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Timide puis emballant, Jalibert a bien endossé le costume d’ouvreur titulaire

France - Australie : Timide puis emballant, Matthieu Jalibert a bien endossé le costume d’ouvreur titulaire

rugbyLe demi d’ouverture était attendu au tournant face aux Australiens, alors qu’il a la lourde tâche de remplacer Romain Ntamack pour mener le jeu des Bleus
Nicolas Camus

Nicolas Camus

L'essentiel

  • Le XV de France a brillamment battu l’Australie (41-17) dimanche soir pour son dernier match de préparation avant la Coupe du monde.
  • Remplaçant de Romain Ntamack, forfait pour toute la compétition après sa grave blessure au genou, Matthieu Jalibert a profité de cette rencontre pour endosser le costume de demi d’ouverture titulaire des Bleus.
  • Le Bordelais, appliqué et à l’origine de deux essais en seconde période, a réussi un très bon match et peut aborder la compétition avec confiance.

Au Stade de France,

Pour lui encore plus que tous les autres, ce dernier match de préparation avant le grand saut avait une importance toute particulière. Alors que la France du rugby pleure encore sur le genou de Romain Ntamack, Matthieu Jalibert était ce dimanche celui que tout le monde avait envie de voir à l’œuvre face à l’Australie. Le demi d’ouverture de l’UBB n’est pas un novice, mais cette 25e sélection marquait un tournant pour celui qui aura la charge de mener le jeu des Bleus lors de « leur » Coupe du monde.

Alors que Fabien Galthié avait privilégié Ntamack pour sa solidité en défense et sa gestion du tempo (au-delà de la vista inhérente au poste bien sûr), Jalibert présente un profil différent, plus joueur, plus imprévisible mais sans doute un peu plus friable. Le Bordelais savait qu’il devait rassurer sur sa capacité à répondre aux attentes d’un collectif qui a ses habitudes. Pas un hasard si on l’a vu tout en sobriété, voire un peu timide, lors de la première période, s’appliquant surtout à ne pas empiéter sur la mainmise d’Antoine Dupont et à assurer son jeu au pied.

Deux fois décisif après la pause

« En première mi-temps j’étais plus en gestion, à essayer de rester dans le cadre », reconnaît-il. C’est le scénario du match qui l’imposait, en même temps, avec des Australiens accrocheurs et qui n’ont pas laissé beaucoup d’espaces aux Bleus pendant 40 minutes. Le carton jaune rapidement reçu par Vunivalu au retour des vestiaires a changé la donne et le match du numéro 10 français, qui a apporté son écot aux 41 points infligés à l’Australie.

« C’était un jeu débridé, avec plus d’espaces, donc je me suis un peu plus libéré », observe-t-il. C’est comme ça qu’il a été à l’origine du deuxième essai des Bleus signé Damian Penaud, avec un joli franchissement ballon en main à la suite d’une pénalité vite jouée par Antoine Dupont, et du troisième de Gabin Villière, offert sur un plateau par une passe au pied.

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A la sortie, une mention très bien distribuée par maître Galthié : « Il est à créditer d’une très bonne performance, que ce soit en première ou en seconde mi-temps, estime le sélectionneur. En première mi-temps, l’énergie disponible de l’équipe était moyenne. Avec une équipe qui donnait plus d’énergie, il a été très, très bon. Nous sommes très satisfaits de ses deux mi-temps. »

Jalibert ne partait pas non plus de nulle part, titularisé à chaque fois ou presque par Galthié quand Ntamack n’était pas là, ce qui lui avait permis de commencer sept matchs avec Antoine Dupont en charnière. « On est dans un cycle de quatre ans avec Antoine. On travaille bien, on a eu du temps de jeu, on a commencé des matchs ensemble. Il y a des automatismes, on ne s’est pas découvert cette semaine », rappelle l’ouvreur. Son capitaine ne dit pas autre chose. « On se connaît bien avec Matthieu. Il a été à l’image de ce qu’il sait faire : à la fois sérieux dans la gestion, en défense, et capable de fulgurances. Je n’ai aucun doute sur son niveau », assure le numéro 9 du XV de France.

« Il peut aussi nous permettre de gagner les matchs »

Voilà donc Matthieu Jalibert lancé vers le Mondial avec une dose de sérénité supplémentaire. Apparu décontracté en zone mixte, où il est resté 20 bonnes minutes, le Bordelais – sincèrement « triste » pour Romain Ntamack – était simplement satisfait d’avoir répondu présent. « J’avais à cœur de montrer que je pouvais tenir 80 minutes, de rester dans ce qu’on travaillait. Je me suis rassuré, j’espère avoir montré une image positive. »

Ses coéquipiers semblent le penser. « C’est beaucoup de pression pour lui c’est vrai, admet Jonathan Danty. La première période a été un peu délicate, mais pour nous tous en fait. La seconde a plus propre, plus offensive, et Matthieu a réussi à franchir deux ou trois fois. C’est un jeu différent de celui de Romain mais il peut aussi nous permettre de gagner les matchs. » C’est tout ce que demande le peuple.