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Dramaturgie et ambiance...Cecchinato-Djokovic, le match fou de la quinzaine

Roland-Garros: Dramaturgie, ambiance et «tie-break» fou... Cecchinato-Djokovic, déjà le match de la quinzaine

TENNISAprès dix jours assez tristes, Marco Cecchinato et Novak Djokovic ont offert à Roland-Garros un match stratosphérique…
William Pereira

William Pereira

De notre envoyé à Roland-Garros,

On attendait Sharapova-Williams, l’Américaine a déclaré forfait sur blessure. On attendait Thiem-Zverev, le choc de la next gen, l’Allemand n’a pas existé, diminué par ses marathons en cinq sets. Le salut de Roland-Garros sera finalement venu du court Suzanne Lenglen, de Novak Djokovic et surtout l’improbable Marco Cecchinato, tombeur du Serbe en quarts de finale (6-3, 7-6, 1-6, 7-6), ce mardi, au terme du match fou que tout Paris attendait comme le messie. Il y a eu des hauts, des bas, puis des hauts et enfin des sommets. Retour sur un spectacle dont on se souviendra longtemps, très longtemps.

La hype Cecchinato en feu

On savait qu’il fallait être fort pour sortir David Goffin, mais on voyait mal le compatriote de Fabio Fognini faire illusion contre un Djoker retrouvé. A vrai dire, on était prêt à parier qu’il ne prendrait pas le moindre set à l’ancien numéro un. Mais c’est décomplexé que Cecchinato a débarqué sur le court. Solide sur son service, précis dans l’échange et juste aussi bien en coup droit qu’en revers, l’Italien prend les devants en 39 minutes (6-3), avant de rééditer l’exploit dans la deuxième manche après avoir sauvé des balles de set (7-6). La folie est en marche.

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Djoko revient dans le game

Marco Cecchinato est de l’école Fabio Fognini. Il sait enflammer et en sortir aussi bien que son aîné. Pénalisé d’un point pour coaching, le bizut à ce stade de la compétition joue les calmes auprès de son clan (« ne dites plus rien, priez en silence ») mais part en vrille. Novak Djokovic n’en demande pas tant et s’infiltre dans la brèche, si bien que le troisième acte est une formalité. 6-1. La remontada pointe le bout de son nez.

Perdition et résurrection

La belle histoire semble définitivement prendre du plomb dans l’aile quand l’Italien s’énerve contre un officiel du tournoi lui reprochant d’avoir quitté le court sans la permission de l’arbitre à la fin du troisième set. Il revient avec la même désinvolture, balance les points, se fait breaker rapidement et offre le quatrième à Nole, croit-on. Mais la magie des grands matchs ne respecte aucune logique et l’ami Marco retrouve la lumière à 5-3 alors que Djokovic sert pour égaliser à deux manches partout. Il débreake et embarque sa future victime dans un jeu décisif d’anthologie.

« « J’ai pris l’avertissement parce que je suis allé au vestiaire pour changer de chaussures et aller aux toilettes. » »

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Un tie-break de malade pour finir

Les témoins de l’épilogue de cette bataille seront prêts pour les séances de tirs au but que leur réservera la Coupe du monde de football. Car en termes de dramaturgie, ce tie-break à 24 points (13-11), trois balles de sets pour le Serbe et autant de balles de matchs écartées par ce dernier, n’a rien à envier à personne. Comme un symbole, Cecchinato conclut l’affaire sur un passing revers de mutant. Il s'effondre, Djoko franchit le filet et vient féliciter son compagnon d'entraînement. « Novak est une très bonne personne, il est incroyable. Il m’a dit "bravo c’est incroyable pour toi", bonne chance pour la suite. C’est un rêve pour moi », a confié l'Italien en conférence de presse.

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Le Lenglen en feu

Le court Central est une arène formidable, mais les divinités de la balle jaune ont eu la bonté de programmer cette rencontre sur le Suzanne Lenglen, où les décibels grimpent comme nulle part ailleurs dans le stade de Roland-Garros. Acquis à la cause du Djoker, les hégémoniques « allez Novak ! » laissent peu à peu place aux « vai Marco ! » transalpins. Désireux de ne rien lâcher, les deux camps de supporters se sont tirés vers le haut jusqu’au bout de ce qui s’annonce déjà comme le plus beau combat de la quinzaine. Ça valait le coup d’attendre dix jours.