’Eben Etzebeth (le Jacques Mesrine du Cap) sur l’écran géant conspué, même chose pour toutes les tentatives au pied de l’imprononçable Sacha Feinberg-Mngomezulu.

Une ambiance « intimidante »

Le Stade de France, habituellement prêt à donner de la voix seulement pour reprendre Dans les yeux d’Emilie à tue-tête, s’est transformé le temps d’une soirée en Bombonera argentine pour aider les Bleus à laver leurs pêchés. « Jouer ici, dans cette atmosphère, les Français doivent être fiers de leurs supporteurs, a félicité le sélectionneur sud-africain après la rencontre. C’était intimidant pour nous. Mais, heureusement, on avait déjà vécu ça en 2019, en 2022 ou en 2023. »

Et ce n’est donc pas les cris massifs de la foule, pas plus que le nouveau plan de Fabien Galthié qui a bien pu perturber Siya Kolisi, qui a fêté sa 100e cape, et ses petits copains. Après la joue gauche en 2023, le XV de France a tendu la droite pour se faire fesser à domicile (17-32) et enchaîner une quatrième défaite d’affilée. Une revanche, quelle revanche ? Le XV de France est reparti vers Marcoussis les valises pleines et des maux de tête par milliers.

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Pourtant, tout avait bien commencé avec un essai de Damian Penaud (auteur d’un doublé), devenu meilleur marqueur d’essais de l’histoire de l’équipe de France, quelques minutes seulement après une merveilleuse Marseillaise chantée a capella, une présence pas si catastrophique sous les ballons hauts, des avants qui tiennent plutôt le coup face aux buffles sud-africains. C’était écrit, les Bleus tenaient leur match référence face aux doubles champions du monde.

Un 19-0 dans les dents

Mieux, lorsque les Bleus ont rejoint les vestiaires à la mi-temps avec un petit point d’avance mais avec un homme en plus (expulsion directe de Lood De Jager pour tentative de meurtre sur Thomas Ramos), tout le monde pensait que c’était dans la poche et que le titre de champion du monde par intérim allait revenir aux Bleus. Las. De 17-13 en milieu de seconde période, le score est passé à 17-32 en l’espace de quelques minutes. Alors, comment expliquer ce 19-0 ?

  • Des occasions ratées, avec des percées de Bielle-Biarrey ou Cramont : « Autour de la 60e, on a trois temps forts trois temps forts, où on doit, pour continuer à mener le match, marquer », estimait Fabien Galthié en conférence de presse après la défaite.
  • Le carton jaune de Louis Bielle-Biarrey (64e) : Après avoir martyrisé les avants français, les Boks envoient au large, LBB tente une interception, en avant-volontaire, carton jaune, les Bleus dans le dur.
  • Pénalités, pénaltouches, mauls : Les Sud-Africains n’hésitent pas à répéter les choses qui fonctionnent. Et, en fin de deuxième période ont enchaîné les touches et les mauls près de la ligne française, le tout à 14. « On sent qu’après la 60e, sur des pénalités qu’ils récupèrent au milieu du terrain, ils envahissent notre ligne d’essai, ils y restent, ils concrétisent leurs temps forts, explique le sélectionneur français. Ils reprennent le contrôle du jeu avec efficacité. »

« Je pense que dans l’engagement, on y était, résume le talonneur Julien Marchand, auteur d’un énorme match. On a rivalisé aussi. On s’attendait vraiment à un gros défi et c’est ce qui s’est passé. Après, petit à petit, je pense qu’on a cédé un peu aussi dans la tête. Du coup, le score est lourd à la fin. C’est une défaite qui est assez cohérente au vu de leur match. Eux, ils ont fait ces 80 minutes et nous, je pense qu’on a lâché un petit peu avant. »

Cette fois, on ne peut pas s’en prendre à l’arbitrage

En 2023, après la défaite d’un point en quart de finale du Mondial, tous les regards s’étaient portés sur l’arbitre Ben O’Keefe, coupable de quelques décisions très litigieuses (pour être gentil). Cette fois, l’homme en noir australien Angus Gardner ne peut pas être tenu responsable de la claque reçue par les Bleus (même si ce grattage de Malcolm Marx à 17-18 avant le troisième essai des Boks, hein, bon…).

Des Sud-Africains à 14 pendant quarante minutes, dans une ambiance incandescente, ça doit se terminer par une victoire. « Quand tu joues contre eux, même à 14, tu ne vois pas forcément de différence, déplore Marchand. Parce qu’ils ont quand même un gros groupe. Donc, on n’a pas forcément trouvé la faille, même à 14. Ça prouve que c’est une grosse équipe. La défaite, elle est logique. » Et dans l’ordre des choses.

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Avec cette nouvelle déconvenue, les Bleus comptent désormais neuf défaites lors de leurs dix derniers affrontements face aux Springboks, dont cinq à la maison. Ça commence à faire beaucoup. Et à ce rythme, on ne peut même plus parler de revanche. On se revoit à la Coupe du monde 2027.