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Pas encore à 100 %, l’Irlande écrase tout et se tourne vers les All Blacks

Irlande - Ecosse : Pas encore à 100 %, le XV du Trèfle écrase tout et se tourne vers les All Blacks

RUGBYAprès leur victoire tranquille contre l’Ecosse, les Irlandais se tournent vers la Nouvelle-Zélande. Malgré son invincibilité et sa toute puissance, le XV du Trèfle reste modeste et ne se voit pas totalement favori
William Pereira

William Pereira

Au Stade de France,

Sortir premier de la poule de la mort de la Coupe du monde de rugby 2023 devrait autoriser à bomber le torse, mais il y a dans l’hégémonie irlandaise une anomalie qu’on oublierait presque avec les 17 victoires de suite, et qui justifie la retenue du sélectionneur Andy Farrell : la nouveauté de son statut. Être ultra-favorite est un contresens pour l’Irlande, qui n’a jamais passé les quarts de finale en Coupe du monde. Alors avant de penser à soulever le trophée Webb-Ellis, elle savoure, après le succès confortable contre l’Ecosse (36-14), de pouvoir s’asseoir à la table des grands. Celle de son prochain adversaire, la Nouvelle-Zélande.

« C’est une super équipe et c’est génial pour la petite Irlande que nous sommes d’être mise dans la discussion contre ces équipes, a déclaré Farrell. J’espère qu’on a obtenu le respect mais n’oublions pas le respect des autres grandes nations. Ils doivent se réjouir de jouer ce match pour essayer de mettre les points sur les I. » « Les Neo-Zélandais l’ont dit, ils veulent une revanche, a poursuivi Johnny Sexton en conférence de presse. Et il faut être honnête, jouer les All Blacks quand ils ont cet état d’esprit c’est l’un des plus grands défis du rugby mondial. »

L’Irlande mène 5-3 contre les All Blacks depuis 2016

Les Irlandais sont également en droit d’invoquer les esprits revanchards. Certes, ils restent sur deux victoires consécutives face à la Nouvelle-Zélande et affichent un bilan positif depuis leur premier succès en 2016 (5 à 3). Mais ce sont les mêmes All Blacks qui les avaient bottés hors du Japon en 2019 au terme d’un match sans histoire. Un flashback qui permet de se rendre compte du chemin parcouru. D’un Mondial (très) décevant quelques mois après un tournoi des VI Nations pourtant brillant, les coéquipiers de Sexton sont passés à une machine qu’aucun grain de sable ne saurait enrayer.

De la bouche de Greg Townsend, sélectionneur de la dernière victime en date : « si l’Irlande joue comme aujourd’hui, [samedi] elle sera très dure à battre. C’est vraiment les meilleurs du monde, et il y a une raison à cela. En attaque, quand vous leur donnez une porte d’entrée dans vos 22m, ils le transforment en points. » Les deux premiers essais menés par le trio Sexton-Aki-Ringrose en sont la parfaite illustration. Vitesse, malice, maîtrise, tout y est.

Mais le pire dans tout ça, c’est que ce n’est rien à côté de la défense du XV du Trèfle. On la savait capable de repousser les assauts de brutes sud-africaines pendant 80 minutes, la voilà maintenant briseuse d’envolées offensives. Il a suffi de résister entre la 10e et la 15e minute, à une séquence adverse de 17 temps de jeu, jusqu’à un en-avant écossais, pour rentrer définitivement dans le crâne de l’ennemi et saper le moral de ses troupes. Un moment clé du match identifié par Townsend : « je trouve qu’ils ont été monumentaux en défense quand ils ont été un peu sous pression dans les vingt premières minutes. C’est une équipe extraordinaire. »

Les Irlandais même pas encore à 100 % ?

Andy Farrell salue de son côté la progression linéaire de ses hommes dans ce secteur. « On est toujours solides en défense mais quand tu passes des semaines ensemble, tu t’attends à ce que tout soit parfait. Ce n’est un secret pour personne : une Coupe du Monde, ça se gagne en défense. » A voir comment les Irlandais ont encore mis la tête dans les rucks où leur manière d’envoyer voler des Ecossais réduits à la condition d’enfants de dix ans, on peut se dire qu’ils ne sont déjà plus bien loin du sacre mondial.

Ah, on avait dit « le pire dans tout ça », mais il y a encore pire. L’Irlande n’a pas perdu de plumes contre l’Ecosse, a fait tourné très tôt en seconde période (Sexton est sorti à la 45e) et sera fraîche comme la rosée du matin. C’est pas fini : l’équipe n’est pas encore à 100 % de ce qu’elle peut produire selon son sélectionneur. « Ni moi, ni l’équipe ne pensons avoir montré ce que l’on peut faire de mieux. Ce sont des matchs comme celui de la semaine prochaine qui vont vraiment nous permettre de révéler qui on est vraiment. » En cas de victoire, il sera temps d’assumer le statut de grand favori et ranger la fausse modestie au placard.