VIDEO. Roland-Garros: L'Instant Gérard Klein... A 11 ans, Alizé Cornet brillait dans un épisode de «l'Instit»

TENNIS Alizé Cornet est passée à la télé bien avant d'être joueuse professionnelle...

William Pereira

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Alizé Cornet, dans l'Instit (une blague subtile se cache dans ce montage)
Alizé Cornet, dans l'Instit (une blague subtile se cache dans ce montage) — Gulli

A Roland-Garros,

« Je ne suis pas une actrice. » Au sortir de son deuxième tour épique de la précédente édition de Roland-Garros contre l’Allemande Tatjana Maria, Alizé Cornet ne pensait pas si mal dire. La Française - qui avait ce jour-là été accusée par son adversaire d’avoir abusé de son temps médical – a oublié un court instant que si elle ne l’est plus forcément, elle a effectivement été comédienne.

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C’était en 2001. On ne parle pas de métaphore, mais bien de cinéma. Ou plutôt de petit écran. Cette année-là, la Française s’était illustrée à la télé dans un épisode de l’Instit, très originalement intitulé « Terre battue », au côté de l’immense Gérard Klein. Pour la petite anecdote, le chef-d’œuvre d’un peu plus d’une heure a été rediffusé au début de l’année sur Gulli, pour le plus grand bonheur de l’intéressée, qui disait en 2008 être « très fière de ce téléfilm. C’était une très belle expérience. »

A partir de là, on va la jouer jeu vidéo RPG et vous laisser le choix. Soit vous êtes courageux et vous matez l’épisode ci-dessous avant de poursuivre votre lecture, soit vous avez la flemme (ou une vie, au choix) et vous pouvez passer directement à notre résumé express du chef-d’œuvre ainsi que de la performance de la petite Alizé.

« Previously, on l’Instit » : Manon (Alizé Cornet) est une jeune prodige du tennis en puissance. Comme tous les enfants de son âge, elle va évidemment aussi à l’école. C’est d’ailleurs une élève plutôt brillante. Sauf que son tortionnaire de père, qui n’a rien à envier à l’entraîneur de Jeanne et Serge, veut absolument que sa fille devienne une championne de tennis professionnel et l’oblige à mener un train de vie impitoyable.

Jean-Marie Lamour dans le rôle du père de Manon (Alizé Cornet)
Jean-Marie Lamour dans le rôle du père de Manon (Alizé Cornet) - Gulli

Résultat, ses notes baissent, elle s’embrouille avec tout le monde - surtout avec la fille super jalouse - parce qu’elle a un régime à base de pâtes (on n’invente rien hein) et elle finit par déprimer car il s’avère que cette vie ne l’intéresse pas. Son kiff, c’est le roller, merde. Heureusement pour elle, Gérard Klein vole à son secours. Tout se termine bien puisque son père ouvre les yeux par l’opération du saint-esprit et lâche enfin les basques de Manon avec ses histoires de carrière pro. L’épisode se termine sur Alizé Cornet qui fait du roller avec ses potes. Une certaine idée de la reconversion sportive.

La note de la rédaction : A mi-chemin entre le blockbuster et la réalisation indépendante bolivienne. Bref, c’est un épisode de l’Instit.

« C’est plutôt elle qui m’aurait réveillée pour aller courir à 6 heures du matin »

Avant d’évoquer le jeu d’actrice de la joueuse tricolore, qui est plutôt pas mal au passage, il convient d’évoquer le pourquoi de sa présence dans le casting de cet épisode. A défaut d’avoir retrouvé Gégé, désormais installé en Auvergne, loin, très loin d’Holywood, c’est Jean-Marie Lamour, son « père », prochainement à l’affiche du film Bonne Pomme avec Gérard Depardieu, qui s’y colle.

« La réalisation cherchait une comédienne de 11, 12 ans qui jouait bien au tennis, sauf qu’ils se sont rendu compte qu’il fallait pour ce rôle qu’elle joue vraiment parfaitement. Or, dans le vivier de jeunes comédiennes il n’y avait pas ce profil. Ils sont donc allés chercher chez les jeunes championnes et il se trouve qu’Alizé était intéressée par le fait de jouer un rôle. »

Rôle qui ne colle en rien à la personnalité de la petite prodige de l’époque. Manon joue au tennis pour accomplir le rêve déchu de son père, ancien espoir dont la carrière a été prématurément interrompue par les blessures (mouais, on la connaît cette excuse), et a parfois la flemme de se lever le matin pour partir courir avec le paternel. Pour Lamour, Alizé Cornet, c’est tout l’inverse.

« C’est plutôt elle qui m’aurait réveillée pour aller courir à 6 heures du matin ! Elle avait déjà une détermination incroyable. Elle voulait gagner tous les points quand on jouait ensemble. Le moindre point perdu l’insupportait. A l’époque elle avait onze ans donc c’était facile pour moi, mais aujourd’hui je ne marquerais plus un point je pense », déclare, admiratif, son père d’un épisode.

Ça frappe fort !
Ça frappe fort ! - Gulli

Cornet fait l’actrice sur le court ? « Ça fait partie du jeu »

Si le fossé entre les deux caractères est grand, il n’a pas empêché la petite Alizé de s’imprégner de son personnage. Lamour, toujours :

« Elle n’avait pas peur de se mettre en danger. Devenir actrice c’était pour elle sortir de sa zone de confort. Ça lui plaisait d’être quelqu’un d’autre qu’elle. Dès qu’on disait « action » elle n’était plus la même, elle se concentrait et était à fond dans son sujet. »

Tout ça, c’est bien joli, mais ça ne répond pas à la vraie bonne question que soulève cette histoire. Alizé Cornet se sert-elle de ses skills d’actrice sur les courts de tennis ? « Forcément oui, un peu. Mais ça fait partie du jeu, le tennis c’est tellement psychologique », se risque Lamour, qui en profite pour passer le bonjour à sa protégée. « On s’est revus il y a un an, c’était un moment d’émotion, de nostalgie… Je suis toujours les matchs d’Alizé. Quand je la vois jouer, forcément, il y a un petit pincement au cœur », boucle-t-il. Mardi, Jean-Marie devrait donc sortir les mouchoirs devant l’entrée en lice de « Manon ».