Stade Toulousain-Wasps: Comment Toulouse est redevenu un cador français et européen

RUGBY Porté par une impressionnante dynamique, le Stade Toulousain visera une quatrième victoire en quatre matchs de poule de Champions Cup, samedi face aux Wasps…

Nicolas Stival

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François Cros, le troisième ligne du Stade Toulousain, lors de la victoire chez les Wasps en Champions Cup, le 8 décembre 2018 à Coventry.
François Cros, le troisième ligne du Stade Toulousain, lors de la victoire chez les Wasps en Champions Cup, le 8 décembre 2018 à Coventry. — G. Caddick / AFP
  • Après avoir enrayé son déclin la saison dernière, le Stade Toulousain semble reparti vers les sommets qu’il a quittés depuis le début des années 2010.
  • Rajeunis, bien encadrés, les Rouge et Noir pratiquent un jeu complet et souvent spectaculaire.

Huit victoires d’affilée, une place de leader de poule en Coupe d’Europe, une deuxième position en Top 14. Le Stade Toulousain confirme le retour en force entrevu la saison dernière, au début de l’ère du président Didier Lacroix. Une dynamique à entretenir samedi à Ernest-Wallon face aux Anglais des Wasps.

Au printemps 2017, le club le plus titré de France terminait le championnat à une indigne douzième place. Pour la première fois depuis 41 ans, il n’accédait pas aux phases finales.

Une équipe régénérée

« L’équipe d’aujourd’hui n’est plus du tout la même, souligne le centre Sofiane Guitoune, excellent après avoir connu – lui aussi — des années de galère. Elle était un peu vieillissante. Des joueurs qui avaient beaucoup donné au club étaient un peu fatigués. Aujourd’hui, c’est une nouvelle génération, qui a appris en les côtoyant. »

Et cette génération a faim de titres : le Stade a gagné sa quatrième et dernière Coupe d’Europe en date en 2010, et son 19e et ultime Bouclier de Brennus à ce jour en 2012. Une éternité.

Une formation performante

Lors de sa victoire à Coventry chez les Wasps, samedi (24-16), 13 des 23 Stadistes étaient issus du centre de formation. « Et sept ou huit venaient directement de l’école de rugby, c’est phénoménal », s’enthousiasme l’entraîneur Ugo Mola.

Les Ramos, Ntamack, Cros, Aldegheri, Marchand [Julien, en attendant son frère Guillaume], entre autres, arrivent à maturité, tout comme Baille ou Verhaeghe, de retour dans le groupe pour le match de samedi face aux mêmes Anglais. Ce tronçon commun « nous permet d’avoir un discours et un rugby ressenti par tous avec la même sensibilité », observe Mola.

Parmi les dirigeants et techniciens aussi, tout le monde a porté le maillot Rouge et Noir. « On a été taxé de consanguinité quand ça allait moins bien, rappelle l’ancien trois-quarts international. Mais l’avantage dans une famille, c’est qu’on a des facilités à se dire les choses pour faire avances les débats. »

Des recrues top niveau

Kolbe, Dupont, Holmes ou Elstadt la saison dernière. Kaino et Mermoz cet été. Si tous les nouveaux n’ont pas forcément apporté un plus, les principales recrues l’ont fait pour eux. « Même après avoir beaucoup gagné, Jerome reste exemplaire », observe Mola, au sujet du 3e ligne de 35 ans, double champion du monde avec les Blacks. Sa suspension de cinq semaines purgée, Kaino a réintégré l’équipe le week-end dernier en signant une prestation de très haut niveau.

Le co-entraîneur Régis Sonnes louait récemment « la profondeur de l’effectif ». Cette abondance de biens a permis de passer sans encombre la phase de « doublons » pendant les test-matchs de novembre, en l’absence des Médard, Huget, Dupont, Bézy ou Julien Marchand, retenus en Bleu, ou de Kolbe (Afrique du Sud).

Une spirale vertueuse

Des en-avant intempestifs, des coups de pied incroyablement ratés… Les scories qui ont si longtemps pollué le jeu toulousain ont (quasiment) disparu. Solide sur les bases de la conquête, le rugby stadiste est également aéré et parfois emballant.

« Plus on gagne, plus on est confiants, observe le capitaine Julien Marchand. Il y a parfois de la réussite, un peu de chance. Mais on essaie de la provoquer. » « Pourvu que ça dure », répondront les supporters stadistes, dans la foulée de Letizia Bonaparte et de Patrick Sébastien.