PSG-Nice : Raté de Simons, Bulka bien préparé, panenka de Dante… On vous raconte la séance de tirs au but de l’intérieur

FOOTBALL Nice a éliminé le PSG en huitième de finale de la Coupe de France après la séance de tirs au but

Antoine Huot de Saint Albin
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Marcin Bulka, prêté par le PSG, a arrêté deux tirs au but.
Marcin Bulka, prêté par le PSG, a arrêté deux tirs au but. — GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
  • Nice a éliminé le PSG après la séance de tirs au but en huitième de finale de la Coupe de France.
  • Marcin Bulka, prêté par Paris, a été le grand artisan de la victoire, après avoir bien préparé sa séance de tirs au but.
  • Xavi Simons, 18 ans, a raté le tir décisif.

Au Parc des Princes,

Il n’en pouvait être autrement. Après un match plus que médiocre, où aucune équipe ne s’est véritablement montrée dangereuse, le vainqueur de ce huitième de finale de Coupe de France entre Parisiens et Niçois ne pouvait être désigné qu’après une séance de tirs au but. Et qui dit tirs au but dit petite conférence de Yalta avant la séance dans chaque équipe, près des bancs de touche, pour désigner les cinq préposés à se présenter face au but. Tu marques, c’est normal. Tu rates, c’est la fin du monde.

« Sur les cinq premiers joueurs, on en a parlé dans le cercle juste avant la séance de tirs au but », a indiqué Mauricio Pochettino en conférence de presse. Sont donc choisis, dans l’ordre : Lionel Messi, Kylian Mbappé, Leandro Paredes, Julian Draxler et Marco Verratti. Mot d’ordre : « Concentrés, tous ensemble », clame Kimpembe dans le cercle. Côté niçois, c’est un peu moins organisé : « Les penaltys, ça appartient aux joueurs, je n’impose rien, je n’impose pas un ordre, je ne pousse jamais un joueur qui ne veut pas y aller à y aller », raconte Christophe Galtier, le coach du Gym. Sont donc envoyés à l’échafaud Morgan Schneiderlin, Jean-Clair Todibo, Youcef Atal, Andy Delort et Amine Gouiri sont Côté gardiens, on a Gianluigi Donnarumma (PSG) et Marcin Bulka (ex-PSG), 1,96 m d’un côté, 1,99 m de l’autre.

Une vraie préparation pour Bulka

Sur les deux premiers tirs au but, ceux de Scheiderlin et Messi, pour ceux qui ne suivent pas, on est dans du classique : plat du pied, sécurité, contre-pied. L’Argentin effectue même ce geste d’une nonchalance absolue. Bref, c’est dedans, et c’est le principal. Vient ensuite le tour de Jean-Clair Todibo, chewing-gum dans la bouche, regard fixe, petite course d’élan, qui envoie une praline plein centre. Moins forte, mais toute aussi efficace, la tentative de Mbappé, à l’opposé de celle ratée face à la Suisse, prend à contre-pied Bulka.

Après le tir réussi de Youcef Atal, vient le tour de Leandro Paredes. L’Argentin, qui vient tout juste de rentrer d’Amérique du Sud où il était en sélection, voit son essai arrêté par Marcin Bulka. Une main ferme, à ras de terre, qui offre un premier avantage à Nice. « Autant la séance de tirs au but n’est pas spécialement préparée par les tireurs, autant pour Marcin, il y a une vraie préparation, avec son entraîneur Nicolas Dehon, se réjouissait Christophe Galtier. Il a, depuis longtemps, beaucoup de données, d’analyses sur les tireurs. Il a su transmettre des informations à Marcin. »

« Un exercice particulier »

Andy Delort a alors l’occasion de mettre les siens à l’abri, en convertissant la balle de break. Mais l’ancien Montpelliérain bute sur Donnarumma, qui plonge très bien sur sa droite, malgré un tir supersonique. « C’est un exercice particulier, avec Donnarumma qui prend de la place, réagissait Galtier. Andy qui marque tout le temps ses penaltys, et bien là il a été stoppé. Mais je lui ai dit rapidement que la prochaine qu’il y aura, il devra se présenter pour tirer. »

Les deux équipes à égalité, Draxler et Gouiri décide de faire suer leurs supporteurs en envoyant des tirs qui passent sous le ventre des deux gardiens. Puis Verratti ne manque pas sa tentative. Résultat : mort subite. « On pensait qu’on pouvait l’emporter après les cinq premiers tirs, a simplement expliqué Mauricio Pochettino, toujours peu volubile. [Pour le choix], c’était plus au feeling et selon la façon dont ils se sentaient. »

L’inspiration de Dante

Nguessan et Bernat ne se ratent pas et peuvent admirer, alors, le petit bijou de Dante. Alors qu’on attendait tous un ballon qui s’envole dans le ciel parisien, le Brésilien nous fait une panenka sublime qui a même surpris son coach. « La manière de tirer, même si vous faites en sorte de donner des conseils et des repères, c’est en fonction de ce que ressent le joueur, indique Galtier. Je n’ai pas vu Dante tirer une seule fois un penalty, même pas cette semaine. »

Après l’expérience de Dante (38 ans), vient la jeunesse de Xavi Simons (18 ans), auteur, comme souvent, d’une très bonne entrée en jeu. « Un garçon très bon », selon « Galette », qui a cependant raté son tir au but et entraîné l’élimination du PSG. Mais pourquoi diable ce jeune garçon a donc tiré avant des joueurs expérimentés comme Kimpembe ou Danilo ? « Ce n’était pas mon choix », a sobrement répliqué l’entraîneur argentin.


« Il faut chercher toutes les possibilités de distraire le joueur »

Bien aidé par Nicolas Dehon, qui indiquait sur le bord de la pelouse le côté sur lequel il devait plonger, Bulka a sorti une belle parade face à son ancien coéquipier. « Xavi, je le connais et il faut parfois chercher toutes les possibilités de distraire le joueur, a raconté le gardien polonais, prêté par le PSG à Nice. Qui a juste levé les bras avant le tir du Néerlandais. Je ne sais pas si c’est ça qui a fait que j’ai fait l’arrêt, mais à la fin, il n’a pas marqué. »

Pas marqué et sorti du terrain presque les larmes aux yeux, Xavi Simons a été consolé par Kimpembe. « N’importe quel joueur peut rater, mais on a une confiance absolue en lui », a réagi Pochettino. Les penaltys sont une loterie. Tout peut se passer, comme contre Montpellier la saison dernière. » C’était en demi-finale de la Coupe de France, et le PSG avait réussi à se qualifier. Cette fois, Paris ne verra même pas les quarts.